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HUMAIN, TROP HUMAIN de Friedrich Wilhelm Nietzsche - étude de l'œuvre

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nietzsche

HUMAIN, TROP HUMAIN, Un livre pour esprits libres, Menschliches, Allzumenschliches. Ein Buch fur freie Geister, 1878 et 1886.

 

Friedrich Wilhelm Nietzsche, 1844-

 

1900.

 

Le premier volume de Humain, trop humain fut publié en l’honneur de Voltaire, «l’un des plus grands libérateurs de l’esprit», pour le centième anniversaire de sa mort survenue le 30 mai 1778. Il s’agit

 

d’un recueil d’aphorismes plus ou moins

 

longs concernant la vie morale («Des principes et des fins»), la vie religieuse, l’éthique artistique, la vie en société, la vie civique et politique («Coup d’œil sur l’État»), la philosophie existentielle de l’homme «seul avec lui-même». Une importante partie du volume est écrite «Pour servir à l’histoire des sentiments moraux» et traite de l’origine de la justice, de la justice distributive, de la légitime défense, de la vengeance. L’analyse se veut «profonde» en permanence: «Hommes profonds», «Relations avec le Moi supérieur». L’épilogue se déroule «entre amis», dans une communauté de silence.

 

Les deux textes qui composent le second volume, écrits aussi sous forme d’aphorismes — dans l’ensemble plus courts que ceux du premier volume —, parurent d’abord séparément : Opinions et sentences mêlées, en 1879, et le Voyageur et son ombre, en 1880. Nietzsche autorisa l’édition conjointe des deux textes en 1886 sous le titre Humain, trop humain II. La préface du

 

second volume enchaîne avec Humain, trop humain I sur le silence et la parole : « Il ne faut parler que si l’on ne peut se taire.» L’aphorisme 171 d\\'Opinions et sentences mêlées développe en deux pages une philosophie de la musique conçue comme loi intérieure d’une civilisation déterminée. Plusieurs aphorismes du même essai reviennent sur l’héritage grec de la civilisation occidentale, à conserver comme le lieu de communication de la culture d’aujourd’hui. Le long aphorisme 33 du Voyageur et

 

S

 

son ombre traite des «Eléments de la vengeance » ; le thème de la vengeance réapparaît à nouveau avec l’aphorisme 259 : «Il y a tellement de sublimes variétés de la vengeance ! » Plusieurs aphorismes de cet essai développent encore des idées d’esthétique musicale et d’éthique existentielle.


Il est interessant de s'arrêter sur la distinction communément admise, du moins en philosophie, entre \"bien\" moral et \"utile\" ! Normalement quand il s'agit de déterminer si un acte est bien ou pas il s'agit plutôt de se demander, cf. Kant, si la maxime de mon action est universalisable sans contradiction. Ce qui n'admet pas les cas d'exception. Par exemple on trouve par cette méthode de l'universalisation de notre maxime chère à Kant que l'on ne doit pas mentir, parce que si on universalise cette maxime alors on ne pourra plus croire personne et nous-mêmes ne serons pas crus par les autres, ce qui annihile alors toute société. Ici on voit bien que toute considération d'utilité est exclue, même s'il en va de la conservation ou non de la société. Je ne me demande nullement si, dans telle circonstance, mon action est utile ou non, mais si elle est érigeable en loi morale, point. Ici, Nietzsche dit tout le contraire : une action ne devient en fait morale ou immorale qu'en fonction de l'utilité ou non de cette action pour l'individu, ou pour l'Etat. Nous serions en fait sans le savoir victimes de ce\"jugement\" naturel. Nous sommes donc soumis à la nature, à notre instinct de conservation, dans n'importe quel jugement moral.... Et si on adopte la définition courante de la morale, telle qu'on l'a développée en I, alors l'homme n'est pas l'être digne qu'il croit être, car nous avons vu que s'il se croit digne c'est en tant qu'être capable de s'affranchir de ses instincts et par là créateur de valeurs morales !

Partie III- Critique générale de la philosophie morale \"rationaliste\" et/ ou intellectualiste : l'hyper subjectivité de la morale Selon Platon, la morale est rationnelle, découverte par la raison, et il y a domination, dans l'action, de la raison sur les désirs; nous sommes moraux parce que nous sommes capables d'écouter notre raison, immoraux dans le cas contraire. Ainsi pour Platon \"nul ne fait le mal volontairement\" : quand nous le faisons c'est en croyant faire ce qui est bien pour nous. Attention : on pourrait croire que Nietzsche est d'accord avec Platon mais il y a chez les deux auteurs une différence majeure. Ce n'est pas l'utile qui nous dirige quand nous croyons faire le bien chez Platon, mais, comme chez Kant, ce qu'on appelle \"bien en soi\", indépendant de toute considération (subjective) d'utilité. Pour Nietzsche le bon choix pour chacun c'est le choix utile. La raison elle-même est subjective et changeante, par conséquent, selon les circonstances.

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