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L’ESPACE ET LE TEMPS (cours)

Publié le 10/07/2016

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temps
L’ESPACE ET LE TEMPS
A. L’espace :
DÉLIMITATION
 
Latin : spatium, étendue libre, en particulier lieu destiné à la promenade (Ail : Spazieren). Laps de temps.
 
Acceptation large : synonyme d’étendue, surtout dans le langage courant : le lieu plus ou moins exactement délimité dans lequel se situent ou peuvent se situer certaines choses.
 
Acceptation philosophique : par opposition à étendue particuli�rement en géométrie et en philosophie (n’a pas de pluriel) : milieu caractérisé par la simultanéité et l’extériorité de ses parties dans lequel nous localisons les objets de toute perception externe, réelle ou possible, c’est-à-dire les corps doués d’étendue.
 
« Quelles sont d’abord les priorités de l’espace proprement dit ? Je veux dire de celui qui fait l’objet de la géométrie et que j’appellerai l’espace géométrique. Voilà quelques-unes des plus essentielles : 1) il est continu ; 2) il est infini ; 3) il a trois dimensions ; 4) il est homog�ne, c’est-à-dire que tous ses points sont identiques entre eux ; 5) il est isotrope, c’est-à-dire que toutes les droites qui passent par un même point sont identiques entre elles » (Poincaré).
 
POINT DE VUE CRITIQUE / KANT
 
1) « Contre le génétisme de Berkeley, Kant affirme que l’espace ne peut être un concept formé à partir de l’expérience puisque toute expérience extérieure au contraire suppose l’espace. »
 
KANT : « L’espace n’est pas un concept empirique, dérivé d’expériences extérieures. En effet, pour que je puisse rapporter certaines sensations à quelque chose d’extérieur à moi (c’est-à-dire quelque chose placé dans un autre lieu de l’espace que celui où je me trouve) et, de même pour que je puisse me représenter les choses comme en dehors et à côté les unes des autres (...) il faut que la représentation de l’espace soit déjà posée comme fondement. »
 
2) L’espace est a priori, puisque sa représentation est la condition même de possibilité des phénom�nes. On peut en effet concevoir un espace dans lequel il n’y aurait pas d’objet. Mais on ne peut percevoir un objet hors de l’espace. Des rapports d’espaces sont constitutifs de l’objet.
 
KANT : « 11 est donc considéré comme la condition de la possibilité des phénom�nes, et non pas comme une détermination qui en dépend. »
 
3) L’espace n’est pas conceptuel. Un concept, en effet, si nous le considérons au point de vue de sa compréhension est construit avec des éléments plus simples que lui ; or un morceau d’espace n’est pas plus simple que tout l’espace. Au point de vue de l’extension, un concept doit s’appliquer à une diversité d’objets ; l’espace, lui, ne peut s’appliquer qu’à lui-même. Il est UN. Tous nos concepts d’espace supposent une intuition a priori dont ils ne sont que des limitations. KANT : « L’espace n’est pas un concept discursif... mais une intuition pure. En effet, on ne peut se représenter qu’un seul espace et quand on parle de plusieurs espaces, on entend par là que les parties d’un seul et même espace... »


temps

« 4) L'espace ne peut être qu'une intuition parce qu'il contient en soi une multi­ tude infinie de représentations possibles.

KANT : « L'espace est représenté comme une grande infinie donnée.

Le carac­ tère intuitif de l'espace peut seul rendre compte du paradoxe des objets symétri­ ques (dissertation 1770), en effet, selon les concepts, il n'y a aucune différence entre la main gauche et la main droite ou encore entre une main et son image dans une glace ; cependant on peut superposer les deux objets, les substituer l'un à l'autre, on se heurte là à un fait, à une différence externe qu'aucun entende­ ment ne peut indiquer comme intrinsèque et qui n'est révélée que par le rapport extérieur dans l'espace.

>> Ainsi l'espace est une intuition pure, la forme a priori de la sensibilité, le cadre à l'intérieur duquel sont données et liées les sensations.

Deux conséquences : A) L'espace n'existe dans les choses qu'autant qu'on les perçoit.

B) Les rapports spatiaux sont constitutifs des choses.

« Cela veut dire que l'espace est à la fois réalité empirique et idéalité transcen­ dantale :l'espace n'est pas la condition de possibilité des choses en soi, mais seu­ lement la condition de leur manifestation à notre esprit...

» G.

Pascal (la Pensée de Kant, Bordas).

POINT DE VUE PHÉNOMÉNOLOGIQUE 1 HEIDEGGER 1) L'espace de l'existant intra-mondain : il est qualitatif et non géométrique, il est fait de directions et non de dimensions, de places et non de points, de par­ cours et non de lignes, de régions et non de plans.

Un tel espace est inséparable des objets.

Il les modèle aussi bien qu'il est modelé par eux.

La place d'un objet est fixé par son « outilité )), laquelle est réglée par sa situation dans l'ensemble du système des outils.

2) Spatialité du Dasein :c'est parce qu'il est doué d'une spatialité différente de celle de l'objet.

Le dasein est spatial en tant qu'il a une tendance constante à surmonter la distance, à« se rapprocher de ...

»et en tant qu'il est capable d'orga­ niser toute distance en la sillonnant de directions.

Le dasein est contraint, de par son être même, à étendre sans cesse son monde environnant.

3) Spatialité du monde : l'espace n'est pas plus dans le sujet que le monde n'est dans l'espace.

Le dasein est lui-même spatialisant, mais il n'exerce cette spatia­ lité que parce qu'il est lui-même lié à un monde qui implique l'espace, non point l'espace organisé et structuré de notre vie courante, mais la possibilité d'une telle organisation.

RAPPROCHEMENTS Étendue - dimension -extension -grandeur - point -ligne - profondeur -mesure - distance -espacement -spatialité -intervalle -milieu -champ.

DISTINCTIONS ESPACE-TEMPS :Dans la théorie de la relativité :concept résultant de la fusion du concept d'espace géométrique à trois dimensions représentées par trois varia­ bles avec Je concept de temps, formant ainsi un continuum spatio-temporel à quatre dimensions, c'est-à-dire représentées par un système de quatre variables.

« Personne n'a jamais vu un lieu autrement qu'en un certain temps, ni un temps autrement qu'en un certain lieu ( ...

).

De la présente heure, l'espace en soi et le temps en soi doivent descend're au royaume des ombres ; seule, leur combinai son conserve une existence indépendante.

)) (G.

Moch).. »

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