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Etude critique de documents en histoire Consigne : Après

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Etude critique de documents en histoire Consigne : Après avoir présenté les documents en les remettant dans leur contexte, confrontez-les pour montrer les continuités et les ruptures de la politique extérieure américaine depuis le 11 septembre 2001. Document 1 : Le lancement de l’opération « Enduring freedom » (liberté immuable) Moins d’un mois après les attentats du 11 septembre, le président G.W. Bush annonce le lancement de l’opération militaire menée, d’abord par les Etats-Unis, puis sous le commandement de l’OTAN à partir du 20 décembre 2011. « Sur mes ordres, l’armée américaine a commencé ses frappes contres les camps d’entraînement d’Al Qaïda et contre les installations militaires du régime des Talibans en Afghanistan. […] Nous sommes rejoints dans cette opération par notre fidèle amie la Grande-Bretagne. D’autres amis proches, notamment le Canada, l’Australie, l’Allemagne et la France ont engagé des forces alors que l’opération se déroule. Plus de quarante pays, au Moyen-Orient, en Afrique, en Europe et en Asie ont accordé des droits de survol aérien ou d’atterrissage. Nous sommes soutenus par la volonté collective du monde. […] Cette action militaire fait partie de notre campagne contre le terrorisme.[…] Nous défendons non seulement nos libertés précieuses, mais aussi la liberté des peuples de par le monde, pour qu’ils vivent et élèvent leurs enfants sans crainte. » G.W.Bush, Adresse à la Nation, 7 octobre 2001. Document 2 : le leadership américain selon Obama « […] Par opposition à la vision meurtrière des extrémistes violents, nous nous joignons, dans le monde entier, à nos alliés et partenaires, pour bâtir leur capacité à promouvoir la sécurité, la prospérité et la dignité humaine. Les capacités croissantes de nos alliés et partenaires, qui viennent d’être démontrées par la mission réussie de protection du peuple libyen (1), nous offrent de nouvelles occasions de partager le fardeau. Faire face à ces défis ne relève pas seulement de l’armée, et c’est pourquoi nous avons renforcé les outils de la puissance américaine, y compris la diplomatie et l’aide au développement (2), le renseignement et la sécurité intérieure. […] Alors que nous terminons les guerres actuelles, nous allons conserver des forces militaires agiles, flexibles et prêtes à réagir à toutes les situations.[…] Et dans un monde changeant qui réclame notre leadership, les Etats-Unis d’Amérique resteront la plus grande force pour la liberté et la sécurité que le monde ait jamais connue. » 1. 2. Intervention militaire contre Khadafi en Libye initiée par la France et le Royaume –Uni en 2011 Allusion à l’aide américaine au développement en direction des pays musulmans décidée par Obama en 2009. B .Obama, préface au rapport, Maintenir le leadership mondial des Etats-Unis, présenté à Washington le 3 janvier 2012. Corrigé de l’ECD sur la politique étrangère américaine depuis le 11 septembre 2001 Consigne : Après avoir présenté les documents en les remettant dans leur contexte, confrontez-les pour montrer les continuités et les ruptures de la politique extérieure américaine depuis le 11 septembre 2001. Nous sommes en présence de discours des deux derniers présidents américains. Le premier discours, prononcé par G.W Bush, moins d’un mois après les attentats du 11/09/2001, annonce au peuple américain la riposte militaire qu’il vient d’ordonner. Le second est prononcé, onze ans plus tard, par son successeur, B. Obama : il s’adresse à la Nation, quelques jours après sa décision de retirer les troupes américaines d’Irak, en décembre 2011. Quelles continuités, mais aussi quelles ruptures dans la politique extérieure américaine, depuis le 11 septembre, ces deux discours révèlent-ils ? Il ne s’agissait pas de traiter l’un, puis l’autre document, mais bien de les confronter, c'est-à-dire de chercher les points communs puis, ce que le doc 2 montrait comme rupture d’avec le doc 1. Ne pas omettre de souligner les contextes et l’écart de 10 ans entre les deux docs. 4 notions obligaatoires attendues : hardpower ; softpower, unilatéralisme, multilatéralisme Continuités : 3. « Sur mes ordres, l’armée américaine a commencé ses frappes contre les camps d’entraînement d’Al Qaïda et contre les installations militaires du régime des Talibans en Afghanistan » : Riposte militaire et unilatérale à toute attaque sur son sol (comme le 8/12/1941) = règle de la « sécurité d’abord ». Cible afghane car le repère afghan d’Al Qaida (qui a revendiqué les attentats) est connu. 10 ans plus tard, et malgré le retrait des troupes US d’Irak, Obama réaffirme cette règle de la « sécurité d’abord » : « nous allons conserver des forces militaires agiles, flexibles et prêtes à réagir à toutes les situations ». Donc, la défense militaire du territoire et des intérêts US, y compris extra territoriaux, est une constante de la politique extérieure des E.U. 4. Tous deux poursuivent une politique extérieure basée sur la défense des libertés des peuples dans le monde. Bush : « Nous sommes soutenus par la volonté collective du monde » ; « Nous défendons […]la liberté des peuples de par le monde » A noter que le Conseil de sécurité de l’ONU avait voté la légitimité de la riposte militaire US en Afghanistan dès le 12/09/2001, et que l’OTAN s’engage aux côtés des américains dès novembre 2001. Obama : « (…)les Etats-Unis d’Amérique resteront la plus grande force pour la liberté et la sécurité que le monde ait jamais connue » Donc, tous deux héritiers de la permanence de la politique extérieure US (initiée par Wilson) mais clairement assumée depuis la 2nde GM jusqu’à aujourd’hui : un rôle de leader du monde libre grâce à son puissant Hard power ( alliance de la puissance militaire et de la puissance diplomatique) = gendarmes du monde. De plus, leader du monde libre sous tend l’idée d’un groupe : « nos amis proches » ? »la volonté collective » ou selon Obama « nos alliés et partenaires » = les partisans de la liberté et de la sécurité des peuples. Bilan de la partie : Donc, des continuités de la politique extérieure américaine : ? Promouvoir et défendre les valeurs de liberté dans le monde ? défendre les intérêts et le territoire américains quand ils sont menacés : « America first » ? le hard power, un outil (utilisé ou brandi) de la politique extérieure américaine Transition : Une continuité qui ne se dément pas entre Bush et Obama dont, pourtant, les visions divergent sur d’autres points de la politique extérieure Ruptures : ? ? politique unilatérale (à définir)affirmée de Bush discrédite les E.U quand ils décident d’attaquer l’Irak en 2003 contre l’aval de l’ONU => enlisement en Irak (comparé à celui du Vietnam)=> Remise en cause de leur volonté d’imposer la transition démocratique par la force. Soupçonnés de vouloir avant tout défendre leurs intérêts stratégiques au M-Orient. De plus, ils refusent de signer tout accord international : ex : non adhésion à la Cour Pénale internationale en 2002 (pour ne pas être inquiété sur son centre de rétention de Guantanamo ?) L’administration Bush ne joue plus le jeu de la gouvernance mondiale prônée après la fin de la guerre froide : elle est obnubilée par sa sécurité et la défense de son territoire ; le pays connaît aussi, sous la présidence Bush, la montée de la concurrence chinoise. Obama, 10 ans plus tard ( un peu de distance prise avec le 11/09) + nécessité de redorer le blason US après Bush et dans un contexte (depuis 2007) de crise éco et financière qui fragilise le pays => retour au multilatéralisme (à définir) souhaité après la guerre froide (G.H Bush puis Clinton): « (…) nous nous joignons, dans le monde entier, à nos alliés et partenaires, pour bâtir leur capacité à promouvoir la sécurité » ;« Les capacités croissantes de nos alliés et partenaires, qui viennent d’être démontrées par la mission réussie de protection du peuple libyen, nous offrent de nouvelles occasions de partager le fardeau » (de la défense des libertés des peuples ). Les EU ont laissé agir la France et le R.U en Libye = retour à la coopération militaire et sous l’égide de l’ONU. Autre rupture opérée par Obama par rapport à Bush : le retour à l’utilisation du soft power (à définir) : « Faire face à ces défis ne relève pas seulement de l’armée, et c’est pourquoi nous avons renforcé les outils de la puissance américaine, y compris la diplomatie et l’aide au développement » Conclusion : Les terribles attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis ont clairement infléchi la politique extérieure américaine pour une décennie : avec G.W.Bush, la priorité a été donnée, après la légitime riposte au 11/ 09, à un unilatéralisme guerrier au nom de la lutte contre le terrorisme. Dix ans plus tard, B. Obama réoriente la politique extérieure américaine vers un multilatéralisme souple, renouant avec la gouvernance mondiale et le soft power dans un contexte de fragilisation politique et économique des E.U, et de monde multipolaire. Il n’en réaffirme pas moins la potentielle puissance de frappe américaine en cas d’atteinte au territoire et aux intérêts américains : c’est la doctrine du smartpower, synthèse entre la stratégie du rayonnement et celle de la puissance.

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