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Pourquoi y a t-il une guerre entre l'opinion et la philosophie ?

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Car la vie de plaisir ne se trouve point dans d'incessants banquets et fêtes, ni dans la fréquentation de jeunes garçons et de femmes, ni dans la saveur des poissons et des autres plats qui ornent les tables magnifiques, elle est dans la tempérance, lorsqu'on poursuit avec vigilance un raisonnement, cherchant les causes pour le choix et le refus, délaissant l'opinion, qui avant tout fait le désordre de l'âme. » Lettre à Ménécée.   Transition : Le conflit est déclaré entre la philosophie et l'opinion, celle-ci étant parente de l'erreur ne peut être que condamnée dans la mesure où elle est un obstacle à la recherche de la vérité. Cependant est-il possible qu'elle ait un rôle à jouer dans le processus de connaissance ?     Deuxième partie : L'opinion point de départ de la philosophie. 2.1 L'opinion n'est pas nécessairement génératrice d'erreurs. « Et nous devons, comme dans les autres matières, poser devant nous les faits tels qu'ils apparaissent, et après avoir exploré les problèmes, arriver ainsi à prouver le mieux possible la vérité de toutes les opinions communes concernant ces affections de l'âme, ou tout au moins des opinions qui sont les plus répandues et les plus importantes, car si les objections soulevées sont résolues pour ne laisser subsister que les opinions communes, notre preuve aura suffisamment rempli son objet. » ARISTOTE, Ethique à Nicomaque, VII 1.   2.

L’opinion est génératrice d’erreurs et de faussetés. En ce sens elle s’oppose à la philosophie entendue comme recherche de la vérité. L’opinion est combattue par la philosophie, parce que loin d’être l’origine de la connaissance elle en est un obstacle redoutable. Se fier à son opinion c’est faire un choix risqué, car elle peut être accompagnée d’erreur. Cependant si la vérité est bien la fin de la philosophie, où en est le point de départ ? L’étude de nos opinions, de nos idées préconçues, de nos préjugés n’est-elle pas une manière de philosopher ? En ce sens il n’y aurait pas exclusion pure et simple de l’opinion par la philosophie, mais la première serait considérée comme un moyen par la seconde. Afin de définir de manière plus précise le rapport entre la philosophie et l’opinion il nous faudra procéder en trois étapes. La première tend à montrer comment de prime abord l’amour de la sagesse s’oppose à toute forme d’opinion. La deuxième relativise ce point de vue en soulignant le rôle que peut jouer l’opinion dans le processus de la connaissance. Enfin si la relation conflictuelle doit être dépassée il n’en reste pas moins que l’opinion n’est qu’une étape et un moyen pour la philosophie.

« « Et nous devons, comme dans les autres matières, poser devant nous les faits tels qu'ils apparaissent, et après avoir exploré les problèmes, arriver ainsi à prouver le mieux possible la vérité de toutes les opinions communesconcernant ces affections de l'âme, ou tout au moins des opinions qui sont les plus répandues et les plusimportantes, car si les objections soulevées sont résolues pour ne laisser subsister que les opinions communes,notre preuve aura suffisamment rempli son objet. » ARISTOTE, Ethique à Nicomaque, VII 1. 2.2 Limitation de la validité de l'opinion à un domaine d'objets particulier, à savoir le domaine empirique. « L'opinion ou l'assentiment fondé sur une connaissance qui n'est suffisante ni subjectivement ni objectivement peut-être considérée comme un jugement provisionnel dont il n'est pas facile de s'en passer. Il faut commencer par l'opinion avant d'admettre et d'affirmer ; pourvu qu'on se garde de voir dans une opinion plus qu'unesimple opinion.- C'est par l'opinion que nous commençons la plupart du temps dans toutes nos connaissances.Parfois nous avons un obscur pressentiment de la vérité ; une chose nous paraît comporter des caractères de lavérité ;- nous pressentons déjà sa vérité avant de la connaître avec une certitude déterminée […] Il n'y a donc jamais que les objets d'une connaissance empirique qui puissent être choses opinions. » KANT, Logique , Introduction. 2.3 Une différence qualitative entre la connaissance et l'opinion. Locke dans son Essai sur l'entendement humain distingue différents degrés d'assentiment. « Mais parce qu'il y a en cela des degrés depuis ce qui est le plus près de la certitude et de la démonstration jusqu'à ce qui estcontraire à toute vraisemblance et près des confins de l'impossible, et qu'il y a aussi des degrés d'assentimentdepuis une pleine assurance jusqu'à la conjecture, au doute et à la défiance, je vais considérer présentement quelssont les différents degrés et fondements de la probabilité, et ce qu'on nomme Foi ou Assentiment. » Transition : La valorisation de l'opinion va de pair avec sa limitation, il y a lutte contre l'opinion quand elle prétend dépasser son domaine d'investigations. Nous ne pouvons pas simplement exclure l'opinion du travail de lapensée mais nous ne pouvons pas non plus la valoriser excessivement, il faut donc arriver à une définition del'opinion qui prennent en compte ces deux caractéristiques. Troisième partie : L'opinion un outil de la pensée. 3.1 L'opinion peut être considérée comme étant un intermédiaire entre deux étapes dans le chemin vers la connaissance. « L'opinion est donc quelque chose d'intermédiaire entre la science et l‘ignorance. » PLATON, République, 478 e. 3.2 L'opinion appelle son dépassement. Hegel dans la Phénoménologie de l'Esprit identifie l'opinion au premier stade, à savoir la certitude sensible, du cheminement effectué par la conscience et qui a pour terme le savoir absolu. En ce sens l'opinion a bien sa placedans le processus de connaissance mais elle ne possède cette place que parce qu'elle est provisoire. C'est pourquoil'opinion est un moyen, un instrument pour la philosophie. 3.3 Nous apprenons de nos erreurs. « La science, dans son besoin d'achèvement comme dans son principe, s'oppose absolument à l'opinion. S'il lui arrive, sur un point particulier, de légitimer l'opinion, c'est pour d'autres raisons que celles qui fondent l'opinion ;de sorte que l'opinion a, en droit, toujours tort. L'opinion pense mal ; elle ne pense pas : elle traduit des besoins deconnaissances. En désignant les objets par leur utilité, elle s'interdit de les connaître. On ne peut rien fonder surl'opinion : il faut d'abord la détruire. Elle est le premier obstacle à surmonter. » BACHELARD, La formation de l'esprit scientifique. CONCLUSION La philosophie considère l'opinion comme un obstacle à dépasser. Le conflit existant entre elles ne signifie pourtant pas qu'il y ait exclusion entre les deux. En effet l'opinion peut avoir un rôle dans le processus deconnaissance. Si la philosophie doit combattre l'opinion, cela signifie qu'elle doit la dépasser. »

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