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Pouvons-nous etre sûrs d'avoir compris autrui ?

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.. qui n'engage aucun raisonnement pour être compris Pour Scheler, autrui semble échapper à toute compréhension certaine dès lors qu'on pense son sourire, ses larmes, sa rougeur... comme des données matérielles qu'il faudrait interpréter ; en un mot, nous verrions d'abord des larmes sur un visage, puis nous comprendrions dans un second temps qu'autrui pleure car il est triste. Cette idée pour Scheler suppose qu'autrui est pour nous un objet des sens puis un objet de pensée. Or, Scheler récuse cette distinction. Voici son argument : chaque élément matériel (larmes, rougeur, sourire...) qu'on chercherait à examiner à part de ce qu'ils expriment ici et maintenant, serait alors insignifiant ; car où et quand ces données prennent-elles un sens si ce n'est dans l'instant où ils se donnent à nous ? Le sens des actions d'autrui ne s'obtient donc pas par décomposition puis recomposition, comme s'il était possible, par cet unique moyen, d'obtenir la même perception que ce nous avait fournit le phénomène primitif et total.   Transition -          Le corps d'autrui ne pose problème que dans un cadre théorique précis, celui du dualisme ; cependant, en étudiant la perception de l'autre, on voit qu'elle porte en elle indissociablement intériorité et extériorité (les 2 nous sont donnés simultanément en tant qu'autrui = structure signifiante ; il n'y a pas de rupture entre ce que fait autrui et ce qu'il veut faire) -          Cependant, il y a encore un domaine des faits qui reste problématique : pourquoi avons-nous parfois besoin de demander des explications à autrui ? Si nous pouvons être sûrs de comprendre autrui (parce que nous ne déduisons pas de ses actions ses intentions, et donc, parce que percevoir c'est déjà comprendre), comment se fait-il qu'il faille parfois se justifier ?   3-      En tant qu'être libre, autrui est objet de pensée et non de raison   a)      Précision sur la notion de compréhension Que nous soyons en mesure de comprendre autrui, l'expérience courante en atteste et la phénoménologie en dégage les conditions de possibilité (la perception d'autrui est déjà connaissance car le corps d'autrui est signifiant).
  • Remarques sur l’intitulé du sujet :

-          « Pouvons-nous « implique de déterminer ce qui est possible soit 1) comme ce qui est réalisable, ce qu’on a les moyens de ... ce que nous pouvons = ce dont nous sommes capables, soit 2) comme ce qui est permis, ce qu’on a le droit de ... ce que nous pouvons = ce qui est légitime

-          Ici, la question du droit ne semble pas se poser : comment interdire une compréhension certaine d’autrui ? Alors que tant de méprises ou de mésentente sont sources de conflits, on tend davantage à faire de la compréhension d’autrui un devoir

-          Ainsi, la question du fait sera première : si autrui se définit par son altérité, comment être sûr de le comprendre comme nous nous comprenons nous-mêmes ? Il s’agira d’examiner si l’on peut combler la distance qui nous sépare d’autrui : avons-nous les moyens de rapporter du subjectif à de l’objectif ?

  • Problématique : Si Autrui se définit par son altérité, pouvons-nous être sûrs de le comprendre ? En effet, qu’est-ce que comprendre autrui avec certitude sinon rendre son intériorité transparente ? Une telle entreprise semble difficile. Et pourtant on ne saurait se résoudre à ne jamais s’entendre avec autrui. Par conséquent, peut-on, sans nier ce qui fait la spécificité d’autrui, parvenir à le comprendre ou bien sommes-nous condamnés à des interprétations plus ou moins juste le concernant ?

« son chagrin et sa douleur, dans la rougeur de son visage sa honte, dans le tendre regard de ses yeux, son amour,[...] dans ses paroles le sens même de ce qu'il veut dire » b) ... qui n'engage aucun raisonnement pour être comprisPour Scheler, autrui semble échapper à toute compréhension certaine dès lors qu'on pense son sourire, ses larmes, sa rougeur... comme des données matérielles qu'il faudrait interpréter ; en un mot, nous verrions d'abord des larmes sur un visage, puis nous comprendrions dans un second temps qu'autrui pleure car il est triste. Cette idée pour Scheler suppose qu'autrui est pour nous un objet des sens puis un objet de pensée. Or, Scheler récuse cettedistinction. Voici son argument : chaque élément matériel (larmes, rougeur, sourire...) qu'on chercherait à examinerà part de ce qu'ils expriment ici et maintenant, serait alors insignifiant ; car où et quand ces données prennent-ellesun sens si ce n'est dans l'instant où ils se donnent à nous ? Le sens des actions d'autrui ne s'obtient donc pas par décomposition puis recomposition , comme s'il était possible, par cet unique moyen, d'obtenir la même perception que ce nous avait fournit le phénomène primitif et total. Transition- Le corps d'autrui ne pose problème que dans un cadre théorique précis, celui du dualisme ; cependant, en étudiant la perception de l'autre, on voit qu'elle porte en elle indissociablement intériorité et extériorité (les 2 noussont donnés simultanément en tant qu'autrui = structure signifiante ; il n'y a pas de rupture entre ce que fait autruiet ce qu'il veut faire)- Cependant , il y a encore un domaine des faits qui reste problématique : pourquoi avons-nous parfois besoin de demander des explications à autrui ? Si nous pouvons être sûrs de comprendre autrui (parce que nous ne déduisons pas de ses actions ses intentions, et donc, parce que percevoir c'est déjà comprendre), comment se fait-il qu'il faille parfois se justifier ? 3- EN TANT QU 'ÊTRE LIBRE , AUTRUI EST OBJET DE PENSÉE ET NON DE RAISON a) Précision sur la notion de compréhension Que nous soyons en mesure de comprendre autrui, l'expérience courante en atteste et la phénoménologie en dégage les conditions de possibilité (la perception d'autrui est déjà connaissance car le corps d'autrui est signifiant).Cependant, qu'est-ce qu'être sûr d'avoir compris ? Comprendre = dégager unité intelligible rendant compte d'une multiplicité ; ainsi, être sûr d'avoir compris = « redescendre » de cette unité à la multiplicité . En ce qui concerne autrui, nous pouvons certes percevoir la tristesse dans les larmes, et la honte dans la rougeur, mais nous ne pouvons en être sûr qu'en demandant à autrui, « pourquoi pleures-tu ? », c'est-à-dire « expliques-toi ». Pourquoi cette requête ? Parce les motifs de l'action nesont pas entièrement réductibles aux intentions. Autrui pleure ou crie et exprime qu'il est triste et qu'il est en colère(= ce que nous pouvons comprendre en le voyant), mais qu'est-ce qui le rend triste ? Qu'est-ce qui l'a mis en colère ? En un mot, quelles sont les causes des actions d'autrui ? Pour répondre, il faut une explication. Il semble donc qu'on soit donc toujours irrémédiablement, pour qu'une compréhension totale ait lieu, ramené à la discursivité. b) Parce qu'autrui est libre, nous ne pouvons pas être sûr de le comprendre Exemple du mensonge pernicieux : on peut pour le comprendre 1) faire appel à des déterminations empiriques (la « mauvaise éducation », la « société pernicieuse », la « méchanceté d'un nature insensible à la honte »...) 2)postuler que le sujet est l'unique cause de ses actions (= libre). Ainsi, Kant nous dit : « la même action qui, comme appartenant au monde sensible, est toujours sensiblement conditionnée, c'est-à-dire mécaniquement nécessaire,peut aussi en même temps avoir pour principe la de la causalité de l'être agissant, en tant qu'il appartient au monde intelligible, une causalité inconditionnée sensiblement, partant pouvant être conçue comme libre ». Conséquence : on ne peut être sûr d'avoir compris autrui qu'en expliquant son comportement et finalement, en le chosifiant. Or une telle démarche nous dit Kant ne permet pas de parvenir à un principe unique (le sujet lui-même). Ainsi, il faut admettre qu'autrui étant libre peut se comporter de façon déconcertante pour la raison spéculative (en quête d'explication, bornées aux limites de l'expérience) ; mais, pour la raison pratique, Autrui peut être parfaitement compris sans que son comportement soit explicable : il s'agit de reconnaître au principe de ses actions « une causalité inconditionnée » et donc une Idée , un objet de pensée ; d'où l'incertitude toujours possible lorsque nous pensons comprendre autrui : celle-ci manifeste le « jeu » introduit par la liberté de chacun dans l'ordre du monde. D'où aussi l'idée de Scheler selon laquelle il faut renoncer à vouloir comprendre autrui sur le modèle denotre connaissance des choses. c) Nous ne comprenons pas autrui comme nous comprenons les choses Pour Scheler, il n'y a pas de déduction possible et nécessaire pour comprendre autrui : « et c'est ainsi que la rougeur qui se présente à mes yeux comme simple corrélation des joues n'équivaut jamais à l'unité durougissement par lequel s'exprime ce que ma perception interne [ou ma pensée par différence avec la seulesensation] m'annonce comme étant la honte ». Pour le dire autrement, comprendre autrui n'engage aucun concept : la rougeur peut être tantôt l'effet d'un accès de colère ou d'un échauffement ou être une rougeur orgiaque... »

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