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Corrigé Nietzsche Humain trop humain II

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« Corrigé explication de texte Nietzsche, Humain trop humain II – Le voyageur et son ombre « Aussi longtemps que nous ne nous sentons pas dépendre de quoi que ce soit, nous nous estimons indépendants : sophisme qui montre combien l’homme est orgueilleux et despotique. Car il admet ici qu’en toutes circonstances il remarquerait et reconnaîtrait sa dépendance dès qu’il la subirait, son postulat étant qu’il vit habituellement dans l’indépendance et qu’il éprouverait aussitôt une contradiction dans ses sentiments s’il venait exceptionnellement à la perdre. Mais si c’était l’inverse qui était vrai, savoir qu’il vit constamment dans une dépendance multiforme, mais s’estime libre quand il cesse de sentir la pression de ses chaînes du fait d’une longue accoutumance ? S’il souffre encore, ce n’est plus que de ses chaînes nouvelles : le « libre arbitre » ne veut proprement rien dire d’autre que ne pas sentir ses nouvelles chaînes. » Remarques générales : La difficulté de ce texte est qu’il ne développe qu’un seul argument qui porte sur notre sentiment de liberté sans expliquer pourquoi nous pourrions ne pas être libres. Il faut donc bien repérer la thèse sous-jacente au texte, qui n’est pas démontrée par Nietzsche mais admise sans discussion, selon laquelle nous ne sommes pas libres. Attention à ne pas découper le texte comme s’il s’agissait de deux avis différents sur la question : Nietzsche défend une seule et même idée tout au long du texte, la première partie étant consacrée à exposer de manière déjà très critique la thèse qu’il conteste = le libre-arbitre. Il s’agit donc d’un texte qui porte sur la liberté et plus précisément sur la liberté en son sens moral. Etre libre c’est alors ne pas être dépendant. Attention cependant : la dépendance principale, qui pourrait mettre en cause la notion de libre arbitre est une dépendance interne, vis-à-vis de nos passions par exemple. Problème : pourquoi pensons-nous être libres ? Thèse : nous pensons être libres lorsque nous ne sentons pas de contraintes cependant il est possible de s’accoutumer à des contraintes donc la liberté pourrait bien n’être qu’une illusion. I- Le sophisme de l’homme ordinaire (l.1-6) 1- D’où notre sentiment de liberté provient-il ? Du sentiment d’indépendance. Or nous considérons que nous sommes indépendants lorsque nous ne sentons aucune contrainte (= « ne pas dépendre de quoique ce soit »). Tout le problème repose dans cette idée de sensation ou de sentiment : ne peut-il pas y avoir des contraintes que nous ne sentons pas ? Un exemple : nous nous considérons indépendants sur le plan matériel lorsque nous pouvons assumer seul notre existence. Nous nous sentons à l’inverse dépendant lorsque nous avons besoin de l’autorisation de quelqu’un d’autre pour réaliser une action. Mais sommesnous véritablement indépendants sur le plan matériel dès lors que nous vivons en société ? => exemple des grèves : nous fait sentir notre dépendance vis-à-vis des autres membres de la société, que nous ne sentons pas habituellement. C’est la raison pour laquelle Nietzsche parle de sophisme. Rappel : un sophisme est un raisonnement fallacieux, c'est-à-dire qui l’air d’être juste mais ne l’est pas. Ce sophisme vient pour Nietzsche du tempérament de l’homme = « orgueilleux » et « despotique » : il se fait une trop haute idée de son pouvoir (il pense qu’il lui est possible d’être indépendant, qu’il est libre), il souhaiterait tout posséder (rappel : despote = tyran). 2- Explicitation du sophisme Peut être résumé de la manière suivante : « je remarque la dépendance lorsque je la subis, or la plupart du temps je ne remarque pas de dépendance, donc je vis habituellement dans l’indépendance ». Forme d’une démonstration ou d’un syllogisme mais qui ne peut pas fonctionner car repose sur un sentiment qui est susceptible d’être illusoire (ce que N. développera dans la 2e partie). Sophisme souligne bien le caractère orgueilleux de l’homme car il admet sans le discuter un postulat qui est à son avantage : il est « habituellement » donc le plus souvent indépendant + s’appuie sur l’idée qu’il serait en mesure de percevoir n’importe quelle contrainte parce qu’ « il éprouverait aussitôt une contradiction dans ses sentiments ». De quoi parle Nietzsche ? Il peut parler de deux choses différentes : soit il s’agit du fait que lorsqu’un individu souhaite faire quelque chose mais n’y parvient pas, il est contrarié, c'est-à-dire, littéralement, qu’il ressent une contrainte (il y a donc d’une part le sentiment qui le pousse à agir et de l’autre celui qui »

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