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Si la vérité s'impose à moi, puis-je être libre ?

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Il faut plutôt concevoir que l'esprit exerce précisément sa force propre lorsqu'il conçoit ; et il l'exerce d'autant mieux qu'il conçoit une vérité. La vérité n'est donc pas une contrainte imposée de l'extérieur à l'esprit, mais plutôt une nécessité interne à l'esprit qui conçoit. Dans cette perspective, l'esprit est d'autant plus libre qu'il comprend mieux et conçoit plus de vérité. En effet, puisque la contrainte est une action exercée de l'extérieur, et la liberté une action qui trouve sa cause dans le sujet lui-même, la liberté de l'esprit est d'autant plus forte qu'il est déterminé par une nécessité interne.

« - la réalité se rapporte à l'être, à ce qui est. La réalité est l'objet de la vérité ; elle est ce sur quoi porte la vérité. Nous pouvons donc caracté­ riser la vérité comme-suit: le propre de la vérité est de dire ce qui est; le propre de l'erreur est de dire ce qui n'est pas. Il> La liberté n'est pas une notion moins vaste que la vérité : on peut notamment distinguer une liberté politique et une liberté métaphysique. La liberté n'est pas une chose, mais une façon d'être pour un sujet. Elle peut recevoir deux significations principales : la liberté politique est la liberté du citoyen, la liberté métaphysique est la liberté de l'homme comme sujet pensant. La liberté dont fait mention le sujet est donc plutôt la liberté méta­ physique, dans la mesure où il est question du rapport de la vérité et de la liberté pour un sujet pensant en général, et non pour un citoyen. Il> Comment donner une définition générale de la liberté ? La liberté n'est pas une chose, c'est un état du sujet pensant. Nous pouvons donc donner de la liberté la caractérisation suivante : est libre un sujet qui est la cause de ses propres actes, qui se détermine lui-même à agir ; est contraint un sujet dont les actes ont pour origine une cause exté­ rieure, qui ne se détermine pas lui-même à agir. Liberté et contrainte sont donc des termes contradictoires. DES NOTIONS AU PROBLÈME (INTRODUCTION) Une fois explicitées les notions en jeu dans le sujet, la question se pose de façon relativement simple: lorsque moi, sujet pensant, je m'applique à la contemplation d'une vérité quelconque, suis-je en train d'agir par liberté, ou bien sous l'effet d'une contrainte extérieure 7 Il s'agit, en introduction, de montrer comment les deux réponses pos­ sibles peuvent convenir à la question posée. Dans le cas présent, le pro­ blème se pose de la façon suivante. Il> D'une part, toute vérité s'impose à moi indépendamment de ma volon­ té : je ne suis pas libre de décider que deux et deux font quatre ; je ne suis pas libre de décider qu'une proposition décrit adéquatement un état de chose réel. À cet égard, la vérité semble exercer une forme de contrainte, puisque je suis comme forcé de l'accepter, que je le veuille ou non. Il> Mais d'un autre côté, je n'use jamais mieux ma raison que lorsque je contemple la vérité. En effet, si l'on définit la raison comme la faculté de connaître qui est en l'homme, cette faculté est évidemment desti­ née à se tourner vers le vrai et à le contempler. Si d'autre part on »

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