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AUTRES SUJETS COMMENTÉS

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AUTRES SUJETS COMMENTÉS

1

Le dictionnaire Robert définit ainsi la poésie :

cc Art du langage généralement associé à la versification,

visant à exprimer ou à suggérer

quelque chose au moyen de combinaisons verbales

où le rythme, l'harmonie et l'image ont

autant et parfois plus d'importance que le

contenu intelligible lui-même."

En vous appuyant sur des exemples précis, analysez

cette définition et discutez-la éventuellement.

..... Cette bonne définition s'appuie sur l'opposition déjà

rencontrée entre la fonction référentielle du langage et sa

fonction poétique. Des éléments sur cette distinction dans

l'introduction de ce chapitre. Voir aussi ~ sur ce qu'a de

spécifique l'action du texte poétique sur Je lecteur.

Quelques éléments dans @QI sur l'opposition entre la prose

journalistique et la prose poétique.

Il serait possible de traiter ce sujet dans une perspective historique.

On verrait comment la poésie s'égare au

xvme siècle (accordant trop de place au référentiel et se

contentant de procédés usés) et comment (enfin Mallarmé

vint ... ) elle découvre son essence au XIXe siècle pour

déboucher au xxe siècle dans l'impasse de la poésie pure.

Mais il serait possible de procéder tout autrement. Vous

pourriez simplement, à partir de quelques textes conservés

en mémoire, montrer la fonction poétique à l'oeuvre: c'està-

dire montrer comment en recourant aux effets produits par

le rythme, les sonorités, l'agencement des éléments, le

recours aux multiples figures de style disponibles (y compris

leur détournement), le poète réussit à nous toucher en

profondeur.

II

Un romancier à qui l'on demandait pourquoi il

n'écrivait pas de la poésie, répondit : "Parce

que je déteste parler de moi-même."

Une distinction entre poésie et roman que cette

déclaration semble établir vous paraît-elle justifiée

? Vous appuierez votre argumentation sur des

exemples tirés de vos lectures personnelles.

..... Deux solutions s'offrent : approuver l'opposition entre

roman et poésie telle que la met en place le romancier interrogé

ou la contester.

L'opinion du romancier semble reposer sur des définitions

du roman et de la poésie qui datent : le roman à la Balzac ou

à la Zola qui peint le monde extérieur, la poésie romantique

centrée sur le moi. Le développement pourrait montrer que

les choses ont bien changé. Depuis Proust, le roman reste

souvent proche de l'autobiographie, même chez les écrivains

qui s'en défendent: voir sur ce point~. La poésie, de

son côté, se tourne parfois vers les objets, par exemple chez

Ponge. En fait, l'écart entre roman et poésie tend à se

réduire: voir fin de @TI.

Il serait aussi possible de s'arrêter assez longuement sur

l'expression «parler de moi-même«. Il est en effet possible

de comprendre l'expression de différentes manières. L'auteur

peut parler sans voiles de lui-même (autobiographie,

poésie lyrique) ou indirectement (au travers de personnages

ou de transpositions). Il parle aussi de lui-même, sans avoir

l'intention de le faire, par le biais de son style. Pensons à la

formule de Buffon: «Le style est l'homme même.« En fait,

qu'il le veuille ou non, l'artiste exprime son moi, la richesse

ou la pauvreté de ce moi. Musil s'amuse de cet égocentrisme

de I 'écrivain : «Beaucoup parler de soi passe pour

bête. L'humanité a trouvé une manière originale de tourner

cet interdit : l 'écrivain ! «

III

Le poète et critique contemporain Yves Peres

écrit : cc Un poète, en un sens, est un homme qui

garde toujours le don de s'étonner ... Il nous

aide à comprendre le monde en aiguisant nos

sens, en nous rendant plus sensibles devant la

vie.11

En vous référant à votre expérience des textes

poétiques, vous apprécierez ce propos.

..... On dit la même chose du philosophe : il s'étonne de ce

qui va de soi pour ses contemporains. L'essentiel de la philosophie

repose sur cette éternelle remise en cause de la

doxa (l'opinion commune). En est-il de même en ce qui est

du poète, non plus pour des idées mais à propos du rapport

au monde?

Il est possible de s'appuyer sur ~- Le poète comme le

peintre nous aident à voir la beauté du monde. Il est possible

de travailler sur l'idée d'un incessant renouvellement propre

à l'art. Le poète crée des formes qui trouvent un écho chez

ses contemporains. Mais ces formes nouvelles copiées, utilisées

à l'excès, parfois moquées finissent par s'user et perdent

leur pouvoir. D'autres artistes viennent qui s'étonnent

en ce sens qu'il apportent une nouvelle fraîcheur.

Avec «Ils nous aident à comprendre le monde en aiguisant

nos sens ... «, nous recoupons une problématique déjà rencontrée

avec le roman. Pour tout dire, ce qui est exprimé

pour la poésie ici vaut pour tous les arts. L'art est toujours

une rupture d'évidence. Il empêche ce faisant les sociétés

humaines de devenir, selon le mot de Valéry, de «parfaites

et définitives fourmilières«.

IV

cc A mes yeux, détient une parcelle de poésie

tout être capable d'évoquer spontanément les

sentiers d'une forêt verdoyante devant un feu

de bois ... N'est donc pas étranger à la poésie

celui qui, même placé à ras de terre, découvre à

toute chose son aspect céleste, en opposition à

celui qui, de la femme ne retient que le sexe, et

du feu de bois que son prix de revient. ,.

En prenant appui sur des poèmes précis, vous

direz comment vous comprenez ce propos du

poète Benjamin Péret (1899-1959) et vous l'apprécierez

.

.... Par certains côtés, ce sujet pourrait être rapproché du

sujet précédent. Est poète celui qui ne reste pas englué dans

le réel, qui est capable d'un étonnement, d'un dépassement.

D'ailleurs, dire de quelqu'un qu'il est un peu «prosaïque«,

c'est exprimer Je sentiment qu'il vit sans élévation, à la

limite du végétatif ou de l'animal.

Mais Benjamin Péret remet surtout en cause l'opposition

qu'on établit d'ordinaire entre la littérature et la vie. La Poésie

n'est pas seulement dans les textes; elle est également

dans le regard de ceux qui savent considérer la réalité autrement

que sous son jour le plus trivial.

Comme chez les autres surréalistes - et notamment Breton -

s'exprime l'idée que la poésie n'est pas le monopole des

écrivains mais qu'elle est le bien commun de tous les êtres,

et même de ceux qui, ne laissant derrière eux aucune oeuvre,

auront su jouir de la beauté du monde.

V

Jean-Paul Sartre écrit: cc J'enrage de n'être pas

poète, d'être si lourdement rivé à la prose. Je

voudrais pouvoir créer de ces objets étincelants

et absurdes, les poèmes, pareils à un

navire dans une bouteille et qui sont comme

l'éternité d'un instant."

(Carnets de la drôle de guerre)

En vous appuyant sur des exemples précis, vous

vous interrogerez sur la signification et la portée de

cette définition de la poésie .

.... Avant le développement proprement dit, il sera bon de

prendre quelques précautions. L'opposition poésie-prose

recoupe l'opposition fonction référentielle-fonction poétique

et non l'opposition vers-prose. Sur cette opposition

entre deux fonctions radicalement opposées du langage, de

bons éléments dans Qu 'est-ce que la littérature? (Gallimard-

Folio) de Sartre.

On pourra recourir à tout ce qui a déjà été dit sur la fonction

poétique. Pourtant, la définition de Sartre permet d'aller

plus loin. Sa définition contient l'idée que le poème s'écarte

de l'exposé rationnel («objet étincelant et absurde«). Mais

l'image du bateau dans la bouteille et l'oxymore(« l'éternité

d'un instant«) semblent aussi attirer l'attentiQn sur le

caractère concentré du texte poétique. Vigny allait dans le

même sens quand il parlait de la poésie comme de la «perle

de la pensée« (idée de densité et d'éclat). Le texte poétique

est «chargé« comme on dit d'un masque africain qu'il est

«chargé« (réceptacle de forces qui peuvent agir sur des

tiers).

VI

Dans sa Défense et illustration de la langue

française, le poète Joachim du Bellay a écrit :

cc Sache lecteur que celui-là sera vraiment le

poète que je cherche en notre langue, qui me

fera indigner, apaiser, éjouir, douloir (souffrir),

aimer, haïr, admirer, étonner, bref qui tiendra la

bride de mes affections (sentiments), me tournant

çà et là à son plaisir.«

Selon vous, est-ce là définir la fonction du poète?

Vous appuierez votre argumentation sur des

exemples précis en vous interdisant de rédiger une

histoire du genre poétique .

..... Celui qui propose ce sujet a l'expérience des corrections.

En conséquence, comme nous ne cessons de le faire,

il met les candidats en garde contre les dangers de la récitation

d'un cours.

Le sujet porte sur les rapports entre l'émotion et la poésie.

Vous trouverez donc de nombreux éléments en~-

Le texte porte sur l'émotion ressentie par le lecteur et fruit

d'une action concertée de l'auteur («me tournant çà et là à

son plaisir«). Mais la problématique peut-être explicitée

ainsi:

- le but de la poésie est d'émouvoir le lecteur;

- quelle est la nature de cette émotion? ;

- quels sont les procédés permettant de provoquer cette

émotion?;

- pour que son poème provoque l'émotion du lecteur, le

poète doit-il lui-même être en proie à l'émotion?

Ces divers points ayant été plus ou moins abordés, il est

possible d'aller assez vite. Oui, le rôle de la poésie, comme

l'art en général, est bien de nous émouvoir. Il existe différentes

formes d'émotion depuis celle produite par des

moyens un peu rudimentaires (le pathétique du mélodrame

par exemple) jusqu'à la joie esthétique qui confine à

l'extase.

Les procédés sont tous ceux propres à la fonction poétique

et donc toutes les possibilités de la langue autres que l'aptitude

à transmettre une information. Oui, il semble bien que

l'émotion soit nécessaire au moment de la création même si

elle n'est pas suffisante: sur ce point voir~- Penser aussi à

Valéry qui disait que l'inspiration donne le premier vers

mais que seul le travail permet de faire les autres.

Musset affirmait avec force cette nécessité de l'émotion:

« Tous les raisonnements du monde ne pourront faire sortir

du gosier du merle la chanson du sansonnet. Ce qu'il faut à

l'artiste ou au poète, c'est l'émotion.«

VII

Lamartine définit la poésie comme cc la langue

complète, la langue par excellence, qui saisit

l'homme par son humanité tout entière, idée

pour l'esprit, sentiment pour l'âme, image pour

l'imagination, et musique pour l'oreille«.

Cette définition rejoint-elle votre conception personnelle

de la poésie ? Vous fonderez votre analyse

sur des exemples précis .

..... L'expression «idée pour l'esprit« montre que Lamartine

n'écarte pas la fonction référentielle. Mais la langue

poétique est plus complète que la langue de la spéculation

parce qu'elle ne concerne pas seulement les facultés intellectuelles;

elle touche l'homme dans sa totalité. Outre

l'intellect, elle se rapporte à l'aspect affectif(« sentiment«),

à la dimension extra-rationnelle de l'individu («imagination

«) et à son corps («musique«).

Il est évidemment possible de prendre des exemples postérieurs

au romantisme. Ainsi les surréalistes pensent que la

rationalité et l'imprégnation idéologique qui nous sclérose

s'opposent à l'émergence des trésors de l'inconscient (qui

se manifestent dans le rêve ou grâce à l'écriture automatique).

Sur cette idée d'une langue plus dense, plus suggestive et

qui nous touche plus en profondeur, voir évidemment ~ et

partiellement @21.

VIII

Dans une conférence donnée en 1947, et qui ne

manqua pas de provoquer un beau scandale,

!'écrivain polonais Witold Gombrowicz affirmait:

cc... J'avoue que les vers me déplaisent et

même qu'ils m'ennuient un peu. Non que je sois

ignorant des choses de l'art et que la sensibilité

poétique me fasse défaut. Lorsque la poésie

apparaît mêlée à d'autres éléments, plus crus,

plus prosaïques, comme dans les drames de

Shakespeare, les livres de Dostoïevski, de Pascal,

ou tout simplement dans le crépuscule

quotidien, je frissonne comme n'importe quel

mortel. Ce que ma nature supporte difficilement,

c'est l'extrait pharmaceutique et épuré

qu'on appelle "poésie pure", surtout lorsqu'elle

est en vers. Leur chant monotone me fatigue, le

rythme et la rime m'endorment, une certaine

"pauvreté dans la noblesse" m'étonne (roses,

amour, nuits, lis) et je soupçonne parfois tout

ce mode d'expression et tout le groupe qui l'utilise

d'avoir quelque part un défaut.,,

En prenant appui sur des oeuvres que vous

connaissez bien, vous direz si vous partagez ou

non l'attitude de Gombrowicz à l'égard de la poésie.

Tout d'abord un bon conseil. Même si vous êtes tenté de le

faire, n'abondez pas dans le sens de l'auteur. Vous êtes libre

de défendre n'importe quelle thèse, à condition que ce ne

soit pas celle qui a toutes les chances de déplaire au correcteur.

De temps à autre, les candidats sont invités à réfléchir sur

l'opposition entre versificateur et poète. Le versificateur est

celui qui connaît parfaitement les règles de la versification

mais dont le talent s'arrête là. Le poète peut lui aussi

connaître parfaitement ces règles. Mais le sujet invite à

réfléchir sur ce que le poète apporte en plus. Le premier

fabrique, le second crée (ce qui implique une part d'invention).

Cette opposition peut être utile ici.

La remise en cause des affirmations de Gombrowicz peut

prendre en compte les éléments suivants :

- Il limite la poésie aux textes versifiés alors que l'on

sait l'importance qu'a prise la prose poétique aujourd'hui.

- Il s'attache assez partialement à des clichés (rose, lis)

un peu surannés.

- L'importance n'est pas dans le thème mais dans la

façon dont il est traité; ainsi le thème de l '«amour«, qui en

vaut bien un autre, peut être renouvelé chaque fois.

- On peut réfléchir, comme cela a été fait plus haut, sur

les limites de la «poésie pure« (d'où le sujet, le référentiel

a disparu). Mais il est certain que la poésie a gagné à ne plus

être un discours orné.

- Est-il vraiment utile de décrier ce que l'on n'aime pas

et connaît mal? Baudelaire avait sans doute raison de dire

que la seule critique acceptable était la critique d'admiration.

IX

Dans son discours du prix Nobel, le poète

Saint-John Perse remarquait: cc La poésie n'est

pas souvent à l'honneur. C'est que la dissociation

semble s'accroître entre l'oeuvre poétique

et l'activité d'une société soumise aux servitudes

matérielles.,,

En vous appuyant sur les textes des poètes que

vous connaissez, vous direz si vous ressentez ce

divorce entre la poésie et le monde contemporain.

.... Saint-John Perse perçoit le déclin de la poésie comme

une conséquence de l'évolution du monde moderne vers la

rentabilité, la priorité accordée aux préoccupations matérielles.

Observons tout d'abord que son succès pourrait être

expliqué par les mêmes raisons. Quand un monde devient

prosaïque et dénué d'élévation, le besoin de poésie peut s'en

trouver renforcé.

Ce besoin de «poésie« s'est peut-être simplement déplacé

vers d'autres domaines comme la musique ou la peinture.

Le succès des grandes expositions ne s'explique sans doute

pas par le seul snobisme.

Ce déplacement s'explique peut-être par le caractère élitiste

et ésotérique d'une grande partie de la production poétique

contemporaine. Quand un poète trouve une voix accordée

au public, il trouve un écho. A preuve, le recueil Paroles de

Jacques Prévert qui s'est vendu à un million d'exemplaires.

On pourrait montrer au passage que le monde moderne des

machines a inspiré les poètes : les futuristes, Cendrars,

Whitman et d'autres.

Un retour en arrière pourrait montrer que l'opposition entre

la priorité accordée aux préoccupations matérielles et l'élévation,

le désintéressement de la création poétique ne date

pas d'aujourd'hui. Joachim du Bellay se plaignait déjà du

mépris où était tenu le poète et, tout au long du XIXe siècle,

l'artiste s'oppose au bourgeois.

Ici comme ailleurs, faites part de vos réactions personnelles.

Mais si vous avez le sentiment que la poésie (des poètes) est

à ranger au rayon des vieilleries, choisissez un autre sujet.

Votre correcteur griffonne peut-être des poèmes où réside à

ses yeux toute la quintessence du monde. Cela le console

d'être mal payé. Ne donnez pas des verges pour vous faire

battre.

«A mes yeux, détient une parcelle de poésie tout être capable d'évoquer spontanément les sentiers d'une forêt verdoyante devant un feu de bois... N'est donc pas étranger à la poésie celui qui, même placé à ras de terre, découvre à toute chose son aspect céleste, en opposition à celui qui, de la femme ne retient que le sexe, et du feu de bois que son prix de revient. «

En prenant appui sur des poèmes précis, vous direz comment vous comprenez ce propos du poète Benjamin Péret (1899-1959) et vous l'appré­cierez.

 

Par certains côtés, ce sujet pourrait être rapproché du sujet précédent. Est poète celui qui ne reste pas englué dans le réel, qui est capable d'un étonnement, d'un dépassement. D'ailleurs, dire de quelqu'un qu'il est un peu «prosaïque «, c'est exprimer le sentiment qu'il vit sans élévation, à la limite du végétatif ou de l'animal.

« Autres sujets commentés I 261 II Un romancier à qui l'on demandait pourquoi il n'écrivait pas de la poésie, répondit : "Parce que je déteste parler de moi-même." Une distinction entre poésie et roman que cette déclaration semble établir vous paraît-elle justi­ fiée ? Vous appuierez votre argumentation sur des exemples tirés de vos lectures personnelles. ..... Deux solutions s'offrent : approuver l'opposition entre roman et poésie telle que la met en place le romancier inter­ rogé ou la contester. L'opinion du romancier semble reposer sur des définitions du roman et de la poésie qui datent : le roman à la Balzac ou à la Zola qui peint le monde extérieur, la poésie romantique centrée sur le moi. Le développement pourrait montrer que les choses ont bien changé. Depuis Proust, le roman reste souvent proche de l'autobiographie, même chez les écri­ vains qui s'en défendent: voir sur ce point~. La poésie, de son côté, se tourne parfois vers les objets, par exemple chez Ponge. En fait, l'écart entre roman et poésie tend à se réduire: voir fin de @TI. Il serait aussi possible de s'arrêter assez longuement sur l'expression «parler de moi-même». Il est en effet possible de comprendre l'expression de différentes manières. L'au­ teur peut parler sans voiles de lui-même (autobiographie, poésie lyrique) ou indirectement (au travers de personnages ou de transpositions). Il parle aussi de lui-même, sans avoir l'intention de le faire, par le biais de son style. Pensons à la formule de Buffon: «Le style est l'homme même.» En fait, qu'il le veuille ou non, l'artiste exprime son moi, la richesse ou la pauvreté de ce moi. Musil s'amuse de cet égocen­ trisme de I 'écrivain : «Beaucoup parler de soi passe pour bête. L'humanité a trouvé une manière originale de tourner cet interdit : l 'écrivain ! » »

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