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Technique et sagesse ?

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technique De même que la science positive vidait le savoir philosophique de tout contenu, de même la puissance technique prive le pouvoir philosophique de toute efficacité. En fait l'exigence philosophique réapparaît pourtant sous une autre forme. A partir du savoir scientifique la visée philosophique se révèle comme réflexion critique sur les fondements de ce savoir. A partir du pouvoir technique la sagesse, au sens moderne, se présente comme une réflexion critique sur les conditions de ce pouvoir.C'est aujourd'hui un thème familier et angoissant que celui du technicien apprenti-sorcier. * La technique, parce qu'elle fait passer la science aux actes, pose le problème de la finalité - voire de la moralité de la science : l'arme nucléaire, par exemple, est-elle seulement la perversion d'un pur et innocent désir de connaître ? ou bien, la science est-elle responsable, dès son principe, des terrifiantes applications qu'on en peut faire ? * Les dangers que font aujourd'hui courir à l'humanité les progrès techniques (cf. également les manipulations génétiques) mettent-ils en cause l'usage qu'on fait de la science ou la science elle-même ? « L'esprit humain, déclarait Auguste Comte, doit procéder aux recherches théoriques en faisant complètement abstraction de toute considération pratique » (Comte, Cours de philosophie positive, 1830/1842).

« Connaître consiste à produire un discours sur un objet, discours qui a deux caractéristiques principales : d'une part,l'acte de connaître est le moyen de donner une définition de l'objet que l'on s'attache à étudier. De l'autre,connaître est le moyen d'avoir une action sur l'objet de connaissance, le moyen de le maîtriser. Le mot « autrui » désigne avec un haut degré de généralité l'ensemble des êtres humains qui ne sont pas nous. Ilimplique implicitement une relation d'équivalence entre « autrui » et celui qui se rapporte à ce dernier : « autrui »vient du latin « alter » qui signifie « l'autre dans une série de deux ». Connaître autrui à partir de nous-mêmes signifie que nous employons la connaissance subjective et intime que nousavons de nous-mêmes (le sentiment de nos émotions, la connaissance des objets et des désirs qui motivent nosactions) pour interpréter l'être et l'action d'autrui. Autrui, qui nous est par définition étranger, qui estfondamentalement distinct de nous, ne devient connaissable qu'au moyen de l'établissement d'une correspondancepostulée entre ce qu'il est et ce que nous sommes. Nous nous demanderons donc si autrui est connaissable à partir d'une généralisation de ce que nous sommes, ou siau contraire, autrui ne demeure pas irrémédiablement inconnaissable ? I. La généralisation de ce que nous sommes, moyen de la connaissance d'autrui ? a. L'herméneutique d'autrui au moyen de nous-mêmes Nous commencerons par dire que la généralisation de ce que nous sommes est le moyen de la connaissance d'autrui.En effet, prenons un exemple très simple, que nous pouvons trouver dans les circonstances quotidiennes de la vie :les vécus intérieurs (sentiments, impressions) d'autrui nous sont entièrement inaccessibles, nous ne pouvons vivrece que vit l'autre, nous ne pouvons le connaître avec le degré d'intimité qui est le sien. Cependant, nous pouvonsnéanmoins le connaître à partir des indices que son corps nous donne : les expressions du visage, les mouvementsdu corps sont un langage sans paroles, mais néanmoins expressif. Il faut bien voir que nous connaissons autrui àpartir de nous même lorsque nous nous livrons à cette herméneutique corporelle : en effet, nous savons que cheznous, telle impression produit telle expression du visage, et nous jugeons de l'identité de nos impressions avec autruià partir de l'identité de nos expressions faciales. b. La sortie progressive du solipsisme Si nous nous tournons vers la Phénoménologie Husserlienne, alors nous dirons que c'est bien à partir de nous-mêmes que nous connaissons autrui, en suivant un processus en trois grandes étapes. Je puis m'assurer de l'existence réelle d'autrui par une opération d'analogie : de même que je perçois mon corps propre dans le monde, avec la certitude subjective de son existence, je puis considérer le corps d'autrui comme le corps d'un alter-ego, comme le corps d'un être qui existe vraiment, comme moi-même j'existe. Deuxième étape : je puis constater la concordance des profils d'autrui et de moi-même. C'est-à-dire que mes gestes et mes expressions concordent avec ceux d'autrui, indiquant par la même que celui-ci est un autre existant au même titre que moi (s'il a l'air joyeux de la même manière que moi, il a des chances d'exister aussi bien que moi). Dernière étape : je puis me figurer ce que je percevrais si j'étais à la place de l'alter ego que je vois devant moi. Cette capacité d'imagination me permet de considérer l'autre comme un autre moi-même, comme un existant au même titre que moi, qui saisit la réalité comme moi, quoique du sein de son propre corps. Par conséquent, la sortie de la solitude métaphysique se fait par l'intermédiaire du corps : par le corps, nous connaissons autrui, et nous arrivons à la certitude la plus élémentaire à son propos, qui est la certitude de son existence. II. Autrui demeure irrémédiablement inconnaissable a. L'altérité fondamentale creusée par la différence culturelle Cependant, la thèse que nous venons de soutenir ne laisse pas de poser quelques problèmes : en effet, commentconnaitrons nous autrui à partir de nous-mêmes, lorsque la différence culturelle est complète ? Reprenons notreexemple de la connaissance d'autrui par le langage de son corps dont les signes sont communs à ceux que nousproduisons : lorsque nous appliquons cette herméneutique avec un être d'une culture entièrement différente, elle nefonctionnera pas. Le corps, en effet, ne produit pas un langage naturel commun à l'humanité, il est modelé par lasociété, par la culture, les gestes sont conventionnels plutôt que naturels. b. La monadologie des êtres humains A partir de cette critique, nous pouvons conclure provisoirement à une monadologie universelle des êtres humains. Ilsemble que je ne puis connaître autrui à partir de moi-même car je ne puis le connaître tout court. Entre autrui etnous même, il y a une différence irréductible : je ne puis entretenir des rapports avec autrui qu'au prix d'uneincompréhension à peu près complète. »

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