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Y a-t-il contradiction entre être libre et être soumis aux lois ?

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COMTE). 5. - Loi naturelle : a) Prescription du droit naturel. b) Loi de la nature. CONTRADICTION: (1) Fait de soutenir en même temps une chose et son contraire. (2) En logique, incompatibilité entre deux propositions qui s'excluent mutuellement (exemple : « il pleut » et « il ne pleut pas »). (3) Principe de non-contradiction (parfois appelé principe de contradiction) : en logique, principe selon lequel il est impossible que le même attribut appartienne et n'appartienne pas en même temps au même sujet.IntroductionLorsqu'on se demande s'il y a contradiction entre être libre et être soumis aux lois, « être soumis aux lois » peut s'entendre de deux façons : 1) être soumis aux lois de la nature, aux lois scientifiques; 2) être soumis aux lois politico-juridiques et morales. Comme le mot loi n'a pas le même sens dans les deux cas, il faudra distinguer les deux problématiques. Par ailleurs, il y a contradiction lorsque la même thèse est à la fois affirmée et niée.

« Liberté, lois morales et politiques Liberté naturelle et liberté civile La philosophie politique classique oppose l'état de nature à l'état civil. Elle conçoit la Cité comme l'unité que doivent constituer desvolontés individuelles d'abord séparées, voire conflictuelles, par l'intermédiaire d'un contrat. En conséquence, on comprend que la liberténaturelle des individus soit en totale contradiction avec la soumission à des lois politiques. L'homme qui a « un droit illimité à tout ce quile tente et qu'il peut atteindre » (Rousseau, Du contrat social, I, 8)ne peut se soumettre à une loi commune sans perdre ce droit. Le désir naturel de puissance, qui caractérise l'homme naturel selonHobbes, ne pourrait se réaliser dans le cadre d'une Cité.Mais libre de toute soumission aux lois politiques, l'individu naturel est soumis aux lois de l'état de nature. Selon Rousseau, l'hommenaturel est comme un animal qui obéit à l'« impulsion du seul appétit », et cette obéissance est « esclavage » (ibid.) ; seule la vie socialedéveloppe l'intelligence et la maîtrise de soi. Selon Hobbes, le désir naturel de puissance engendre un état de guerre de tous contre tous,qui menace jusqu'à l'existence de chacun.C'est pourquoi la soumission volontaire aux lois politiques, loin de contredire une authentique liberté humaine, en est la conditionnécessaire. Hobbes pose qu'en renonçant à sa liberté naturelle l'individu acquiert le droit de faire ce que n'interdisent pas les loisproclamées par un Souverain absolu, garant de la paix civile. Rousseau, lui, estime que, limitée par la volonté générale, la volontéindividuelle est cependant libre, qui a l'intelligence de vouloir le bien commun que veulent tous les citoyens.Ces théoriciens, cependant, parlent des lois telles qu'elles devraient être, non de celles qui existent. Sur ce dernier plan, comments'articulent loi et liberté? « L'Esprit des lois » On a dit que Montesquieu était le fondateur de la science politique. Il s'oppose en effet à l'idéalisme des théoriciens qui, commeRousseau, veulent « savoir ce qui doit être pour bien juger de ce qui est » (Émile, V). Son projet, Montesquieu le formule ainsi: « Je netraite point des lois, mais de l'esprit des lois, [...] et cet esprit consiste dans les divers rapports que les lois peuvent avoir avec diverseschoses » (De l'esprit des lois, I, 3).Montesquieu s'efforce donc de décrire les conditions qui expliquent l'existence de tel État concret, dans tel pays, sa constitution politique,ses lois juridiques, la morale qui en caractérise le fonctionnement. Le climat, la dimension du terrain, sa nature, etc., forment un « espritgénéral » (les moeurs, les manières de penser et d'agir) qui, à leur tour, s'expriment dans les lois. « Ce sont les différents besoins dansles différents climats qui ont formé les différentes manières de vivre ; et ces différentes manières de vivre ont formé les diverses sortesde lois » (XIV, 10).En prolongeant cette approche, ne pourrait-on pas dire que les lois politico-juridiques, comme les lois morales, ne sont pas les conditionsextérieures de la liberté d'individus abstraits, mais qu'elles en expriment la réalité concrète? La liberté, substance des lois de l'État Lecteur de Montesquieu, Hegel tire ces conséquences : « Le système du droit est l'empire de la liberté réalisée » (Principes, introd. 4).Autrement dit, le sujet de la locution « être libre » n'est qu'en apparence l'individu particulier ; plus profondément, c'est l'État et ses lois.L'histoire universelle est la réalisation de cette liberté, à travers les États qui se sont succédé, en particulier à travers l'État oriental, où « laliberté n'est que caprice » du « despote », puis à travers les lois des Cités antiques, qui découvrent que « quelques-uns sont libres, nonl'homme en tant que tel », enfin à travers l'État moderne, qui affirme et réalise progressivement la liberté de tous les hommes (Cf. LaRaison dans l'Histoire).La soumission aux lois de l'État n'apparaîtrait donc comme contradictoire avec la liberté, qu'à des penseurs superficiels, incapablesd'accéder à la rationalité plus riche que les lois juridiques et morales d'un peuple expriment et incarnent. «Le droit, l'ordre éthique, l'État,constituent la seule réalité positive et la seule satisfaction de la liberté. La seule liberté qui se trouve réellement brimée est l'arbitraire quine concerne d'ailleurs que la particularité des besoins » (Ibid., 10-18, pp. 135-136). La philosophie de Hegel, selon son expression, n'apas « la prétention d'enseigner comment doit être le monde » (Principes, préface). Elle énonce simplement la rationalité de ce qui fut. Del'avenir, elle ne pouvait rien nous dire que de très général : il devait être encore progrès dans la liberté, mais imprévisible. Peut-on direqu'il l'a été ? Les lois de la Cité sont-elles réellement ce par quoi l'être humain accomplit sa liberté ? Au-delà des lois de l'État Ce procès fait à un Etat haïssable en soi, tyrannique par nature, commence dans la pensée moderne avec La Boétie et son « Discours sur la servitude volontaire » (1553), c'est-à-dire qu'il commence avec la naissance de l'Etat moderne. Mais c'est surtout au XIX siècle, avec la structuration administrative et politique des Etats-nations, que l'acte d'accusation se fait entendre. « L'Etat est le plus froid des monstres froids », s'exclame Nietzsche , la grande machine à détruire la vie et la création (« Ainsi parlait Zarathoustra », « De la nouvelle idole »). L'Etat, c'est le mal, l'essence même de l'oppression; « il n'a , écrit M. Stirner , toujours qu'un but : borner, lier, subordonner l'individu, l'assujettir à la chose générale » in « L'Unique et sa propriété »). Haine de l'Etat également pour l'anarchisme « fédéraliste » de Proudhon ou « sociétaire » de Bakounine , fondé sur un socialisme dont l'organisation « horizontale » récuse la « verticalité » de l'autorité étatique, oppose le pseudo-ordre qu'elle engendre à l'ordre humain véritable et fait de l'abolition de l'Etat le premier contenu duprogramme révolutionnaire. Rien de plus éloignés les uns des autres que ces penseurs la diatribe anti-étatique de Nietzsche est liée à son horreur du socialisme, Bakounine est adhérent de la Première Internationale. Il n'en est que plus significatif de voir se rejoindre, sinon dans la fin, du moins dans l'argumentation, leur critique de l'Etat, adossée pour chacun, y compris par Bakounine dénonçant la «fiction » de l'intérêt collectif, à une valorisation de l'individu. La devise de l'anti-étatisme pourrait bien être: « l'individu contre l'Etat ». L'anarchisme, à travers sa critique virulente de l'État revendique une liberté individuelle qu'aucune loi ne protégera jamais: « La liberté nepeut et ne doit se défendre que par la liberté; et c'est un contresens dangereux que de vouloir y porter atteinte sous le prétexte spécieuxde la protéger » (Bakounine, in L'Anarchisme, de Daniel Guérin, Idées, p. 37). Mais à Bakounine aussi on doit la formule : « La libertéd'autrui étend la mienne à l'infini. » C'est pourquoi il n'est pas impossible que la pensée anarchiste s'appuie, implicitement au moins, surune conception de la loi éthique, pour articuler sa double exigence de liberté et de solidarité communautaire. Dans une autre perspective,la pensée marxiste critique les lois de l'État, hégélien ou non: sous l'apparente universalité du droit se dissimulent les intérêts d'uneclasse dominante. Si les lois ont cependant pu assurer certaines libertés réelles au cours de l'histoire, l'hypothèse d'un dépérissement del'État dans une société sans classe semble poser l'éventualité d'une liberté qui ne serait plus soumission à des lois juridiques oupolitiques. Mais pourrait-elle vraiment faire l'économie de toute règle éthique, alors que la possibilité d'une disparition de la loi juridiquepose déjà problème ? Conclusion L'expression : être soumis aux lois morales ou politiques risque de faire oublier que celles-ci ne tombent pas du ciel, que l'homme en estaussi l'auteur, qu'il peut donc s'interroger sur leur valeur, travailler à les modifier, voire les renverser. Si ces pouvoirs manifestent saliberté, celle-ci peut encore s'exprimer dans ses lois. Sur ce plan comme sur le plan des lois politiques, il convient donc de surmonterl'apparente contradiction de la liberté et de la loi. »

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