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Naturam expellas furca, tamen usque recurret

Publié le 08/05/2022

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« Nataram e~pellas f urca, tamen usque reca"et Chasse le naturel à coups de fourche : il reviendra toujours Cette maxime célèbre - encore en usage aujourd'hui sous ses diverses traductions dans nos langues européennes, déjà citée au Moyen-Age (Hildebert de Lavardin, Sermones, Pl 171, 668b; Hélinand de Froidn1on~ &rmones, Pl 212, 488d ; Innocent Ill, De contemptu mundi, l, 18 [PL 217, 709c]: cf. Walther 15938, qu'on consultera pour d'autres ,·ariantes; cf. notamment 22604, 2) et qui figure pa1111i les Adagia d'Erasme (2, 7, 14)- est un vers d'Horace (Ep., 1, 10, 24), dont la signification originelle était pourtant bien différente de celle qu'on lui prête aujourd'hui: vantant les mérites de la vie isolée à la campagne, loin des villes et de leurs tumultes, Horace rappelait que même dans les palais les plus luxueux, entre les colonnes de marbre richement décorées, on continuait à cultiver des plantes car, disait-il, même si on la chassait, la nature, c'est-à-dire la vie rurale ou la vie > revenait toujours. Mais cette sentence prit peu à peu le même sens que le motif de l'immuabilité du caractère naturel, lopos déjà présent dans la littérature grecque, notamment chez Sophocle (fr. 808 R.) et surtout à la fin de l'onzième O(vmpique de Pindare (vv. 19 sq. : TO yà p ȵuÈ s- OUT' at 0wv àXwTT11e / ÜT' Èp(~poµoL XÉovTtS' 6taXAciEaLVT ~0oç, >) ; cf. aussi les Monosliques de Ménandre (801 J. uoLv TTOVflpàv µt.TaPaXfîv où pQ6Lov, ; cf. aussi Hildebert de Lavardin, Moralis philosophia, Pl 171, 1033c); un passage de Sénèque (De ira, 2, 20, 2), et un passage d'Ovide où la natura est dite plus forte que tout le monde (Métamorphoses, 9,758; cf. aussi Juvénal, 10, 302 sq.). Citons encore la belle et originale reprise de l'invective contre le sultan Mahmud de Ghazna du poète arabe Firdousi (dixième siècle): »

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