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Un philosophe est-il un homme de son temps ?

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temps La philosophie est en effet ce mouvement par lequel je m'élève de l'opinion à la connaissance. Ce mouvement est celui-là même par lequel je dépasse le singulier pour accéder à l'universel: le temps est en effet l'élément de la singularité, tout événement est singulier. Etre de son temps, «à la mode», c'est rester dans la particularité d'où nous fait sortir la philosophie. Le philosophe s'arrache aux contingences de son existence dans le temps pour découvrir l'universel. L'universel n'est en effet d'aucun temps. Si philosopher, c'est, depuis Socrate, apprendre à mourir, la philosophie nous permet de découvrir l'essence de notre âme : notre vie temporelle nous masque notre destination, l'éternel. Le corps est le tombeau de l'âme (Cratyle) La théorie de la réminiscence stipule que c'est en s'incarnant dans le corps que l'âme oublie la connaissance des idées acquise dans un autre monde. C'est donc en se délivrant du corps que l'âme retrouvera pleinement son pouvoir de connaissance. Ce mépris classique du corps sera interprété par Nietzsche comme un mépris de la vie.Plus généralement, la philosophie est accès à l'intelligible et donc refus du sensible.

Le philosophe appartient à son époque, comme tout homme. Cependant l'objet de son savoir le détourne de l'actualité dans laquelle est noyée la simple opinion. Le philosophe est toujours le critique de son époque: il lui appartient mais doit aussi la juger. Il ne coïncide pas avec son temps mais ne lui est pas non plus étranger. Le philosophe ne peut être de son temps qu'en le surmontant par une réflexion qui lui permet d'échapper au temps.

« ainsi élaborer le modèle de toute cité. La charge de l'État y est confiée au philosophe. Le philosophe platonicienn'échappe pas aux obligations politiques : le concept de philosophe roi est en effet celui d'un homme qui, en vertumême de sa connaissance du bien et de sa fréquentation du monde des idées, est appelé à diriger l'État. Loin deconfier le pouvoir politique aux politiciens de métier qui n'ont pas pour fin le bien de l'État mais sont guidés par leurspassions, Platon a voulu faire du philosophe le roi véritable : lui seul, par sa formation, est apte à diriger la vie de lacité en ne perdant pas de vue le bien commun. [3. Le philosophe est en accord avec son temps.] Le philosophe est alors le seul homme à pouvoir s'accorder avec son temps, prendre la mesure de celui-ci. Écoutonsainsi Épictète, dans ses Entretiens : «Ici, nous nous représentons l'oeuvre du philosophe de la manière suivante : ilfaut accorder notre volonté avec les événements de telle manière que nul événement n'arrive contre notre gré etqu'il n'y ait nul événement qui n'arrive lorsque nous le voulons. L'avantage, pour ceux qui sont ainsi pourvus, c'estde ne pas échouer dans leurs désirs, de ne pas tomber sur ce qu'ils détestent, de vivre intérieurement une vie sanspeine, sans crainte et sans trouble, de conserver les rapports sociaux, qu'ils soient naturels ou acquis, ceux de fils,de père, de frère, de citoyen, de mari ou de femme, de voisin, de compagnon, de gouvernant ou de gouverné.» Lephilosophe est ainsi homme de son temps en ce qu'il remplit la fonction qui lui échoit, que sa volonté même est enaccord avec son temps. Il ne se retire pas du monde, mais mène une existence sociale avec ses semblables. Lephilosophe, loin de mépriser la société dans laquelle il vit, s'y intègre et ne fuit pas les responsabilités de sonexistence temporelle, condition de sa vie spirituelle : le philosophe est pleinement à son temps. [11. Le philosophe s'élève au-dessus de son temps.] [1. Le philosophe n'est pas l'esclave de l'instant.] Cette appartenance à son temps du philosophe n'est cependant pas celle de l'homme ordinaire. La philosophieintroduit en effet un rapport au temps qui n'est plus celui de la simple immédiateté. Je ne suis plus soumis au tempsqui passe lorsque je me mets à philosopher. L'homme qui passe sa vie sans faire retour à soi est englué dansl'instant. Cette «actualité» n'est pas l'actualité de l'acte, de la puissance réalisée, mais le flux des événements quinous emporte. Nous sommes alors englués dans cette actualité, pris en elle sans pouvoir lui échapper. Au contraire,le philosophe s'élève par sa pensée au-dessus du cours des événements : s'il leur donne son assentiment, ce n'estpas parce qu'il y serait contraint, parce qu'il serait enchaîné à son temps. La réflexion qui constitue le propre de laphilosophie m'arrache à l'immédiateté du temps : je m'élève par la science, par la connaissance, au-dessus del'opinion. L'homme ordinaire est précisément celui dont on mesure l'opinion par le sondage, et l'opinion n'est que lereflet de la mode, cette forme particulière d'existence dans l'instant, où l'on est esclave du moment. [2. L'éternel.] La philosophie est en effet ce mouvement par lequel je m'élève de l'opinion àla connaissance. Ce mouvement est celui-là même par lequel je dépasse lesingulier pour accéder à l'universel: le temps est en effet l'élément de lasingularité, tout événement est singulier. Etre de son temps, «à la mode»,c'est rester dans la particularité d'où nous fait sortir la philosophie. Lephilosophe s'arrache aux contingences de son existence dans le temps pourdécouvrir l'universel. L'universel n'est en effet d'aucun temps. Si philosopher,c'est, depuis Socrate, apprendre à mourir, la philosophie nous permet dedécouvrir l'essence de notre âme : notre vie temporelle nous masque notredestination, l'éternel. Le corps est letombeau del'âme (Cratyle) La théorie de la réminiscencestipule que c'est en s'incarnantdans le corps que l'âme oublie laconnaissance des idées acquisedans un autre monde. C'est doncen se délivrant du corps que l'âmeretrouvera pleinement son pouvoirde connaissance. Ce méprisclassique du corps sera interprétépar Nietzsche comme un mépris dela vie.Plus généralement, la philosophieest accès à l'intelligible et doncrefus du sensible. Philosopher,c'est apprendreà mourir ausensible(Phédon) La connaissance n'est en cela d'aucun temps. Connaître la vérité du cogito, c'est le connaître comme vraiintemporellement. C'est une pensée semblable qu'exprime Aristote dans sa formule célèbre de la fin de l'Éthique àNicomaque : «Il ne faut donc pas écouter ceux qui conseillent à l'homme, parce qu'il est homme, de borner sapensée aux choses humaines, et, mortel, aux choses mortelles, mais l'homme doit, dans la mesure du possible, »

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