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Quelle est l'influence de Montaigne sur Pascal ?

Publié le 22/02/2012

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Les Essais (1580-1588) reflètent au départ les réflexions tirées par Montaigne de ses nombreuses lectures de la littérature et de la philosophie antiques. Puis il augmente la matière de son ouvrage qui devient plus personnel et expose, sans ordre voulu, une philosophie influencée par celles de l'Antiquité. Pascal a beaucoup lu Montaigne dans sa période mondaine, entre 1652 et 1655. Mais cette influence se prolonge sans doute, par de multiples relectures, jusqu'aux dernières années de sa vie.
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« dogmatisme : « La peste de l'homme, c'est l'opinion du savoir.

» Mais Montaigne, partant du doute, y reviendra, etson tour sur lui-même est un tête-à-queue.

Pascal, « malgré la vue de nos misères », croit qu'un instinct nous «élève » tout de même.

Il ne veut pas rentrer en soi-même.

Montaigne déclare : « Moi, je regarde dedans moi.

Je n'aiaffaire qu'à moi, je me considère sans cesse, je me contrôle, je me goûte ; moi, je me roule en moi-même.

» 3.

Ainsi Pascal faisant de Montaigne son prédécesseur immédiat, méconnaît la profonde antinomie de leurs deuxnatures.

L'homme « ondoyant et divers », le sceptique, qui ne saurait « faillir à suivre nature » (« le souverainprécepte c'est de se conformer à elle »), la « tête bien faite » et si satisfaite d'elle-même, au doux oreiller et au molduvet, ce curieux qui prêcha « l'incuriosité — — voilà le modèle prôné par Biaise Pascal, défenseur de Port-Royal ?La ligne droite et cette élévation vertigineuse du mystique de la Porte Etroite, nous placent infiniment au-delà duchâteau des Eyquem. Reste donc l'idée commune de lutter contre la sottise et les préjugés du monde : « Rien n'est si insupportable àl'homme que d'être dans un plein repos...

Il sent alors son néant, son abandon, son impuissance, son vide.

» CONCLUSION Mais finalement « ce n'est pas dans Montaigne, dit Pascal, mais dans moi que je trouve tout ce que j'y vois ».L'honnête homme, le libertin ou le pyrrhonien, n'ont servi à Pascal que de cible, ou de thème à de brillantesvariations.

Il joue avec Montaigne comme un chat avec une souris, et, plus encore, comme le boucher baudelairiensans colère et sans haine : il ne hait peut-être pas même ce moi, car le mysticisme pascalien est amour, caritasgeneris humani, et l'humanisme de Montaigne ne saurait lui être odieux.

Si Montaigne s'est voulu limite, Pascal ledépasse et le déborde de partout, comme l'infini le fini. Les Essais (1580-1588) reflètent au départ les réflexions tirées par Montaigne de ses nombreuses lectures de lalittérature et de la philosophie antiques.

Puis il augmente la matière de son ouvrage qui devient plus personnel etexpose, sans ordre voulu, une philosophie influencée par celles de l'Antiquité.

Pascal a beaucoup lu Montaigne danssa période mondaine, entre 1652 et 1655.

Mais cette influence se prolonge sans doute, par de multiples relectures,jusqu'aux dernières années de sa vie. I.

La philosophie de Montaigne et de Pascal Les emprunts textuels à l'« Apologie de Raymond Sebond » (Essais, II, 12) sont très nombreux dans les Pensées.Sebond avait écrit un ouvrage prétendant prouver l'existence de Dieu par des moyens rationnels, et qui avaitsuscité de nombreuses critiques.

Montaigne entreprend de défendre Sebond mais son « Apologie » est plus queparadoxale : il rétorque aux détracteurs de Sebond que si les arguments de celui-ci ne sont pas convaincants, c'estqu'il n'en existe pas de convaincants car l'homme est incapable, par sa faible raison, de démontrer l'existence deDieu.

Il doit se contenter de la foi.

Pascal lui emprunte l'analyse de la faiblesse de notre raison.

La discussion sur lavalidité de la position sceptique (frag.

122) s'appuie sur l'« Apologie ».

La réflexion sur l'imagination tire l'essentiel deson contenu du chapitre I, 21 des Essais.Mais si Montaigne juge le monde absurde, il le trouve fort vivable, contrairement à Pascal, si l'on sait se prémunircontre son absurdité par un comportement philosophique distancié.

À la manière des sceptiques antiques, il optepour la suspension du jugement.

Au contraire, une sévère exigence chrétienne porte Pascal à des choix résolus.

Deplus, Montaigne, attaché à la culture humaniste, critique la raison mais fait confiance aux livres et à l'Antiquité.

PourPascal, au contraire, seul le christianisme est porteur de vérité et il n'a pas beaucoup lu d'auteurs antiques. II.

L'influence de l'écriture de Montaigne Montaigne influence aussi Pascal dans le domaine de la forme.

La personnification des idées abstraites, fréquemmentutilisée dans les Pensées, est le fruit de la fréquentation des Essais.

Montaigne fournit à Pascal un grand nombred'images : la métaphore de la raison suppliante (frag.

48), de l'esprit boiteux (frag.

91).

Mais Pascal donne plus deforce à l'image en la resserrant, comme au fragment 41 : « Plaisante raison qu'un vent manie et à tous sens ! », oùMontaigne fournit l'image du vent mais dans une phrase moins dense.L'influence de Montaigne se manifeste aussi dans les Pensées par le recours fréquent aux exemples ou auxanecdotes.

Celle du « plus grand philosophe du monde » (frag.

41) est le fruit d'une synthèse qu'élabore Pascal àpartir du texte de Montaigne.

L'influence de Montaigne sur Pascal est donc patente mais la tonalité est différente.Pascal transforme le réalisme pittoresque de Montaigne en un réalisme tragique.. »

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