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Pouvons-nous connaître sans interpréter ?

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* Ce texte de Nietzsche pose la thèse du perspectivisme qui révolutionne notre manière d'envisager le monde. De quoi s'agit-il plus précisément ? La vision classique - celle de Platon  par exemple - envisageait la Vérité comme unique et universelle. A cette unité-unicité du vrai, Nietzsche substitue un nouveau référentiel : il existe sur le monde, une infinité de perspectives, d'interprétations du monde, toutes légitimes et acceptables. Si le réel dans sa complexité et sa bigarrure est infini, il peut et il doit être infiniment interprété. * On ne saurait échapper au perspectivisme : le réel ne se donne jamais qu'à partir d'une perspective, celle de celui qui l'appréhende et l'interprète. Le réel dépend donc de la perspective adoptée par son herméneute. Le réel n'est vu dans et par le point de vue de son interprète. Dès lors, il ne saurait donc exister de réel indépendant d'une perspective, d'une interprétation, il n'y a pas de réel en soi, un et univoque. On trouve ici une critique du platonisme qui croit ramener la multiplicité du sensible à l'unité de l'Idée.

« sujets humains; de l'autre, l'idée d'un calcul universel, comme on la trouve chez Leibniz («Calculons)»)• L'étude des textes religieux étant, par excellence, l'occasion de conflits d'interprétation, Spinoza a tâché demontrer qu'il y avait une méthode proprement scientifique d'interprétation des textes. En affirmant cela, Spinozafaisait de la pensée interprétative une pensée du même type que la pensée géométrique à l'oeuvre dans lessciences de la nature. Pour trancher entre les interprétations, il lui fallait nier une spécificité de la penséeinterprétative: la part de subjectivité à l'oeuvre dans l'interprétation. 3. L'interprétation du monde Notre rapport au monde est en permanence un rapport d'interprétation. « La nouveauté trouve nos sens hostiles et rebelles, et même dans lesprocessus sensoriels les plus "simples" "règnent" déjà les passions: la crainte,l'amour, la haine, sans oublier la passion passive de la paresse. - De mêmequ'un lecteur ne lit pas aujourd'hui tous les mots (et encore moins toutes lessyllabes) d'une page, mais de vingt mots en prend quatre ou cinq au hasardet "devine" le sens qu'il présume leur convenir, - de même nous ne voyonsjamais un arbre exactement et complètement, avec ses feuilles, sesbranches, sa couleur, sa forme; il nous est tellement plus facile de laissernotre imagination former un à peu près d'arbre! Même en présence desévénements les plus étranges, nous ne procédons pas autrement; nousimaginons la plus grande partie de l'événement et nous sommes à peinecapables de ne pas assister en "inventeurs" à n'importe quel phénomène. End'autres termes, nous sommes par nature et depuis toujours habitués àmentir. Ou pour le dire avec plus de politesse et d'hypocrisie, et aussi defaçon plus agréable à l'oreille, chacun est beaucoup plus artiste qu'il nepense. » Nietzsche, Par-delà le bien et le mal (1886), V, § 192. • Ce texte de Nietzsche pose la thèse du perspectivisme qui révolutionne notre manière d'envisager le monde. De quoi s'agit-il plus précisément ? La vision classique - celle de Platon parexemple - envisageait la Vérité comme unique et universelle. A cette unité-unicité du vrai, Nietzsche substitue unnouveau référentiel : il existe sur le monde, une infinité de perspectives, d'interprétations du monde, touteslégitimes et acceptables. Si le réel dans sa complexité et sa bigarrure est infini, il peut et il doit être infinimentinterprété.• On ne saurait échapper au perspectivisme : le réel ne se donne jamais qu'à partir d'une perspective, celle de celuiqui l'appréhende et l'interprète. Le réel dépend donc de la perspective adoptée par son herméneute. Le réel n'est vudans et par le point de vue de son interprète. Dès lors, il ne saurait donc exister de réel indépendant d'uneperspective, d'une interprétation, il n'y a pas de réel en soi, un et univoque. On trouve ici une critique du platonismequi croit ramener la multiplicité du sensible à l'unité de l'Idée.• Ainsi, tout est interprétation. Le monde est un texte à déchiffrer et les clefs de lecture en sont multiples.Nietzsche écrira : « L'essence, l'être, sont une réalité perspectiviste et supposent une pluralité. Au fond, c'esttoujours la question : qu'est-ce que c'est pour moi ? [...] Bref, l'essence d'une chose n'est somme toute qu'uneopinion sur cette chose. Ou plutôt la formule cela passe pour est le résidu vrai de la formule : cela est ; c'est le seulcela est. » (Volonté de puissance, I, § 204). Dans un monde multiple, il y a plusieurs points de vue possibles. Laperspective est l'art de faire varier les points de vue, afin d'enrichir le regard porté sur le monde. Le perspectivisme est l'attitude qui consiste à varier les points de vue sur une chose ou sur un événement de façonà varier le sens de ceux-ci et donc l'interprétation qu'on peut en faire et élever ainsi peu à peu la vie à la hauteurd'un événement. En ce sens, le perspectivisme n'est pas autre chose que l'art appliqué à la culture. Tout comme unartiste interprète une oeuvre, la culture devrait interpréter la vie en faisant entendre, à propos de celle-ci, desmélodies de plus en plus élevées. Ce n'est pas le cas. La culture est devenue une foire d'empoigne politico-économique. Moyen de sélection sociale pour les uns, moyen de promotion sociale pour les autres, image de marquepour les troisièmes ou bien encore placement financier juteux, elle ne se préoccupe pas d'interpréter la vie, mais del'utiliser. D'où la nécessité de revenir à un véritable sens de la culture. Celui-ci se trouve dans la grande vie del'esprit de ceux qui, impassibles, affirmatifs et détachés, marchent loin des sentiers battus, loin de l'ombre projetéepar les passions vengeresses, face au soleil de la vie. »

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