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Désir, image et imagination ?

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Le désir ne portera pas sur une image, ni un ensemble fini d'images mais sur une pluralité imaginaire. La publicité ne nous fait pas désirer, elle propose des objets dont nous pourrions manquer. A la différence du besoin, le désir ne sera jamais en manque d'images, puisqu'il produit incessamment ses propres représentations sans jamais s'arrêter sur aucune ; son noyau libre ne se laisse circonvenir par aucune représentation produite, pas plus que le plaisir qu'il peut engendrer ne peut interrompre sa dynamique. Sitôt l'image produite le désir s'érode ou se désinvestit, déborde l'image ou la saborde pour en susciter d'autres. Si toutes les sagesses nous enjoignent de modérer nos désirs, c'est en le confondant avec nos besoins. Le désir inquiète par son absence de limites, son débordement permanent de tout cadre préexistant. L'expression de "désirer la lune" marque bien le caractère incongru, irréaliste au sens propre et démesuré qui fait la marque de fabrique propre au désir. On peut noter que nombre de nos besoins vitaux, sont repris et compris, dérobés presque, par et dans les réseaux du désir. C'est dire que la nourriture, le besoin sexuel, l'habitat, sont empreints et traversés par la culture. Manger, s'accoupler, se protéger des intempéries naturelles, ne sont pas des actes que nous accomplissons naturellement, mais l'objet de procédés qui les ritualisent socialement.

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