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Qu'est-ce que le bon sens ?

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Sens vient du latin "sentire" qui prend diverses acceptions. On parle des sens comme de la faculté de percevoir, de sentir. Mais le sens intervient aussi dans les relations affectives, sous la forme de l'amour, de la joie ou de la tristesse. Enfin la raison humaine est inséparable de l'effort par lequel elle cherche le sens, c'est-à-dire à comprendre l'histoire du monde, l'univers et elle-même. Descartes, à ce propos, fait remarquer qu'il n'y a pas d'homme qui se sente privé de bon sens, qui est "la chose la mieux partagée".

Le « bon sens « est synonyme de « raison «, cela veut dire que «la raison est naturellement égale en tout homme «, que chacun possède « la puissance de bien juger et de distinguer le vrai d’avec le faux «. Car cela signifie, après tout, que si ma mémoire ou mon imagination sont moins étendues que celles de Descartes ou d’Einstein, ils n’ont pas plus de raison que moi !

Cependant, un lecteur scrupuleux du « Discours « est assez vite désarçonné par la justification que Descartes donne de sa thèse : la preuve que la raison est égale en tout homme, c’est que si l’on désire être plus riche, ou avoir plus de mémoire, personne ne désire avoir plus de raison. C’est notre orgueil qui fournit la preuve.

« On ne peut se passer du bon sens, prétend-on d'un côté. Le prétendu « bon sens » est justement ce qui doit êtredépassé au profit de la science véritable, entend-on de l'autre. Voilà dans quelle alternative nous nous trouvonsplacés. Mais, dans les deux cas, le bon sens demeure une notion bien peu sûre. D'une part, il est une intuitionpresque surnaturelle; et, d'autre part, il est comme une concrétion de préjugés. Néanmoins, dans les deux membresde l'alternative, il est également partagé par tous les hommes. Car, chez Platon aussi, la « doxa » précède toujours(malheureusement, selon lui) l'acquisition de la science. Bachelard partagera cet avis en disant: "Il ne saurait y avoir de vérité première. Il n'y a que des erreurs premières.". La connaissancescientifique suppose une remise en question de l'expérience première. Lesensible ne peut pas structurer le champ de l'expérience scientifique.Autrement dit, la connaissance de la réalité suppose que l'esprit se détachede ce qui est immédiat, sensoriel, pour se tourner vers la raison. L'objetscientifique est construit, il n'est pas donné. Il y a des obstaclesépistémologiques qui rendent difficile la mise en place de structuresrationnelles, et en particulier la valeur que l'on accorde généralement àl'expérience immédiate. Peut-être pouvons-nous nous appuyer sur cette caractéristique pour donnerau bon sens une signification plus précise. On peut, à la suite de Kant,l'interpréter comme le « sens commun ». Le sens commun, c'est d'abord lacapacité que nous avons à « sentir avec » d'autres hommes, à avoir desopinions en commun avec eux. Le bon sens serait la condition préalable à unconsensus entre des interlocuteurs. Le sens commun est, par exemple, au début des Fondements de lamétaphysique des meurs de Kant, la faculté humaine à laquelle le philosophe s'adresse pour trouver un point de départ à son enquête sur la moralité. Il cherche une chose qui soit par elle-même absolument bonne. Le sens commun lui répondra : la bonne volonté. Lebon sens ne donne pas là, aux yeux de Kant, une connaissance assurée etprécise. Il ne fournit que des indications qui peuvent créer un consensus dedépart pour que la discussion s'engage. La réflexion et l'analyse rationnellessont ensuite chargées de les préciser et de les débarrasser de leursimperfections. Le sens commun ne s'oppose donc pas à nos facultéssupérieures, il est leur préalable. Le sens commun permet à Kant d'espérerque sa philosophie deviendra populaire, dans la mesure où celle-ci n'estqu'une clarification plus rigoureuse des thèses pressenties par le bon sens. Lebon sens n'est ici rien d'autre que le visage pragmatique et populaire de laraison. Il faut se garder d'opposer trop radicalement le bon sens à la raison théoriqueou à la réflexion. Certes, il peut apparaître comme un point de repère clairdans les situations où nous sommes désemparés et où la raison se tait. Mais ilne peut la remplacer, comme le montre l'analyse de ses faiblesses et de sescontradictions. Penser le bon sens exige peut-être de lui accorder une placevéritable, mais préliminaire dans l'ordre de nos facultés. »

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