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Que pensez-vous de ces deux vers de Boileau : Il n'est point de serpent ni de monstre odieux Qui par l'art imité ne puisse plaire aux yeux.

Publié le 27/02/2008

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boileau
3. Dans la mesure alors où nous nous attachons à des oeuvres qui contiennent de l'horrible, nous avons en nous le sentiment du sublime présent dans le beau et suffisant à rendre compte de la beauté des diverses oeuvres d'art. Dire qu'une oeuvre est laide veut dire qu'elle met en question un certain ordre établi, qu'elle déroute. Transition : Si nous éprouvons le sentiment du sublime devant le sujet qui appartient à un monde qui dépasse la nature, il n'en est pas ainsi quand l'oeuvre paraît artificielle. Ce n'est pas sans raison que l'artifice s'oppose à l'art et doit avoir l'apparence de la nature. III. Qu'est-ce alors cette imitation de la nature qui trans-forme jusqu 'au monstre ? 1. Cf. ci-dessus : l'art imitation de la nature.
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« Pourquoi cette question ?Selon la formule aristotélicienne, l'art imite la nature, mais il s'agit d'une imitation fort singulière si, comme l'écritBoileau dans l'Art poétique,Il n'est point de serpent ni de monstre odieux Qui par l'art imité ne puisse plaire aux yeux.Formulation du problème :Comment cette imitation est-elle transformante au point que l'on puisse passer de l'odieux au plaisant ? D'où vientcette réussite ?Orientation de la recherche :Il faudra analyser en quel sens on peut voir dans l'art une imitation de la nature telle que l'objet naturel le plusodieux puisse devenir le sujet d'une oeuvre d'art, et de quelle nature est le plaisir que nous éprouvons. B.

Plan : I.

Horreur et beauté des monstres. 1.

Les chapiteaux romans, les tableaux de Bruegel, confirment la remarque de Boileau.

Ces monstres, loin deprovoquer notre haine font surgir le sentiment du beau, l'oeuvre, que nous ne percevrions pas sans nos sens et quinous atteint par eux, ne se borne pas à ébranler notre sensibilité sensorielle mais, à travers elle, touche notresensibilité tout entière à laquelle participe notre intelligence (cf.

ci-dessus : le plaisir de l'art).2.

Il faut en effet distinguer entre l'attitude devant un monstre naturel et devant un monstre imité par l'art.

Lesmonstres naturels sont odieux, si nous rencontrions dans la vie quotidienne les monstres de Bruegel, nousressentirions de l'horreur, du dégoût, de la peur et un refus de ce qui nous met en danger, accompagné d'uneréaction de défense, d'agression, de fuite ou de fascination.3.

Or imité par l'art, le monstre n'excite plus notre haine ; nous le trouvons toujours horrible mais notre répulsion estmarquée par une libre acceptation de l'oeuvre d'art, nous cherchons à mieux saisir ce qu'elle nous dit, à approfondirl'expérience esthétique à laquelle elle nous introduit. Transition :L'impression de l'horrible et le sentiment du beau sont donc compatibles.

Comment l'art opère-t-il le passage d'uneattitude à l'autre ? II.

Si les monstres parviennent à nous plaire, quelle est la nature de l'oeuvre d'art ?1.

Nous ressentons l'horrible dans tel chapiteau roman ou dans oedipe roi.

Nous éprouvons ce sentiment comme uncaractère du monde et une situation éprouvée par une conscience.

Mais paradoxalement nous éprouvons à la fois lesentiment de l'horrible et du beau.

Il faut pour cela que l'oeuvre soit belle, qu'elle s'impose, qu'elle soit une et qu'elleconstitue un monde voulu tel par l'auteur (cf.

ci-dessus : plaisir du beau).2.

Ainsi, imité par l'art, le monstre n'est pas le double du monstre naturel, il a perdu ses caractères accidentels etcontingents qui nous font nous y heurter par hasard dans la peur, nous y confronter.

Il est spiritualisé et à traverslui c'est le destin qui apparaît.

Détachement et communion sont alors possibles non pas avec le sujet de l'oeuvremais avec la vision dont elle témoigne et le sens qu'elle révèle.

Nous communions avec l'oeuvre, nous sentons cequ'elle dit et la façon dont elle le dit nous détache de nous-même en nous plaçant dans une perspective universelle(cf.

ci-dessus : définition du Beau).3.

Dans la mesure alors où nous nous attachons à des oeuvres qui contiennent de l'horrible, nous avons en nous lesentiment du sublime présent dans le beau et suffisant à rendre compte de la beauté des diverses oeuvres d'art.Dire qu'une oeuvre est laide veut dire qu'elle met en question un certain ordre établi, qu'elle déroute. Transition :Si nous éprouvons le sentiment du sublime devant le sujet qui appartient à un monde qui dépasse la nature, il n'enest pas ainsi quand l'oeuvre paraît artificielle.

Ce n'est pas sans raison que l'artifice s'oppose à l'art et doit avoirl'apparence de la nature. III.

Qu'est-ce alors cette imitation de la nature qui trans-forme jusqu 'au monstre ? 1.

Cf.

ci-dessus : l'art imitation de la nature.

Mais comment comprendre alors les oeuvres représentant desmonstres ?2.

De fait, les oeuvres de la nature sont vivantes, elles ont en elles une loi de développement, elles contiennent unefinalité.

L'oeuvre d'art doit alors apparaître comme une imitation de la nature dans sa faculté productrice, ce qui neconduit pas à calquer la nature, mais à en saisir le dynamisme, la structure, la signification.3.

Ceci se confirme par la façon dont une oeuvre d'art résiste à nos efforts d'analyse et ne peut être épuisée.

Lesens d'une oeuvre n'est jamais tellement clair, mais mystérieux dans la mesure où celle-ci renvoie à autre chose quele sens du donné immédiat.

L'oeuvre se donne à nous et en même temps nous échappe et nous ne cherchons pas àla posséder.Il faut donc qu'une oeuvre d'art soit féconde, vraie, c'est-à-dire qu'elle ne copie pas le donné mais permette del'éclairer. C.

Conclusion Résumé :Ainsi l'art imite-t-il la nature dans sa fécondité et ce faisant l'imite-t-il encore en ce qu'il nous en découvre les. »

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