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Si Dieu n'existait pas, tout serait permis ?

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dieu

.. choisissez.«Mais, en fait, de la mort de Dieu, de sa suppression ou de son «meurtre«, il faut tirer toutes les conséquences : dans la seconde grande partie,  Sartre progresse de la notion de valeur vers celle de sens, lequel ne procède, lui aussi, que d'une intention humaine.Deux sous-parties divisent cette deuxième grande partie. Dans la première («Si j'ai... elles sont«), Sartre tire les conséquences de la proposition initiale : il relie l'invention des valeurs à ce qui découle de la thèse de Dostoïevski. Il passe ensuite de l'invention des valeurs à celle du sens introduit par l'homme («Et par ailleurs... choisissez«).a. Première sous-partie: «Si... sont.

 

L'idée est: la morale humaine repose sur un principe transcendant et divin de justice. Sans ce principe, elle s'effondre.

La problématique: elle s'interrogera justement le présupposé contenu dans cette affirmation. Les hommes sont-ils incapables, de leur propre fait, de fonder une morale? Une morale immanente, purement humaine, est-elle possible?

 

« Le respect des lois morales est donc suspendu à la justice des hommes et à ses sanctions. Mais derrière la justicedes hommes se profile celle de Dieu. Dieu juge ; il punit et récompense. La moralité dépend de Dieu comme de celuiqui détient les clés du salut. [Partie II] La religion comme aliénation de la liberté humaine à devenir authentiquement morale La moralité est donc suspendue, au début de l'ère historique de l'humanité, à la loi divine, par conséquent à Dieu.Cela ressort nettement de l'Ancien Testament, et se retrouve dans la plupart des civilisations. L'origine divine de la morale ne va pas sans poser des problèmes. D'abord, que penser d'un homme qui n'obéirait auxcommandements divins que par crainte d'un châtiment ? Ne mérite vraiment d'être appelée morale que l'action quiprocède de soi, non celle que l'on accomplit sous la dépendance d'autrui ou d'autre chose. Spinoza, lecteur et commentateur de la Bible, écrit ceci : « Qui fait le bien... par connaissance vraie et amour du bien, agit librement etd'une âme constante ; qui au contraire le fait par crainte du mal, agitcontraint par le mal qu'il redoute et, en esclave, vit sous le commandementd'autrui. » (Traité théologico-politique, chapitre 4). La moralité véritable ne peut donc pas procéder de la seule crainte de faire lemal ou de transgresser les interdits divins, encore moins de la seule peur duchâtiment. D'autre part, tant que les hommes considèrent les prescriptions moralescomme de simples lois, ou commandements de Dieu (comme ceux que pourraitdonner un roi à ses sujets), ils ne comprennent pas la nécessité de lesobserver, mais ne voient en elles que des contraintes pesantes qu'ilss'empressent de transgresser. Ainsi, faute de connaître toutes lesconséquences de son acte, et parce qu'il ne comprenait pas la parole de Dieumais ne voyait en elle qu'une loi, Adam a mangé le fruit en dépit del'interdiction divine. Ainsi les Juifs, après l'interdiction faite par la bouche deMoïse d'adorer tout autre que Dieu, adorèrent-ils une idole païenne. Spinoza en conclut : « Dieu ne peut être qualifié de législateur, de prince, et n'est appelé juste, miséricordieux,etc., que suivant la façon de comprendre du vulgaire et par un défaut de connaissance. » Ses décrets ne sont pasdes lois, mais des vérités éternelles que chacun peut comprendre par le seul secours de sa raison, comme lanécessité d'aimer son prochain comme soi-même. Le commentaire biblique de Spinoza nous apprend donc que la morale se distingue du droit : les règles de celui-cirelèvent de la loi humaine, celle-là de la loi divine : « Par loi humaine, j'entends une règle de vie servant seulement à la sécurité de la vie et de l'État ; par loi divine,une règle ayant pour objet seulement le souverain bien, c'est-à-dire la vraie connaissance et l'amour de Dieu. » Mais cette loi divine est inscrite dans la raison de chaque homme, qui lui fait comprendre qu'il lui faut faire le bien,éviter le mal, et aimer son prochain. Nous ne devons pas nous imaginer un Dieu législateur, un Dieu interdisant,punissant ou pardonnant : c'est là de l'anthropomorphisme pur et simple. Spinoza nous enseigne que la morale estchose intérieure, est affaire de connaissance et de raison, non de foi ni d'obéissance aveugle à des commandementsextérieurs. La capacité morale de l'homme réside donc en lui-même ; elle ne tient pas à une interdiction ou à unchâtiment divins extérieurs à lui, et à l'efficacité incertaine. [Partie III. La morale sans Dieu.] La philosophie des Lumières a prolongé et radicalisé l'effort déployé par Spinoza pour désimpliquer la morale de la foiet de la croyance en Dieu-législateur. Il s'agit alors de donner un fondement humain à la morale, en montrant,comme Kant, que l'homme est capable de moralité du seul fait de sa raison. »

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