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Quelle est la part d'illusion contenue dans la croyance ?

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              Malgré cet écart il semble y avoir plusieurs indices d'un rapprochement possible entre la croyance et l'illusion. D'un point de vue externe on peut par exemple juger que la croyance d'un homme est une illusion, même si lui la vit comme croyance : par exemple un homme attend quelque chose d'un politicien, croit qu'il pourra changer ce qui ne va pas pour lui mais sait qu'il ne s'agit que d'une supposition. Si nous sommes nous même de bons analystes, connaisseurs des finesses de l'économie de marché, nous pourrons par exemple, avec certitude, savoir que la croyance de l'homme sera nécessairement déçue et donc dire que sa croyance est en fait une illusion, parce qu'on en aura anticipé la fausseté.             Mais cette intégration de l'illusion dans la croyance n'est pas satisfaisante car elle est suspendue au régime de la prévision et donc de l'hypothétique. Ne faut-il pas plutôt montrer que l'adhésion à une croyance passe par une première illusion ? Par exemple certaines personnes se convertissent à une religion parce qu'elles ont eu une apparition, une révélation. Leur soumission à une croyance est donc amorcée par une illusion (en l'occurrence une illusion sensible dont ces personnes ont fait l'expérience). La part de l'illusion serait donc d'être à l'origine de la croyance, et expliquerait pourquoi le croyant considère comme non avenu les tentatives rationalistes pour lui prouver qu'il a tort (du type des arguments contre la preuve de l'existence de Dieu). L'illusion ne serait même pas nécessairement de l'ordre de l'apparition mais simplement de l'éducation par exemple si le sujet souscrit sans ciller à l'éducation qu'il a reçu.             On peut prendre les choses à l'envers pour aboutir au même résultat : comment une croyance pourrait-elle naître si elle n'est pas suscitée par une illusion ?

La croyance ne se confond pas avec l’illusion, sauf à commettre un abus de langage, l’illusion s’ignore elle-même tandis que la croyance s’assume et se vit telle qu’elle est, elle n’est pas comme l’illusion l’affirmation dogmatique d’une existence, le doute effleure toujours la croyance. N’y a-t-il pas cependant une part d’illusion au sein de la croyance ? On examinera l’hypothèse selon laquelle la croyance ne peut peut-être s’assumer qu’à la condition de reposer sur une illusion. L’illusion serait donc au cœur de la croyance comme son propre squelette. Mais nous verrons que même lorsque la croyance tend à oublier qu’elle n’est qu’une croyance (par exemple dans le fondamentalisme religieux) elle ne peut pas pour autant être comprise comme étant seulement une illusion.

« « Toute croyance est-elle illusoire ? », on s'intéresse par là, au sens même de la croyance et on sous-tend ainsi deux grandes idées : toute croyance seraitillusoire et il existerait des croyances qui ne le seraient pas. C 'est la nature même de la croyance qui fait l'objet de cette question. La croyance ne serait-elle pas pure illusion du fait qu'elle vienne du domaine du donné, qu'elle n'est pas en soi ce qui est ? Pourtant, une croyance ne peut-elle pas être fondée sur une vérité, et n'est-elle pas une possibilité dans l'absolu ? Ce qui reviendrait à remettre encause son caractère illusoire dans le sens où elle pourrait refléter ce qui est. O ui, mais comment juger alors si une croyance est illusoire ou si elle ne l'estpas sans avoir connaissance de ce qui est ? Or, si l'on a le savoir, la croyance n'existe plus, il deviendrait alors impossible de juger une croyance. L'illusionne naîtrait-elle donc pas du caractère dubitatif de la croyance, du fait qu'elle n'est pas savoir en soi ? Il semble que l'homme, depuis les toutes premières formes de civilisation jusqu'à aujourd'hui ait tenté d'expliquer ce qu'il ne pouvait pascomprendre. A insi il a cherché à inventer, à trouver des solutions à ce qu'il ne pouvait pas saisir, et leurs descendants les ont assimilées, intégrées à leurscultures sans les remettre en cause, de là sont nés les mythes et les croyances. Dans différentes civilisations antiques, on attribuait divers élémentsnaturels comme étant l'émanation de certains dieux maîtres de ces éléments. Par exemple, dans la mythologie grecque ou Scandinave, la foudre était dueaux colères du dieu grec Zeus ou du dieu nordique Thor, ils s'en faisaient une représentation bien précise et les acceptaient comme tel. Les diverses croyances sont une façon de se rassurer face à ce qui nous dépasse, de pallier à l'inconnu. En fait, ces croyances seraient générées parla peur que l'homme éprouve face à son incompréhension. O n relève que dans la plupart des religions, on promet une vie après la mort, une vie magnifique,né serait-ce pas là un moyen d'estomper la peur de la mort, la minimiser ? Les croyances seraient des refuges, elles permettraient à l'homme de ne pas seposer de questions, souvent inquiétantes par le fait qu'il n'arrive pas à savoir, et qui remettrait en cause toute son existence. La croyance serait alors illusoire dans le sens où elle n'est pas ce qui est, qu'elle est du domaine du donné. En fait, une croyance n'apporte pas depreuves de sa validité. Par exemple, « est-ce qu'il y a un Dieu ? », on en sait rien, ça revient à un « peut-être bien qu'oui, peut-être bien que non ». Lacroyance reviendrait alors à un présupposé, une opinion. Cette croyance est donc empreinte au doute dans le sens où elle n'est pas ce qui est, qu'elle nepeut le démontrer. Mais ce doute est l'ennemi même de la croyance car s'il était émis, il la détruirait. Lorsque Nicolas C opernic publia son essai sur « lesmouvements des corps célestes », et qu'il affirma que c'était la terre qui tournait autour du soleil, il fut condamné par le pape Paul V car contraire auxécritures. Pour un croyant en quoi que ce soit, il ne peut pas y avoir de doute possible. C e doute est alors supprimé par la foi en cette croyance. Dans les «possédés » de Dostoïevski, il est dit de la foi qu' « elle sert à éliminer toute supposition, tout doute sur l'existence en dieu ou plus généralement sur lavéracité de la croyance ». La foi est le « ciment » de la croyance, elle sert à ne pas dévier, donc à ne pas douter. Or, lorsque André Gide dit que « l'appétit de savoir vient du doute », il laisse entendre que pour atteindre la connaissance de ce qui est, il fautpouvoir douter, remettre en cause ses présupposés, comme l'a fait Descartes dans ses « méditations ».Dans ce sens, alors la croyance s'opposerait ausavoir à partir du moment où elle ne permet pas de connaître l'être des choses, et elle serait par la même alors purement illusoire. Pourtant, il semblerait qu'il y ait des croyances qui soient fondées sut une vérité, sur un savoir. On pourrait considérer, en effet, qu'il y ait des croyances, qui, à l'origine aurait été un savoir mais que, au fil du temps, le sens exact de ce savoir aitété oublié et ainsi la seule forme de cet ancien savoir résiderait dans une croyance que les hommes continueraient à appliquer sans en connaître lasignification propre. Ce savoir est retombé dans le domaine du donné. Il n'est plus une évidence en soi, on continue à croire en son idée sans réellementsavoir ce qui est On pourrait dans ce sens considérer que ce n'est pas une croyance illusoire puisqu'elle est le reflet de la vérité. 11 en est souvent ainsi denombreux symboles dont on a oublié le sens exact, on les prend au sens premier, du donné. De plus, pour atteindre la connaissance, peut-on avancer sur son chemin sans avoir au départ certaines formes d'opinions, de croyances que l'onsélectionnerait au fur et à mesure afin d'en retirer ce qui est. Un homme qui n'aurait à l'origine aucune croyance mais aussi aucun savoir, ne pourrait pasdiscerner alors ce qui semble réel de ce qui ne l'est pas. On a déjà montré que l'homme a toujours quelque croyance que ce soit, il semble d'ailleurs qu'il nepuisse vivre sans, elle pourrait être une sorte de guide vers le savoir, l'idée même de « croire en soi » est un moyen d'avancer vers la connaissance, unhomme complètement résigné, ne pourrait pas chercher à savoir s'il ne croit même pas pouvoir atteindre un savoir. La croyance n'est donc par là pastotalement illusoire puisqu'elle pourrait aider à accéder à la « vérité ». Par ailleurs, on pourrait considérer que les thèses des croyances dont une possibilité dans l'absolu, tout comme une opinion, elle peut définir ce quiest. Elle peut être autant possible qu'impossible. En effet, on ne peut être catégorique sur nos fondements puisqu'on ne sait pas- si l'on dit qu'une croyanceest illusoire sans avoir la connaissance, on retombe dans une autre forme d'opinion, de croyance. L'existence de Dieu ; on ne sait pas réellement si l'existéou non, les deux thèses sont défendables, peut-être qu'il existe, peut-être qu'il n'existe pas, parce que justement on ne possède pas le savoir. Et, ainsil'athée qui nie sont existence est lui-même pris dans une forme de croyance. Ainsi, la croyance pourrait ne pas être illusoire dans le sens où elle pourrait apporter réellement la réponse à la question qu'elle génère. Mais, alors comment juger si une croyance est illusoire ou si elle ne l'est pas, sinon en ayant le savoir qui serait au-delà des croyances, la vérité. Sil'on peut juger le bien fondé d'une croyance, il y a supposition d'un savoir d'une connaissance. Pour dire si dieu existe réellement ou non, il faudrait savoir cequi en est, à partir du moment où je ne sais pas, je ne peux pas juger. O r, il y a un paradoxe ici, dans le sens où l'on ne peut juger une croyance et savoir sielle est fondée car c'est une croyance. A partir du moment où c'est une croyance, on ne peut savoir ce qui est et, inversement, si on a le savoir, alors lacroyance n'existe plus puisque c'est un savoir. On ne peut donc pas juger de la nature illusoire ou non d'une croyance et l'illusion naît par là même de cette relativité du jugement, du caractèrehasardeux et incertain d'une croyance. Comme cette croyance n'est pas un savoir, il persiste alors toujours un doute quant à sa véracité, l'illusion est crééepar la nature de la croyance, elle ne possède pas la vérité en soi, l'être des choses même si c'est réellement ce qui est. Elle est illusion dans ce sens, ellene sait pas ce qui est, elle est toujours du domaine du donné. C eux qui croient en Dieu, savent-ils son existence ? Non, ils la croient simplement et même sielle réelle, ils sont dans l'illusion car ils croient détenir la vérité alors qu'ils ne la possèdent pas. En cela, l'illusion déforme ou cache la vérité, mais ellen'est pas forcément erreur elle-même. Et si l'on parvient à discerner ce qui est illusoire de ce qui ne l'est pas, en l'occurrence l'être des choses, la croyancen'est plus une croyance mais un savoir. Il semble alors qu'une illusion soit intimement liée à la croyance. Imaginons un mur immense qui représenterait l'illusion. Et derrière ce mur vivent un groupe d'hommes, ces hommes n'ont jamais pu voir ce qu'il yavait derrière ce mur, ils inventent alors diverses solutions à leurs questionnement, ce seraient alors des mythes, des croyances. Et quand bien même unedes solutions serait la réalité, celle-ci ne serait qu'illusoire dans le sens où elle ne serait pas savoir. Or, un jour, un homme trouve le moyen de faire un troudans ce mur, et il le traverse, il verrait alors ce qu'est la vérité, et toutes ces croyances passées seraient effacées pour laisser place au savoir. En fait lemur qui est illusion fait que ce ne sont que des croyances, c'est seulement à partir du moment où l'on dépasse l'illusion que l'on abandonne toute forme decroyance pour acquérir le savoir de ce qui est. Il semble que la croyance n'est illusoire que dans le sens où elle n'est pas un savoir, elle n'est pas ce qui est. La croyance est apparemment crééepar l'homme de façon à effacer ses peurs de l'inconnu, c'est alors une illusion dans le sens où elle lui est imposée, elle vient du domaine du donné. Gide dit :« Cesse de croire et instruis-toi ». Il résume ici l'idée d'une croyance qui maintient l'homme dans l'ignorance, celle-ci cache la vérité. Mais, il est vrai, lesidées d'une croyance ne sont pas forcément une vision erronée du monde, on pourrait alors considérer qu'elle n'est pas illusoire, mais l'illusion aussi n'estpas forcément une vision fausse du monde. Elle naît seulement du fait que la croyance est hasardeuse, elle ne connaît pas l'être des choses, en l'occurrencel'illusion provient de ce non-savoir, de ce doute constant ancré à la croyance. La croyance est imposée à l'homme, alors que le savoir surgit de lui-même. »

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