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Factum... fieri infectum non potest

Publié le 04/05/2022

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« Factu111 ...

f,eri infectu111 non potest Ce qui est fait ne peut être non fait Le premier auteur à attester de cet adage, encore célèbre à notre époque.

est Plaute (Aulularia, 741 ; cf.

aussi Truculentus, 730), mais cette fo1111ule - en raison de son jeu de mots étymologique - fut souvent reprise par les auteurs latins : cf.

Térence (Phormio, 1034 ), Horace (Carm., 3, 29, 45 sq.).

mais aussi Pline le Jeune (Panégyrique de Trajan, 40, 3).

Stace (Silvae, 4.

prae_f.), Aulu-Gelle (6, 3, 42), qui rapporte une des critiques que Tiron Tullius, l'ami de Cicéron, adressait à Caton.

saint Augustin (Ep., 63, 1 ; 178, 1 ; De natura et gratia, 18; Contra lulianum, 2, 148).

Amobe (Adversus nationes, S, 39), Césaire (Sermones, 66.

3) et saint Thomas d'Aquin (ln Il Sententia"'m, 33, 2, 2). Citons également quelques variations sur ce thème: une fo111,11le de Cicéron qui prit également valeur de proverbe (/n Pisonem, 25, 29 : Praeterita mutare non possumus.

>, cf.

Walther 22260bc) et un passage de Quintilien (7, 4, 25) ; Tite-Live (30, 30, 7) et Sénèque (De ira, 1, 19, 7).

Les locutions suivantes sont également à rattacher à notre motif: Actum est,, les auteurs constatant la sottise et l'inutilité d'un tel comportement (Plaute, Pseudo/us, 260; Terence, Phormio, 419: Adelphoe, 232; Cicéron.

De amicitia, 22, 85) et l'avertissement Actum ne agas (saint Jérôme, Dialogus contra Pelagianos, 1, 24 [PL 23, S l 8b]). Nombreux sont les précédents grecs, notamment une fo111iule de Théognis Tà µÈv ,rpopél311Kev.

àµ~xav6v ÈaTL yevÉa8aL / àepyâ, > (vv.

583 sq.), l'auteur conseillant ensuite de regarder non le passé mais le futur; de semblables conseils sont prodigués par Simonide (fr.

98 Page) et Pindare (cf.

Olympiques..

2, 16 sq., ce pasYge servant d'ailleurs aux commentateurs byzantins pour traiter de notre motif, cf.

Simonetta Grandolini, La parafrasi patmiaca della Il Olimpica di Pindaro (> 23, 1985-86, 74), car même le temps, qui a tout engendré, ne peut faire qu'une chose déjà accomplie soit à nouveau à entreprendre: cf.

Sophocle (Ajax, 377 sq.), Agathon (fr.

S Sn.-K., qu'atteste un passage d'Aristote [Ethique de Nicomaque, 6, 2.

1137b 6-11] où ce motif est développé), Plutarque (Consolatio ad Apol/onium, 11 Sa), ou le Pseudo-Phocylide (56) - la locution Actum est possède un précédent dans le dramatique nÉTTpaKTaL annonçant le suicide de la reine Phèdre dans l'Hyppolite d'Euripide (vv.

778).

Nombreux sont les proverbes modernes qui reprennent ce topos.

cf.

en italien li/allo non si puo dis/are et Cosa fatta capo ha (cf.

Dante., Enfer, 28, 107) ; en français Ce qui est fait est fait (qui possède des équivalents dans toutes les langues européennes, cf.

Arthaber 497 ; I .aœrda-Abreu 76 ; 127 ; Mota 153 ; pour les variantes en dialectes italiens, cf.

Schwamenthal-Straniero 2621 ; 4820 ; 4824); en espagnol A lo hecho.

pecho (si rien n'est allé comme nous le ,·oulions., résignons-nous) ou toujours en français A chose faite conseil ,,,·is (cf.

Marguerite d'Angoulême Chose faite ne /al/oit plus de conseil [65 sq.]); parfois ce sont plutôt les côtés positifs de ce topos qui sont mis en avant, comme en portugais: 0 que estafeito nào esta por fazer ou en français Ce qui est fait n'est plus à faire.

Nombreuses sont les reprises dans nos littératures modernes: cf.

Descartes (Meditationes de prima 11J1ilosophia, 6, 82 ; Principia philosophiae, 1, 24) ; cf.

aussi Romain Rolland (Colas Breugnon [Paris, 1926, 213 ]) et Simone de Beauvoir (L 'Invitée, Paris, 1956, 387).. »

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