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« Vouloir vivre, c'est aussi être sûr de vivre, et tant que la volonté de vivre nous anime, nous n'avons pas à nous inquiéter pour notre existence, même à l'heure de la mort. » Schopenhauer, Le Monde comme volonté et comme représentation, 1818. Commentez cette citation.

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schopenhauer

Avec la mort, la conscience certes se perd mais non ce qui la produisait et la conservait, la vie s'éteint, mais non avec elle le principe de la vie qui se manifestait en elle. C'est aussi pourquoi un sentiment assuré dit à chacun qu'il y a en lui quelque chose d'absolument impérissable et indestructible.

Si l'on frappait aux tombeaux et que l'on demandait aux morts s'ils voudraient revenir au jour, ils secoueraient la tête en signe de refus ...

« 168 • La dissertation de philosophie La voix de la nature reste toujours et partout la même : la mort est un grand mal. Mais cette peur de la mort n'est-elle pas, en fait, indépendante du savoir que nous en avons ? L'animal, qui ne connaît pas la mort, ne possède-t-il pas de manière innée la crainte de sa destruction et le souci de sa conservation? Si l'animal fuit devant le danger, n'est-ce pas parce qu'il est pure volonté de vivre? N'en est-il pas de même de l'homme? Il semblerait donc que la crainte de la mort ne soit que le revers de la volonté de vivre dont nous participons tous. Or, un tel attachement à la vie ne peut avoir pris sa source dans la connaissance et la réflexion. Bien au contraire, car aux yeux de ces dernières, la vie ne paraît pas digne d'être vécue au point qu'on puisse la préférer au néant: « Si l'on frappait aux tombeaux et que l'on demandait aux morts s'ils voudraient revenir au jour, ils secoue­ raient la tête en signe de refus ... » Le puissant attachement à la vie apparaît donc dérisoire quand on y réfléchit et ne s'explique que par le fait que tout notre être est déjà, en lui-même, le vouloir-vivre. Et ce dernier est en soi et dans son principe « privé de connais­ sance et aveugle ». Est-ce vraiment la pensée du néant qui rend la mort si effrayante? Si tel est le cas, l'homme devrait se demander ce qu'il était avant de naître. Or, ce néant dont chacun de nous est un jour sorti ne nous tourmente guère. Comment pouvons-nous ne pas être horrifié par ce néant qui nous précède, autant que par celui qui nous attend ? Serait-ce donc la soif d'existence, enseignée par la vie, qui justifierait cet effroi du néant ? Impensable, pour Schopenhauer, car l'expérience de la vie est celle d'une souffrance sans fond »

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