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Une civilisation industrielle n'a-t-elle besoin que de techniciens et doit-elle proscrire toute culture désintéressée ?

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culture

Ajoutons que, si l'ouvrier d'aujourd'hui ne peut plus rien sans l'ingénieur et le technicien, ceux-ci réciproquement ne sauraient se passer, quel que soit le développement pris par les machines, de la main qui exécute. CI. DERNARD l'avait déjà dit : <habile, sans la tête qui la dirige, est un instrument aveugle ; la tête, sans la main qui réalise, reste impuissante. « Les machines ellesmêmes ont besoin d'être surveillées et commandées. Bien mieux, le laboratoire devient souvent une annexe de l'entreprise industrielle : Les industries exploitent les découvertes de la science à un tel point que beaucoup d'usines possèdent leur " laboratoire " : que ce soit un laboratoire proprement dit, une salle de métrologie ou, d'une manière générale, un endroit où les moyens utilisés industriellement proviennent d'applications directes de la science« ...

« que s'accentuer jusqu'à, nos jours par suite des pr.ogrès de la divi­ sion et de !'automatisation du travail (Précis, Ph. II, p. 380; Sc. et M., p. 385). La technique d'autrefois était artisanale : l'ouvrier confectionnait, à peu près à lui seul, la totalité du produit fabriqué ; il pouvait y mettre tout son savoir-faire, toute son intelligence, tout son amour du travail bien fait, parfois tout son cœur. Aujourd'hui, le travail s'est automatisé, surtout dans l'industrie, au point de ne plus comporter qu'un très petit nombre de gestes élémentaires, toujours les mêmes, qui n'exigent plus ni initiative ni intelligence, ni même aptitude particulière. Nous n'avons pas à examiner ici les conséquences morales de ce robotism, comme l'a nommé le psycha­ nalyste Erich FROMM (voir ci-dessous sujets 200 à 204). Mais, du point de vue qui nous occupe, il faut noter que cet état de choses met de plus en plus l'ouvrier dans la dépendance du technicien : cc Le technicien, voyant essentiellement dans l'homme un instrument, s'ingénie à, ce que tout soit pour lui préparé à l'avance, afin qu'il fonc­ tionne le plus rapidement et le plus dficacement >> (G. FRIEDMANN, Le Travail en miettes, p. 237). B. - Le second échelon est représenté par l'ingénieur. C'est un cc scientifique ))' mais un scientifique dont la formation a été tout entière orientée vers les applications pratiques. cc Entre les savants proprement dits et les directeurs effectifs des travaux productifs, écrivait Aug. COMTE dès 1830 (Cours de philos. positive, 2e leçon), il commence à se former de nos jours une classe intermédiaire, celle des ingénieurs, dont la destination spéciale est d'organiser les rela­ tions de la théorie et de la pratique. Sans avoir aucunement en vue le progrès des connaissances scientifiques, elle les considère dans leur état présent pour en déduire les applications industrielles dont elles sont susceptibles. >> Comte ajoute que ces cc doctrines intermédiaires >> entre la théorie et la pratique cc empruntent des secours directs à presque toutes les diverses sciences principales >>. Il est bien vrai que l'ingénieur et le technicien, peut-être plus que le savant, ont besoin de se tenir au contact du réel, toujours plus complexe que l'abstrait (Précis, Ph. II, p. 69-71). Mais on peut dire que, de nos jours, la tâche de l'ingénieur a subi la même spécia­ lisation et la même automatisation que celle de l'ouvrier. Un ingé­ nieur doit aujourd'hui être spécialisé non seulement en physique ou en chimie, mais dans telle branche de la chimie, en électro-méca­ nique, en hydro-électricité, en électronique, etc. Quant à l'auto­ matisation, elle résulte de l'utilisation, sur une échelle de plus en plus large, des machines à calculer et même, comme on dit, cc à penser))' en un mot : de la cybernétique. D'où parfois, chez l'ingé- »

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