Devoir de Philosophie

Le mot "juste" dans l'oeuvre de DESCARTES

Extrait du document

descartes

 

Règles pour la direction de l'esprit, Règle douzième.

Reste donc la seule déduction par laquelle nous puissions composer des notions de la justesse desquelles nous soyons sûrs ;

  DISCOURS DE LA METHODE, Première partie.

 que la jurisprudence, la médecine et les autres sciences apportent des honneurs et des richesses à ceux qui les cultivent et enfin qu'il est bon de les avoir toutes examinées, même les plus superstitieuses et les plus fausses, afin de connaître leur juste valeur et se garder d'en être trompé.

  LA DIOPTRIQUE, DISCOURS DIXIEME, DE LA FACON DE TAILLER LES VERRES.

 Puis je voudrais qu'on fît des verres concaves de diverses figures en les creusant toujours de plus en plus jusques à ce qu'on eût trouvé par expérience la juste figure de celui qui rendrait cette lunette la plus parfaite qu'il soit possible et la mieux proportionnée à l'oeil qui aurait à s'en servir.

  LES METEORES, DISCOURS HUITIEME, DE L'ARC-EN-CIEL.

 Mais, afin que ceux qui savent les mathématiques puissent connaître si le calcul que j'ai fait de ces rayons est assez juste, il faut ici que je l'explique.

  MEDITATIONS METAPHYSIQUES, Méditation Seconde.

 mon esprit est un vagabond qui se plaît à m'égarer, et qui ne saurait encore souffrir qu'on le retienne dans les justes bornes de la vérité.

  MEDITATIONS METAPHYSIQUES, REPONSES DE L'AUTEUR AUX PREMIERES OBJECTIONS.

 De même je ne puis pas concevoir la justice sans un juste, ou la miséricorde sans un miséricordieux ;

 et on ne peut pas feindre que celui-là même qui est juste, ne puisse pas être miséricordieux.

  MEDITATIONS METAPHYSIQUES, REPONSES DE L'AUTEUR AUX SECONDES OBJECTIONS.

 Ce qui m'a semblé une cause assez juste pour ne point traiter d'autre matière en la seconde Méditation.

  MEDITATIONS METAPHYSIQUES, TROISIÈMES OBJECTIONS, OBJECTION 1rere SUR LA MEDITATION PREMIÈRE.

 C'est pourquoi si, sans nous aider d'aucun autre raisonnement, nous suivons seulement le témoignage de nos sens, nous aurons juste sujet de douter si quelque chose existe ou non.

  MEDITATIONS METAPHYSIQUES, TROISIÈMES OBJECTIONS, OBJECTION TROISIEME.

 et par une juste analogie, la promenade, ou du moins la faculté de se promener, se promènera :

  MEDITATIONS METAPHYSIQUES, TROISIÈMES OBJECTIONS, OBJECTION IVème, REPONSE.

 Et certes, de la même façon et avec une aussi juste raison qu'il conclut que l'esprit est un mouvement, il pourrait aussi conclure que la terre est le ciel, ou telle autre chose qu'il lui plaira ;

  MEDITATIONS METAPHYSIQUES, RÉPONSES AUX CINQUIEMES OBJECTIONS, DES CHOSES QUI ONT ÉTÉ OBJECTÉES CONTRE LA QUATRIEME MÉDITATION.

, il est juste d'admirer la main de Dieu qui les a faites, et de connaître et glorifier l'ouvrier par l'inspection de ses ouvrages, mais non pas de deviner pour quelle fin il a créé chaque chose, Et quoiqu'en matière de morale, où il est souvent permis d'user de conjectures, ce soit quelquefois une chose pieuse de considérer quelle fin nous pouvons conjecturer que Dieu s'est proposée au gouvernement de l'univers, certainement en physique, où toutes choses doivent être appuyées de solides raisons, cela serait inepte.

  LES PRINCIPES DE LA PHILOSOPHIE, LETTRE DE L'AUTEUR A CELUI QUI A TRADUIT LE LIVRE, LAQUELLE PEUT SERVIR ICI DE PREFACE.

 Et, afin qu'ils entreprennent cela plus aisément, j'aurais pu leur dire que ceux qui sont imbus de mes opinions ont beaucoup moins de peine à entendre les écrits des autres et à en connaître la juste valeur que ceux qui n'en sont point imbus :

  LES PRINCIPES DE LA PHILOSOPHIE, A LA SERENISSIME PRINCESSE ELISABETH.

 et par cela seul il est juste, courageux, modéré, et a toutes les autres vertus, mais tellement jointes ensemble qu'il n'y en a aucune qui paraisse plus que les autres :

 ce qui fait que j'ai une très juste raison de l'estimer incomparable.

  LES PRINCIPES DE LA PHILOSOPHIE, PREMIERE PARTIE, Art. 13.

 mais, comme elle ne saurait y penser toujours avec tant d'attention, lorsqu'il arrive qu'elle se souvient de quelque conclusion sans prendre garde à l'ordre dont elle peut être démontrée, et que cependant elle pense que l'auteur de son être aurait pu la créer de telle nature qu'elle se méprît en tout ce qui lui semble très évident, elle voit bien qu'elle a un juste sujet de se défier de la vérité de tout ce qu'elle n'aperçoit pas distinctement, et qu'elle ne saurait avoir aucune science certaine jusques à ce qu'elle ait connu celui qui l'a créée.

  LES PRINCIPES DE LA PHILOSOPHIE, QUATRIEME PARTIE, Art. 142.

 ou enfin, s'il est si violent qu'il trouble leur juste situation, elles ne composent pas de l'acier, mais seulement du fer commun.

  LES PASSIONS DE L'AME, LETTRE Ire A MONSIEUR DESCARTES.

 et même que vous n'avez pas sans doute laissé d'en trouver une grande partie, mais qu'une juste indignation contre l'ingratitude des hommes vous a empêché de leur faire part de vos inventions.

  LES PASSIONS DE L'AME, SECONDE PARTIE, ARTICLE 138.

 C'est pourquoi nous devons nous servir de l'expérience et de la raison pour distinguer le bien d'avec le mal et connaître leur juste valeur, afin de ne prendre pas l'un pour l'autre, et de ne nous porter à rien avec excès.

  LES PASSIONS DE L'AME, SECONDE PARTIE, ARTICLE 142.

 Car, lorsque la haine est juste, elle ne nous éloigne que du sujet qui contient le mal dont il est bon d'être séparé, au lieu que l'amour qui est injuste nous joint à des choses qui peuvent nuire, ou du moins qui ne méritent pas d'être ‘tant considérées par nous qu'elles sont, ce qui nous avilit et nous abaisse.

  LES PASSIONS DE L'AME, SECONDE PARTIE, ARTICLE 143.

 Car, en tant qu'elles excitent en nous le désir, par l'entremise duquel elles règlent nos moeurs, il est certain que toutes celles dont la cause est fausse peuvent nuire, et qu'au contraire toutes celles dont la cause est juste peuvent servir, et même que, lorsqu'elles sont également mal fondées, la joie est ordinairement plus nuisible que la tristesse, parce que celle-ci, donnant de la retenue et de la crainte, dispose en quelque façon à la prudence, au lieu que l'autre rend inconsidérés et téméraires ceux qui s'abandonnent à elle.

  LES PASSIONS DE L'AME, TROISIEME PARTIE, ARTICLE 152.

 Je ne remarque en nous qu'une seule chose qui nous puisse donner juste raison de nous estimer, à savoir l'usage de notre libre arbitre, et l'empire que nous avons sur nos volontés.

  LES PASSIONS DE L'AME, TROISIEME PARTIE, ARTICLE 160.

 Toutefois je ne vois point de raison qui empêche que le même mouvement des esprits qui sert à fortifier une pensée lorsqu'elle a un fondement qui est mauvais, ne la puisse aussi fortifier lorsqu'elle en a un qui est juste ;

  LES PASSIONS DE L'AME, TROISIEME PARTIE, ARTICLE 161.

 Ainsi, encore qu'il n'y ait point de vertu à laquelle il semble que la bonne naissance contribue tant qu'à celle qui fait qu'on ne s'estime que selon sa juste valeur, et qu'il soit aisé à croire que toutes les âmes que Dieu met en nos corps ne sont pas également nobles et fortes (ce qui est cause que j'ai nommé cette vertu générosité, suivant l'usage de notre langue, plutôt que magnanimité, suivant l'usage de l'École, où elle n'est pas fort connue), il est certain néanmoins que la bonne institution sert beaucoup pour corriger les défauts de la naissance, et que si on s'occupe souvent à considérer ce que c'est que le libre arbitre, et combien sont grands les avantages qui viennent de ce qu'on a une ferme résolution d'en bien user, comme aussi, d'autre côté, combien sont vains et inutiles tous les soins qui travaillent les ambitieux, on peut exciter en soi la passion et ensuite acquérir la vertu de générosité, laquelle étant comme la clef de toutes les autres vertus, et un remède général contre tous les dérèglements des passions, il me semble que cette considération mérite bien d'être remarquée.

  LES PASSIONS DE L'AME, TROISIEME PARTIE, ARTICLE 168.

Et, parce qu'on doit avoir plus de soin de conserver les biens qui sont fort grands que ceux qui sont moindres, cette passion peut être juste et honnête en quelques occasions.

  LES PASSIONS DE L'AME, TROISIEME PARTIE, ARTICLE 169.

 Au reste, cette passion ne se rapporte qu'aux soupçons et aux défiances, car ce n'est pas proprement être jaloux que de tâcher d'éviter quelque mal lorsqu'on a juste sujet de le craindre.

  LES PASSIONS DE L'AME, TROISIEME PARTIE, ARTICLE 183.

 Mais il y en a peu qui soient si justes et si généreux que de n'avoir point de haine pour ceux qui les préviennent en l'acquisition d'un bien qui n'est pas communicable à plusieurs, et qu'ils avaient désiré pour eux-mêmes, bien que ceux qui l'ont acquis en soient autant ou plus dignes.

  LES PASSIONS DE L'AME, TROISIEME PARTIE, ARTICLE 190.

 Toutefois, lorsque cette cause n'est pas juste, c'est-à-dire lorsque les actions dont on tire beaucoup de satisfaction ne sont pas de grande importance, ou même qu'elles sont vicieuses, elle est ridicule et ne sert qu'à produire un orgueil et une arrogance impertinente.

  Correspondance, année 1630, A Monsieur *** (ISAAC BEECKMAN), 17 octobre 163O.

 Sachez donc qu'il n'y a point de meilleur remède pour purger la bile, dont vous êtes plein, que de considérer avec quelle justesse cet exemple vous convient.

  Correspondance, année 1634, Au R. P. MERSENNE, 10 janvier 1634. (Les éditions contemporaines datent cette lettre d'avril 1634.).

 Car de dire qu'on ne saurait distinguer de l'oreille la différence qui est entre une octave et trois ditons, c'est tout de même que qui dirait que toutes les proportions que les architectes prescrivent, touchant leurs colonnes, sont inutiles, à cause qu'elles ne laissent pas de paraître à l'oeil tout aussi belles, encore qu'il manque quelque millième partie de leur justesse.

  Correspondance, année 1637, AU R. P. MERSENNE, Avril 1637. (Les éditions contemporaines datent cette lette de fin mai 1637.).

 Je prévois que vous lui donnerez encore juste sujet de nous refuser le privilège, parce que vous lui voulez demander plus ample qu'il ne doit être ;

  Correspondance, année 1637, AU R. P. MERSENNE, Fin avril 1637. (Les éditions contemporaines datent cette lettre du début de juin 1637.).

 Que si je me suis plaint de la forme de ce privilège, ce n'a été qu'afin que ceux à qui vous en pourriez parler, ne crussent point que ce fût moi qui l'eusse fait demander en cette sorte, à cause qu'on aurait, ce me semble, eu très juste raison de se moquer de moi, si je l'eusse osé prétendre si avantageux, et qu'il eût été refusé.

  Correspondance, année 1637, AU R. P. MERSENNE. REPONSE AUX OBJECTIONS DE Monsieur DE FERMAT, 3 décembre 1637. (Les éditions contemporaines datent cette lettre du 5 octobre 1637.).

) Mais de quelque qualité que soient les objections qu'on voudra faire contre mes écrits, vous m'obligerez, s'il vous plaît, de me les envoyer toutes, et je ne manquerai pas d'y répondre, au moins si elles ou leurs auteurs en valent tant soit peu la peine, et s'ils trouvent bon que je les fasse imprimer lorsque j'en aurai ramassé pou remplir un juste volume ;

  Correspondance, année 1638, Au R. P. MERSENNE, 8 octobre 1638. (Les éditions contemporaines retiennent comme date le 11 octobre 1638).

Le solide de la roulette est beaucoup plus grand que vous ne mandez, et je crois qu'on en peut trouver la juste grandeur ;

  Correspondance, année 1638, A ***, Faute d'aucune indication, je laisse cette lettre non datée à la place où elle est dans toutes les éditions. Les éditions contemporaines la datent d'Août 1638.

 Tout ce qu'il dit contre les Sciences qui sont en usage, et la façon qu'on tient pour les enseigner, n'est que trop vrai, et ses plaintes ne sont que trop justes.

  Correspondance, année 1638, AU R. P. MERSENNE, 15 décembre 1638.

 ce qui sera beaucoup plus juste que ce qu'on saurait faire d'autre façon.

  Correspondance, année 1640, Au R. P. MERSENNE, 6 août 1640.

 car cette procédure est bien plus honnête et plus juste que celle de N.

  Correspondance, année 1640, A MONSIEUR ***, Sans date. (Les éditions contemporaines datent une partie de cette lettre du 14 novembre 1640).

 C'est pourquoi, puisque nous vivons parmi tant de hasards inévitables, il me semble que la sagesse ne nous défend pas de nous exposer aussi à celui de la guerre, quand une belle et juste occasion nous y oblige, pourvu que ce soit, sans témérité, et que nous ne refusions pas de porter des armes à l'épreuve autant qu'il se peut.

  Correspondance, année 1640, Au R. P. MERSENNE, 6 décembre 1640. (Les éditions contemporaines datent cette lettre de décembre 1640, sans indiquer un jour précis.).

 Et bien qu'il me serait peut-être plus avantageux d'être en guerre ouverte contre eux, et que j'y sois entièrement résolu, s'ils m'en donnent juste sujet, j'aime toutefois beaucoup mieux la paix, pourvu qu'ils s'abstiennent de parler.

  Correspondance, année 1641, A MONSIEUR ***, 10 JANVIER 1641 (Les éditions contemporaines datent cette lettre de mi-janvier 1641.).

 Ainsi je m'assure que vous me sourirez mieux, si je ne m'oppose point à vos larmes, que si j'entreprenais de vous détourner d'un ressentiment que je crois juste.

  Correspondance, année 1641, A Monsieur REGIUS, 11 mai 1641.

, c'est avec juste raison que nous lui donnons à elle seule le nom d'âme.

  Correspondance, année 1642, A UN R. P. DE L'ORATOIRE. DOCTEUR DE SORBONNE, Sans date précise (Les éditions contemporaines datent cette lettre du 19 janvier 1642.).

 mais cela ne m'a pas empêché d'offrir mes Méditations à votre faculté, afin de les faire d'autant mieux examiner, et que, si ceux d'un corps si célèbre ne trouvaient point de justes raisons pour les reprendre, cela me pût assurer des vérités qu'elles contiennent.

  Correspondance, année 1642, A Monsieur REGIUS, 3 janvier 1642 ( Les éditions contemporaines datent cette lettre du janvier 1642.).

 cela redouble l'empressement que j'ai de vous voir pour prendre ensemble là-dessus de justes mesures.

  Correspondance, année 1643, A MADAME ELISABETH PRINCESSE PALATINE, ETC, 18 juin 1643. (Les éditions contemporaines retiennent comme date le 28 juin 1643).

 mais une fâcheuse nouvelle que je viens d'apprendre d'Utrecht, où le magistrat me cite, pour vérifier ce que j'ai écrit d'un de leurs ministres, combien que ce soit un homme qui m'a calomnié très indignement, et que ce que j'ai écrit de lui, pour ma juste défense, ne soit que trop notoire à tout le monde, me contraint de finir ici, pour aller consulter les moyens de me tirer, le plus tôt que je pourra, de ces chicaneries.

  Correspondance, année 1645, A MADAME ÉLISABETH, PRINCESSE PALATINE, etc, 1erer juin 1645 (Les éditions contemporaines datent cette lettre du 1erer septembre 1645.).

 C'est pourquoi le vrai office de la raison est d'examiner la juste valeur de tous les biens dont l'acquisition semble dépendre en quelque façon de notre conduite, afin que nous ne manquions jamais d'employer tous nos soins à tâcher de nous procurer ceux qui sont, en effet, les plus désirables ;

  Correspondance, année 1645, A MADAME ÉLISABETH, PRINCESSE PALATINE, etc, Septembre 1645 (Les éditions contemporaines datent cette lettre du 6 octobre 1645.).

Je me suis quelquefois proposé un doute, savoir, s'il est mieux d'être gai et content en imaginant les biens qu'on possède être plus grands et plus estimables qu'ils ne sont, et ignorant ou ne s'arrêtant pas à considérer ceux qui manquent, que d'avoir plus de considération et de savoir, pour connaître la juste valeur des uns et des autres, et qu'on devienne plus triste.

  Correspondance, année 1646, A MADAME ÉLISABETH, PRINCESSE PALATINE, etc, 15 septembre 1646.

 Mais il y en a aussi plusieurs autres que je ne saurais approuver, et je crois que ce en quoi l'auteur a le plus manqué, est qu'il n'a pas mis assez de distinction entre les princes qui ont acquis un État par des voies justes, et ceux qui l'ont usurpé par des moyens illégitimes ;

 Au lieu que, pour instruire un bon prince, quoique nouvellement entré dans un État, il me semble qu'on lui doit proposer des maximes toutes contraires, et supposer que les moyens dont il s'est servi pour s'établir ont été justes ;

 Mais les plus justes actions deviennent injustes, quand ceux qui les font les pensent telles.

 parce qu'on estime qu'il est juste qu'il préfère l'utilité publique à celle des particuliers.

 Il y a seulement de la difficulté, lorsqu'on est obligé de satisfaire à deux partis qui jugent différemment de ce qui est juste, comme lorsque les empereurs romains avaient à contenter les citoyens et les soldats ;

 Car enfin le peuple souffre tout ce qu'on lui peut persuader être juste, et s'offense de tout ce qu'il imagine d'être injuste ;

  Correspondance, année 1647, A Monsieur CHANUT, 1erer février 1647.

 Ce qui est cause qu'il ne craint plus ni la mort ni les douleurs, ni les disgrâces, parce qu'il sait que rien ne lui peut arriver, que ce que Dieu aura décrété et il aime tellement ce divin décret, il l'estime si juste et si nécessaire, il sait qu'il en doit si entièrement dépendre, que, même lorsqu'il en attend la mort ou quelqu'autre mal, si par impossible il pouvait le changer, il n en aurait pas la volonté.

 car, encore même que leur haine soit juste, ils se représentent si souvent les maux qu'ils reçoivent de leur ennemi, et aussi ceux qu'ils lui souhaitent, que cela les accoutume peu à peu à la malice.

  Correspondance, année 1647, A LA REINE DE SUEDE, 20 novembre 1647.

 mais, parce que je m'assure que votre majesté fait plus d'état de sa vertu que de sa couronne, je ne craindrai point ici de dire qu'il ne me semble pas qu'il y ait rien que cette vertu qu'on ait juste raison de louer.

 mais que, si elle connaissait distinctement leur juste valeur, son contentement serait toujours proportionné à la grandeur du bien dont il procéderait Je remarque aussi que la grandeur d'un bien, à notre égard ne doit pas seulement être mesurée par la valeur de la chose en quoi il consiste, mais principalement aussi par la façon dont il se rapporte à nous ;

  Correspondance, année 1647, A MONSIEUR ***,, 20 décembre 1647.

Sans user aujourd'hui de l'autorité que vous avez sur moi, qui serait capable (si vous me le commandiez) de me faire supprimer des choses que j'aurais estimées les plus justes et les plus raisonnables, je vous prie de ne faire intervenir que votre raison au jugement que je vous demande sur la réponse que j'ai faite à un certain placard, qui contient une vingtaine d'assertions touchant l'âme raisonnable.

  Correspondance, année 1649, REPONSE DE Monsieur DESCARTES A Monsieur MORUS, 5 février 1649.

 Pour votre comparaison, que ce qui est fait ne saurait ne pas l'être, elle n'est point du tout juste.

  Correspondance, année 1649, A MADAME ÉLISABETH, PRINCESSE PALATINE, etc, 4 juin 1649. (Les éditions contemporaines datent cette lettre de juin 1649.).

 Je ne manquerai pas d'en rechercher avec soin les occasions, et ne craindrai point d'écrire ouvertement tout ce que j'aurai fait ou pensé sur ce sujet, à cause que, ne pouvant avoir aucune intention qui soit préjudiciable à ceux pour qui je serai obligé d'avoir du respect, et tenant pour maxime que les voies justes et honnêtes sont les plus utiles et les plus sûres, encore que les lettres que j'écrirai fussent vues, j'espère qu'elles ne pourront être mal interprétées, ni tomber entre les mains de personnes qui soient si injustes, que de trouver mauvais que je m'acquitte de mon devoir et fasse profession ouverte d'être, etc.

 

« MEDITATIONS METAPHYSIQUES, RÉPONSES AUX CINQUIEMES OBJECTIONS, DES CHOSES QUI ONT ÉTÉ OBJECTÉES CONTRE LA QUATRIEME MÉDITATION. , il est juste d'admirer la main de Dieu qui les a faites, et de connaître et glorifier l'ouvrier par l'inspection de ses ouvrages, maisnon pas de deviner pour quelle fin il a créé chaque chose, Et quoiqu'en matière de morale, où il est souvent permis d'user deconjectures, ce soit quelquefois une chose pieuse de considérer quelle fin nous pouvons conjecturer que Dieu s'est proposée augouvernement de l'univers, certainement en physique, où toutes choses doivent être appuyées de solides raisons, cela seraitinepte. LES PRINCIPES DE LA PHILOSOPHIE, LETTRE DE L'AUTEUR A CELUI QUI A TRADUIT LE LIVRE, LAQUELLE PEUT SERVIR ICI DE PREFACE. Et, afin qu'ils entreprennent cela plus aisément, j'aurais pu leur dire que ceux qui sont imbus de mes opinions ont beaucoup moinsde peine à entendre les écrits des autres et à en connaître la juste valeur que ceux qui n'en sont point imbus : LES PRINCIPES DE LA PHILOSOPHIE, A LA SERENISSIME PRINCESSE ELISABETH. et par cela seul il est juste, courageux, modéré, et a toutes les autres vertus, mais tellement jointes ensemble qu'il n'y en a aucunequi paraisse plus que les autres : ce qui fait que j'ai une très juste raison de l'estimer incomparable. LES PRINCIPES DE LA PHILOSOPHIE, PREMIERE PARTIE, Art. 13. mais, comme elle ne saurait y penser toujours avec tant d'attention, lorsqu'il arrive qu'elle se souvient de quelque conclusion sansprendre garde à l'ordre dont elle peut être démontrée, et que cependant elle pense que l'auteur de son être aurait pu la créer detelle nature qu'elle se méprît en tout ce qui lui semble très évident, elle voit bien qu'elle a un juste sujet de se défier de la vérité detout ce qu'elle n'aperçoit pas distinctement, et qu'elle ne saurait avoir aucune science certaine jusques à ce qu'elle ait connu celuiqui l'a créée. LES PRINCIPES DE LA PHILOSOPHIE, QUATRIEME PARTIE, Art. 142. ou enfin, s'il est si violent qu'il trouble leur juste situation, elles ne composent pas de l'acier, mais seulement du fer commun. LES PASSIONS DE L'AME, LETTRE Ire A MONSIEUR DESCARTES. et même que vous n'avez pas sans doute laissé d'en trouver une grande partie, mais qu'une juste indignation contre l'ingratitudedes hommes vous a empêché de leur faire part de vos inventions. LES PASSIONS DE L'AME, SECONDE PARTIE, ARTICLE 138. C'est pourquoi nous devons nous servir de l'expérience et de la raison pour distinguer le bien d'avec le mal et connaître leur justevaleur, afin de ne prendre pas l'un pour l'autre, et de ne nous porter à rien avec excès. LES PASSIONS DE L'AME, SECONDE PARTIE, ARTICLE 142. Car, lorsque la haine est juste, elle ne nous éloigne que du sujet qui contient le mal dont il est bon d'être séparé, au lieu quel'amour qui est injuste nous joint à des choses qui peuvent nuire, ou du moins qui ne méritent pas d'être ‘tant considérées par nousqu'elles sont, ce qui nous avilit et nous abaisse. LES PASSIONS DE L'AME, SECONDE PARTIE, ARTICLE 143. Car, en tant qu'elles excitent en nous le désir, par l'entremise duquel elles règlent nos moeurs, il est certain que toutes celles dontla cause est fausse peuvent nuire, et qu'au contraire toutes celles dont la cause est juste peuvent servir, et même que, lorsqu'ellessont également mal fondées, la joie est ordinairement plus nuisible que la tristesse, parce que celle-ci, donnant de la retenue et de »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles