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Pensez-vous que l'on puisse traiter de sujets graves et sérieux sur le mode plaisant ou humoristique ? Vous appuierez votre réponse sur le corpus ci-dessus et sur des exemples empruntés à d'autres formes d'art, y compris le cinéma.

Publié le 30/01/2011

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Sujet : Pensez-vous que l’on puisse traiter de sujets graves et sérieux sur le mode plaisant ou humoristique ? Vous appuierez votre réponse sur le corpus ci-dessus et sur des exemples empruntés à d’autres formes d’art, y compris le cinéma.

 

 

 

Introduction :  

 

Lorsque l'on écrit pour exprimer ses idées à un public large sur un problème, une situation importante ou grave, la censure est là pour établir certaines limites. Auparavant, la censure s'est montrée très restrictive à la fois sur le contenu, c'est à dire en rapport avec le sujet traité, mais aussi sur la forme, le registre de l'œuvre littéraire. Mais nous pouvons nous demander si de nos jours la liberté d'expression ne porte pas plus sur le sujet dont on parle, que sur le registre et la manière dont l'auteur à choisi de s'exprimer.

Il se pose alors une question: pouvons-nous traiter de sujets sérieux, et même graves sur le mode humoristique ou bien plaisant?

Pour répondre à cette question nous allons tout d'abord expliquer depuis qu’elle époque le mode plaisant est-il utilisé ainsi que ces fonctions ; pour cela, nous prendrons appuis sur de divers exemples à différentes époques. Puis nous observerons les différents inconvénients de ce mode à l’aide, encore une fois, d’exemples variés. Enfin nous exposerons une synthèse en troisième partie afin d'aider à la compréhension générale, qui portera sur les principaux arguments sur la nécessité de la liberté d'expression mais également sur ses limites.

 

 

1/ L’humour, pour la transmission d’idées.

 

A.   Le mode plaisant, utilisé depuis bien longtemps.

 

  1. Le mode plaisant à toutes les époques.

 

Depuis longtemps, les auteurs, artistes, humoristes ont compris que faire passer des messages importants, sérieux et même grave, sur le mode plaisant ou humoristique, pouvait enrichir sa transmission et remettre en question les esprits ainsi que pour éviter la censure. En effet, depuis plusieurs siècles l’humour est utilisé comme « médiateur de la société ». On l’e voie apparaître comme tel au XVIème siècle, par exemple avec Michel de Montaigne, en 1580 avec Les Essais, qui critique le monde Européen et sa mentalité envers le peuple de l’autre monde, notamment avec Des Cannibales et Des Coches, grâce à une ironie. Ce mode sera particulièrement repris au siècle des lumières, XVIIIème siècle, par exemple avec le philosophe Diderot, en 1771 avec Supplément au voyage de Bougainville, qui critique là aussi la société Européenne de l’époque face au monde extérieur, avec ici comme appui un étranger qui par en voyage, arrive à Tahiti, et qui est confronté à un nouveau peuple très accueillant. Jean Jacques Rousseau, philosophe des lumières, utilise aussi ce mode, avec Emile ou De l’éducation, le document D du corpus, en 1762, qui reprends ironiquement le machisme de certains hommes envers les femmes.. Puis, de nos jours, l’ironie c’est adaptée à d’autres formes d’art, comme la presse et les journaux. Par exemple, les caricatures de Jean Plantureux surnommé « Plantu », qui figure dans le journal, Le Monde, et à travers lesquelles il  exprime sa vision de « la liberté de la presse ». Mais encore, le Canard enchaîné qui est un grand spécialiste de la critique ainsi que le journal télévisé, Les Guignols de l’info, qui traitent l'information avec une ironie comparable à celle qu'emploie Plantu, mais aussi plus flagrante, il caricature sévèrement tout le monde, hommes politiques, célébrités… Ces deux derniers journaux cherchent à dénoncer ou critiquer, par la caricature, la parodie et autre, les maladresses de personnalité et leurs incohérences voir de sujets plus graves comme des attentas, génocide et autres. Dernièrement, des humoristes reprennent des sujets graves, dans leurs spectacles, avec par exemple Gad Elmaleh et son sketch La Clope, qui dénonce la dépendance et le ridicule des fumeurs accros au tabac avec un humour des plus décontractants.

 

 

  1. Un moyen d’échapper à la censure.

 

L’humour et le mode plaisant est un moyen d’échapper à la censure. En effet, lorsque l'on écrit pour exprimer ses idées à un public large sur des thèmes posant des problèmes, une situation importante ou grave, la censure s’installe pour établir des limites qui sont en général déterminées par le gouvernement. Auparavant, la censure était très restrictive à la fois sur le contenu des œuvres et autre, mais aussi sur la forme de ceux-ci, le registre de l'œuvre littéraire. De nos jours, la liberté d'expression, en France, est d’une importante souplesse, seule la forme et le style de l’œuvre sera le facteur d’une censure partielle ou totale, et donc sa publication ou non. Pour les éviter, les auteurs utilisent l’ironie, qui consiste par exemple à transmettre ses idées en accentuant les aspects grotesques de la démarche intellectuelle de celui que l’on accuse ou dénonce, en le tournant en dérision pour le mettre à nue. Comme Voltaire avec son œuvre Candide lorsqu'il dénonce la guerre à sa manière dans le chapitre III. Il emploi des termes cocasses pour exprimer la  guerre comme des oxymores  mettant en valeur les soldats. Voltaire ne fait pas d’éloge de cette guerre ni de ceux qui la font car il décrit dans le livre, de nombreuses atrocités que soldats ont fait dans les villages. Cette ironie illustre, à travers ce conte philosophique de Candide, l’opposition entre la réalité guerrière dont Candide est témoin, et le point de vue que Candide. Voltaire dénonce donc par l’intermédiaire de l’ironie un sujet très sérieux qu'est la guerre.

 

 

B.     L’humour est communicatif.

 

1.      La complicité entre l’auteur et son publique.

 

L’utilisation de l’humour, même dans de graves et sérieux cas, entraîne souvent une complicité entre l’auteur et son publique. En effet, le publique entre dans le jeu de l’auteur, qui empêche que ce premier s’ennuie, et donc permet un rapprochement de ces dernier. Il partage désormais la même opinion, l’auteur peut s’exprimer dans une grande tranquillité alors que le publique est à l’aise et détendu. L’on retrouve ce phénomène plus particulièrement dans des pièces de théâtre, au cinéma, ainsi que dans de nombreux spectacles humoristes. Pour La Colonie, scène XIII de Marivaux c’est le cas. En effet, la pièce de théâtre, opposant des femmes à des hommes, entraîne une complicité entre les acteurs de la pièce et leur publique, des femmes du publique soutiennent les comédiennes tandis que d’autres rient mais se rendent alors conte des importances de la pièce.  

 

 

2.    Le rire comme thérapie

 

Utiliser le rire pour transmettre des idées peut-être un enjeu stratégique pour l’auteur. En effet, le rire a des effets sur notre moral et sur notre manière de penser. Les personnes possédant un sens de l’humour important, sont mieux adaptées socialement et exercent un attrait sur les autres. C’est pourquoi, utilisé l’humour pour s’exprimer sur de sujet sérieux et graves, comme le font les humoristes et autre, est un moyen considérable pour attirer les autres.

 

 

 

C.       L’humour adouci les messages.

 

1.      Dédramatiser pour mieux combattre

 

L’humour permet de dédramatiser les sujets les plus graves. En effet, il peut réduire à néant les auteurs d’actes impardonnables et alors faire rire le publique au lieu que ce dernier se révolte. Prenons encore une fois l’exemple des Guignols de l’info qui a un rôle important pour se sujet. Lorsque des célébrités ou hommes politiques dérapent, il dédramatise la situation tout en les transformant en marionnettes caricaturales de ceux-ci et donc en les ridiculisant.

 

 

2.    Briser les tabous

 

L’humour peut avoir le rôle de « brise tabous ». En effet grâce à elle, les auteurs peuvent évoquer de nombreux sujets sensibles tel que

 

 

3.     L’arme du rire pour une meilleure morale

 

L'humour par la dérision ainsi que les modes plaisants dans toute leur diversité: parodie, jeu de mots légers, ironie, ou encore le non-sens sont donc parfois très appropriés au même titre qu'un registre raisonnable pour traiter plus sérieusement qu'il n'y parait de sujets graves.

 

 

 

2/  L’HUMOUR et ses limites

 

A.   Le risque d’être exclu et incompris.

 

Pour utiliser le mode plaisant et humoristique sur de sujets sérieux et graves, il faut toujours bien étudier le sujet et choisir son public, qui pourrait passer à coté du sens de cette humour, et donc risquerai de faire une  mauvaise interprétation. En effet, si l’on prend l’exemple de l’extrait du texte de Jean-Jacques Rousseau, le document D du corpus, des personnes non averties pourrait croire et donc accusé ce dernier de machisme. Hors c’est tout l’inverse, car Rousseau dénonce le machisme et le non respect de la femme à travers son œuvre.

 

 

 

 

 

 

 

B.     L’humour peut s’avérer blessant voir même révoltant et insultant.

 

 

Tout d'abord l'humour permet, comme nous l'avons vu, de  prendre du recul sur ce que l'homme vit, mais l'humour peut également blesser celui qui est l'objet de l'effet comique, en particulier lorsque cela le touche de près, l'affecte spécialement, ou encore lors de débordements. Ce genre de débordements arrive encore aujourd'hui, notamment parfois dans les journaux à tendances satiriques tels que Les Guignols de l'info ou bien l'émission télévisés du Groland sont rappelés à l'ordre pour des paroles, des caricatures excessives par rapport à un évènement d'actualité encore sensible pour l'ensemble de la population. D'ailleurs ces émissions sont à présent déconseillées aux plus jeunes, généralement jusqu'à 10 ou bien 12 ans, pour ne pas heurter leur sensibilité. Le Conseil supérieur de l'audiovisuel veille à ne pas diffuser ou bien à signaler ce type de débordements.

Autre débordement de ce type qui a fortement troublé le milieu musulman, ce sont les caricatures de Mahomet qui sont parues initialement le 30 Septembre 2005 dans le journal Danois \"Jyllands-Posten\", puis dans d'autres journaux dans le monde et cela a suscité de nombreuses manifestations dans le monde Arabe. C'est une série de douze dessins qui ont été dessiné par douze dessinateurs différents en réponse à Kåre Bluitgen, un écrivain qui se plaignait que personne n'illustre son livre sur Mahomet. De nombreuses institutions musulmanes ont réagi à ces caricatures: depuis la Libye fermant son ambassade à Copenhague, en passant par l'appel au boycott des produits Danois et Norvégiens par le chef spirituel des Frères musulmans Mohammad Mehdi Akef ou les manifestations où l'on brûlait des drapeaux Danois ou Européens faute de mieux,  jusqu'à des menaces de mort envers les dessinateurs. Ces évènements ont énormément marqué les liens entre le Moyen Orient et l'Occident. De tels dérapages humoristiques peuvent donc véritablement révolter une population, ces évènements ne doivent pas nous faire oublier qu'il faut toujours rester prudent pour exprimer ses idées de manière humoristique.

 

 

C.       Trop d’humour peut renverser le sérieux

 

L’humour doit être utilisé à petite dose. En effet, dans beaucoup de cas, trop d’humour peut renverser le sérieux.

 

 

 

Conclusion :

Pour conclure, pour traiter de sujets graves et sérieux sur le mode plaisant et humoristique, il faut avant tout que cela ne se fasse pas dans une période où les gens puissent être encore choqués, il faut laisser la vérité s'installer petit à petit car les textes sérieux permettent, par leur diversité, de représenter les points de vue de chacun. Il est nécessaire que cette vérité s'installe car c'est elle qui pourra apaiser dans un premier temps les personnes qui souffrent ou bien sont touchées par ces sujets graves. Et pour compléter cette étape où la société dans son ensemble prend position par rapport aux faits en eux-mêmes, la charge revient à l'humoriste ou à celui qui plaisante de trouver la limite morale dans ses propos. Savoir ce qu'il peut dire, savoir si ce qu'il dit est judicieux ou non, et avant tout, être convaincu que ce qu'il dit se fait dans le respect de l'autre, et des autres, est crucial et inévitable lorsque l'on souhaite plaisanter sur des sujets sérieux ou bien graves.

Pour finir, nous pouvons penser que l'humour en lui même a une action positive par tout ce qu'il peut apporter de bon, en provoquant une esquisse de sourire sur les lèvres, ou bien en offrant un moment de rire et de détente. Cet humour nous aide donc dans nos vies, à mieux en accepter les réalités.

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