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Toute inégalité est-elle une injustice ?

Publié le 28/01/2004

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L'égalité des conditions porte sur les richesses à la fois matérielles et intellectuelles. Ces richesses sont-elles également réparties entre les hommes, et si non doivent-elles l'être ? Toute inégalité, dans ce domaine, est-elle une injustice ?- On peut estimer que l'inégalité sociale n'est pas forcément injustice pourvu que soit respectée l'égalité des chances, ce qui signifie que chacun puisse sans entrave développer ses capacités. Mais on peut reprocher à une telle conception de la justice de renverser l'ordre des priorités : pour pouvoir développer ses capacités, et jouir d'une véritable égalité des chances, il faudrait d'abord pouvoir bénéficier d'une égalité de conditions. Mais cette égalité est-elle réalisable concrètement ? Peut-on faire que les hommes soient tous placés dans des conditions d'égalité ? N'y a-t-il pas, par ailleurs, des inégalités naturelles ?- A cette dernière objection, on peut faire deux réponses. La première consiste à dire que les inégalités, même « naturelles » (de force, de talent, etc.

    La justice se présente d’abord à la lumière de son contraire, l’injustice. En effet, entre serments trahis, partages inégaux, punitions injustifiées, on comprend quel peut être un sentiment d’injustice. Ainsi des inégalités, des excès de certains sur d’autres, naît le sens de la justice. Et la justice doit être une réponse raisonnée à ce qui est mal, puisque la vengeance ne peut résoudre les conflits qui perdurent entre les hommes. De plus, la justice doit savoir se pencher sur les inégalités naturelles, dans la mesure où par nature il y aura toujours un homme plus fort capable d’asservir un homme plus faible. Dès lors la raison devra s’entretenir sur ce qui est juste, et être capable de résoudre des conflits de manière impartiale, c’est-à-dire sans porter de jugement à la lumière d’une opinion subjective. La justice peut-elle en ce sens s’intégrer en chacun, et paraître pour tous absolument équitable ?        

« telle conception de la justice.

Rousseau critiquera cette conception du droit du plus fort.

Selon lui la force ne peut faire le droit, puisque le droit ne peut persister si chacun s'impose par laforce.

Le terme « droit du plus fort » lui-même ne signifie rien pour Rousseaupuisque ce fameux « droit » est inexistant (cf.

Du Contrat social, I, 3).

Pour Rousseau, la société humaine progresse inévitablement, au moins sur le plantechnique.

La différence de talents techniques crée une hiérarchieéconomique.

Le développement de cette hiérarchie économique produit l'idéede propriété.

Pour Rousseau, ce glissement de la différence en inégalité estune pente inévitable de la vie sociale.

L'inégalité est inhérente à la vie ensociété.

La différence crée une inégalité sociale.

Chez Rousseau, la vienaturelle correspond à l'homme seul, sauvage, heureux ; la vie sociale créeles différences, les inégalités.

C'est dans le Contrat Social (1762, livre I, chap.

VIII) que Rousseau élabore cette distinction.

Par le contrat sociall'homme perd sa liberté naturelle et un droit illimité à tout ce qui le tente etqu'il peut atteindre.

Ce qu'il gagne c'est la liberté civile et la propriété de toutce qu'il possède.

Alors que la liberté naturelle n'a pour bornes que les forcesde l'individu, la liberté civile est limitée par la volonté générale.

L'hommeacquiert aussi la liberté morale qui seule rend le rend maître de lui, « carl'impulsion du seul appétit est esclavage, et l'obéissance à la loi qu'on s'estprescrite est liberté » (GF, L.

I, chap.

VIII, p.

61).

c.

Une inégalité peut être juste ; par exemple, un handicapé, non seulement est différent mais il est inégal avec quelqu'un qui ne l'est pas.

Lenon handicapé peut le servir ou l'exploiter.

Les anarchistes n'aperçoivent pas dans la réalité cette inégalitéindépassable comme l'occasion de servir.

Pour les anarchistes la méchanceté de l'individu prend naissance dansl'inégalité sociale.

Le riche doit se défendre contre les jaloux, le pauvre doit bien survivre.

Pour les anarchistes, ilfaut changer les conditions sociales et l'homme se bonifiera.

Il semble que ce raisonnement oublie que la société estle fruit de l'individu autant que l'individu est le fruit de la société.

Marx affirmait que les philosophes ont pensé lemonde et que maintenant « il s'agit de le transformer ».

A cette citation que les anarchistes approuveraient, il fautrappeler une citation d'Epictète : « mieux vaut changer soi que l'ordre du monde ».

Avec les anarchistes, nousserons d'accord qu'il faut lutter contre l'injustice mais l'histoire nous a montré que des gens pleins de bonnesintentions ont fait peut-être plus de mal que d'autres car ils ont oublié qu'il fallait aussi se changer soi.

Faire le bien,changer la société, consiste à discerner en nous les conditionnement qui peuvent détruire la liberté au lieu de larépandre. II.

Pour une justice sociale a.

L'égalité, les inégalités, la justice sociale sont à l'origine d'interrogations, de constats et d'exigences qui s'inscrivent dans une longue tradition de pensée.

Le débat sur le juste a eu pour cadre premier la cité antique.

Il apris une orientation nouvelle avec le christianisme, qui a conféré un sens mystique à la pauvreté.

L'avènement d'unesociété démocratique et le développement de l'économie de marché à l'époque contemporaine ont donné à laréflexion sur la justice sociale son actuel contenu.

La crise de l'État-providence, la lutte contre l'exclusion, unesensibilité accrue aux inégalités sociales contribuent aujourd'hui à rendre particulièrement polémique l'examen d'unequestion que la Théorie de la justice de John Rawls a sensiblement renouvelée.

Le débat sur la justice sociale a suscité une abondante littérature qui a pour référent principal la Théorie de la justice , l'ouvrage publié en 1971 par John Rawls.

Cette conception de la justice comme équité, « justice as fairness », s'est trouvée en France placée aucentre de la discussion.

À la question posée par Philippe Van Parijs Qu'est-ce qu'une société juste ? (1991), il donne la quasi-totalité des éléments de réponse et, enrichie de nombreuses considérations (Justice et démocratie ;Libéralisme politique), la philosophie rawlsienne passe effectivement pour avoir dépassé l'opposition classiquelibéralisme-socialisme, en mettant en place un nouveau cadre d'analyse.

La justice doit s'établir en fonction de lademande des individus qui vivent socialement.

Chacun doit pouvoir prendre en considération sa demande en fonctiond'autrui.

C'est dans sa Théorie de la justice que John Rawls pose ainsi un statut social hypothétique où chacun fait le choix de ses biens avec en vue le plus d'équité possible : c'est le principe du « voile d'ignorance ».

Chacun estignorant de sa position sociale, ainsi, étant potentiellement commandant ou commandé, chacun décidera d'uneconception juste de la structure sociale.

La justice naît ici de la conscience qu'on peut occuper une position defaiblesse au sein du groupe.

Une solution originale a été apportée à cette question par J.

Rawls .

Son livre Théorie de la justice (paru aux États- unis en 1971) fait date dans l'histoire de la philosophie politique du XX siècle.

Plus personne n'écrit aujourd'hui ences matières, sans se référer d'une façon ou d'une autre à Rawls .

La justice s'organise, selon lui, autour des trois principes suivants:1 / Chaque personne a un droit égal à un système pleinement adéquat de libertés et de droits de base égaux pourtous, compatible avec un même système pour tous.2 / Les inégalités sociales et économiques doivent remplir deux conditions :a) Elles doivent être attachées à des fonctions et à des positions ouvertes à tous dans des conditions de justeégalité des chances.b) Elles doivent être au plus grand avantage des membres les plus défavorisés de la société.Le premier principe (1) définit le champ des libertés, le second (2 a) pose la règle de l'égalité des chances, letroisième (2 b) régit la justice économique.

Ces principes sont liés selon un ordre lexical, ce qui signifie que (1) prime. »

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