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Neque homines magis asinos umquam vidi - Jamais je n'ai vu des hommes aussi semblables à des ânes

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Neque homines magis asinos umquam vidi

Jamais je n'ai vu des hommes aussi semblables à des ânes

L'expression est empruntée à Plaute (Pseudo/us, 136), l'âne étant déjà

dans I' Antiquité le symbole de la bêtise; cf. aussi Térence (Eunuchus,

597 sq.), Cicéron (Epistulae ad Atticum, 4, 5, 3 ; De oratore, 2, 66,

267) et Boèce (Consolation de Philosophie, 4, 3, 6: ce dernier passage

prenant une importance particulière car il est repris par Dante dans le

Banquet [2, 7, 4]). Parfois asinus sert d'épithète injurieux, ainsi par

exemple chez Térence (Adelphoe, 935 ; Heautontimoroumenos,

876 sq.); parfois, c'est la longueur des oreilles, aussi longues que

celles des ânes, qui devient le symbole de la stupidité de quelqu'un :

cf. notamment Martial (6, 39, 15-17, où il s'agit du signe distinctif qui

permet d'identifier à coup sûr le fils adultérin d'un bouffon) et saint

Jérôme (Ep .. 125, 18), ainsi que nn. 1932 ; 1935. Les auteurs construisent

même des jeux de mots à partir de la métaphore de l'âne, cf. par

exemple Horace (Ep .. 1, 13, 8), qui ironise sur le cognomen Asina d'un

ami, ou Apulée dans les Métamorphoses (cf. par exemple, 8, 25 ;

10, 13), l'intrigue de son ouvrage où un homme est transformé en âne,

prêtant naturellement à des lusus de ce genre. Toutes nos langues européennes

ont conservé de semblables utilisations du terme « âne « (pour

Asino cf. Battaglia 1,732 sq).

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