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Le bonheur consiste-t-il à ignorer ce que nous sommes ?

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LE BONHEUR CONSISTE-T-IL A IGNORER CE QUE NOUS SOMMES ? Le bonheur est un état de satisfaction, agréable et équilibré de l'esprit. Il peut être considéré comme un sentiment concret ou une idée abstraite. En effet un sentiment concret revient à dire une sensation de vécu, un ressentit et une sorte de plaisir. Le bonheur est donc éprouvé. L'idée abstraite du bonheur signifie qu'il n'est pas éprouvé dans l'instant, c'est un jugement. Le bonheur est un bien-être, un plaisir. Il peut être bon, cela est donc un bonheur relié à la chance, mais aussi une absence de malheur ou un contentement. L'accès au bonheur parait être un désir universel. L'idée d'ignorer ce que nous sommes va nous amener à réfléchir sur l'idée de conscient et d'inconscient. Il sera donc intéressant d'étudier en quoi le bonheur consiste à ignorer ce qu'on est à travers l'idée que oui, il consisterait donc à nous ignorer nous même d'une part, puis d'une autre part que, non, le bonheur reflète notre propre personnalité. Le bonheur consisterait à ignorer ce que nous sommes. D'une part cette idée peut se trouver dans un courant grec connaissant un franc succès chez les romains, le stoïcisme. Il connut un succès chez les romains car ceux-ci visaient plus l'aspect du corps et se portaient moins sur la réflexion contrairement aux grecs qui eux, étaient connus comme des grands penseurs. Ce courant philosophique vise à l'apathie, c'est-à-dire à l'absence de passion et la tranquillité de l'âme. Les sentiments de tristesse, crainte, plaisir et désir sont exclues des vertus stoiciennes. Ceci démontre bien le fait que le bonheur consiste à ignorer notre personnalité car, la méthode connue des stoiciens est d'ajuster ses propres désirs au monde, et de désirer ce que l'on a afin d'atteindre le bonheur absolu. On peut donc remarquer ici que l'idée des stoiciens est non de rechercher en nous ce qui pourrait faire notre bonheur mais de nous plier à ce qui nous entoure afin de trouver un quelconque bonheur dans notre monde. Afin de montrer les vertus essentielles du stoicisme, Sénèque le démontre bien dans Le vrai bonheur issus des Questions Naturelles, livre III en disant que les vertus stoiciennes par excellence sont le courage, la grandeur d'âme, le discernement et la tempérance. Pour l'individu stoicien, vivre en accord avec la nature et la raison est un moyen d'atteindre le bonheur, ce qui nous amène à nous faire ignorer et renier nos propres envies. En effet, celui-ci ne s'intéresse qu'aux propres vertus stoiciennes, et le vrai bonheur signifierait la paix intérieure. Ce qui reviendrait à dire qu'implicitement on ignore ce que l'on ait, on modifie et limite nos propres désirs. Encore une fois, l'idée d'ignorer notre propres désirs et envies et de nous ajuster à ce qui nous arrive au cours de la vie et démontrer par Epictète : « N'essaie pas que ce qui arrive, arrive comme tu veux, mais veux ce qui arrive comme il arrive, et tu couleras des jours heureux. « issu du Manuel dans Les Stoiciens. Les stoiciens invitent « l'homme intérieur « à rassembler toutes les forces de sa propre volonté en réduisant au plus bas sa soumission aux désirs et aux craintes de l'homme ordinaire, ici ils font donc appellent à l'inconscient de l'homme stoïcien. D'autre part, le bonheur nous amène à ignorer ce que nous sommes en reliant le bonheur à l'inconscient. En effet, l'inconscient désigne tout ce qui échappe à la conscience. D'après Nietzsche, il existe dans le sujet humain une capacité de connaître et de contrôler ses propres pensées et ses émotions, ses actes et son langage. Cette capacité est contredite par l'existence d'un inconscient. L'inconscient serait lié au bonheur. Notre inconscient pourrait réellement savoir ce qui nous rend heureux et fait notre bonheur. On cherchera donc soi-même cette unique chose nous procurant du bonheur en ignorant réellement le bon moyen, on ne saura donc pas ce que nous sommes dans le fond de nous même. D'après Freud, une fois endormi, notre conscience s'endort avec nous et laisse place à l'éveil de l'inconscient. Tout rêve eût durant la nuit est lié à notre inconscient. Chaque individu peut avoir un rêve lui procurant un réel plaisir et le rendant heureux, puis se réveiller et en oublier l'objet, la vraie idée qui lui a donné ce sentiment de bonheur juste l'espace de quelque secondes. L'inconscient lui, saura ce qui nous rend heureux. Encore une fois on ignorera probablement toute notre vie, notre vrai bonheur. L'individu devient alors incapable de maitriser le sens réel de ses propres manifestations. L'idée que le bonheur consiste à ignorer ce que nous sommes est justifiée donc par le stoicisme ainsi que l'idée d'inconscient au sain de notre corps. Cependant, le bonheur pourrait au contraire, révéler notre propre personnalité. Le bonheur consisterait donc à définir ce que nous sommes. Si le bonheur était la satisfaction de nos désirs, on peut l'atteindre de deux manières différentes, par la méthode stoicienne comme vue précédemment, ou par la méthode épicurienne. L'épicurisme est un courant philosophique grec qui connut le même succès chez les romains que le stoicisme. Il est l'inverse du stoicisme. Les épicuriens ont pour modèle la nature. Ils visent un équilibre des plaisirs et l'absence de douleurs. La méthode épicurienne serait de chercher à avoir ce qu'on désire, ce qui revient à dire à chercher dans notre personnalité, en nous, ce qui peut nous faire plaisir. L'épicurisme est axé sur la recherche d'un bonheur, d'une sagesse et d'une tranquillité de l'âme afin d'arriver à un état de bonheur durable et constant. L'individu épicurien va donc éviter toutes souffrances, il va donc procéder à l'ataraxie qui signifie une absence totale de troubles. Il va éviter toutes sources de plaisir qui ne sont ni naturelles ni nécessaires. L'individu épicurien va donc procéder à une recherche personnelle et privée afin d'éviter les plaisirs inutiles, il va chercher à satisfaire certains désirs seulement et donc de trouver en lui ses désirs les plus fondamentaux, qui lui procurera le plaisir le plus intense. Selon la méthode épicurienne, c'est le propre de notre nature humaine de fuir la douleur et de rechercher notre plaisir. Selon Epicure, chef de file de l'épicurisme, le plaisir est l'équivalent du bonheur. Ce qui signifie que notre plaisir le plus important nous procurerait le bonheur le plus immense. Dans Lettre à Ménécée, Epicure rajoute que le bonheur peut être considéré comme une source vitale et qu'il s'obtient en luttant contre nos peurs et nos tourments par la pensée, à travers sa propre citation « Le bonheur est le commencement et la fin de la vie heureuse, car il est le premier des biens naturel «. L'épicurien va donc procéder à une connaissance de soi-même. En effet, la connaissance de soi-même est reliée à notre conscient. Selon Locke, nous modifions notre personnalité, notre conscience n'est pas une chose absolue, notre idée du bonheur change donc au fil des années et de l'augmentation de notre maturité. De plus, lorsqu'on est conscient de quelque chose, de ce qu'on fait, on est conscient du fait que ça nous procure un plaisir ou non, on sait donc par la suite ce qui fait notre bonheur et ce qui ne le fait pas. Ici, l'idée d'ignorance de soi-même à travers le bonheur n'est donc pas valide.  Mais encore, Descartes a instauré le « Cogito «, l'idée de « Je pense donc je suis « : je pense à ce que pourrait être mon bonheur, ma propre source de plaisir de ce fait j'obtiens le bonheur. On pourrait modifier « je pense donc je suis « en « je pense à ce qui me rend heureux, donc je suis heureux «. D'autre part, d'après Emmanuel Kant, le bonheur n'est qu'un idéal, non pas de la raison mais de l'imagination. En effet, l'imagination est propre à chaque individu, on se fait donc sa propre idée du bonheur et de son plaisir. Elle dépend de ce que nous sommes, un homme ayant déjà tout ce qu'un homme ordinaire peut rêver, trouvera son propre bonheur en imaginant quelque chose d'autre pour se divertir, or un homme ordinaire ne possédant aucun bien va stimuler son imagination afin de rêver de tout ce qu'il pourrait avoir afin de se procurer un minimum de bonheur. Et enfin, l'imagination dépend de nos expériences et de nos idées, ce qui rejoint l'idée qui dépend de ce que nous sommes car nos expériences et nos idées forgent notre personnalité. Kant souligne ses idées à travers sa propre citation « le malheur est que le concept du bonheur soit un concept tellement indéterminé que, même si tout homme désire être heureux, nul ne peut jamais dire pourtant avec précision et en restant cohérent avec soi-même ce que vraiment il souhaite et veut. « issu des Fondements de la métaphysique des moeurs. Il affirme donc ici que malgré ce que nous sommes, notre bonheur ne saura jamais totalement atteins car nous ne saurons jamais vraiment ce que l'on veut ou désire vraiment. Notre personnalité nous aide à trouver une part de notre bonheur, mais pas le bonheur total. Le bonheur ne consiste donc pas à ignorer ce que nous sommes, nous avons donc pu l'observer à travers l'épicurisme, la théorie d'Emmanuel Kant et la conscience. Pour conclure, le problème posé, le bonheur consiste à ignorer ce que nous sommes c'est démontrer par le stoïcisme, un courant philosophique datant de 300 avant JC et de l'inconscient. Or nous avons pu remarquer que le bonheur peut aussi consister à définir notre personnalité. Nous l'avons démontré par l'idée de l'épicurisme, autre courant philosophique grec, datant d'environ de 310 avant JC, par la notion de conscience, le fait d'être conscient de ce qui nous offre du bonheur et enfin par le théorème d'Emmanuel Kant, le bonheur est un idéal de l'imagination. Afin de répondre à ce problème, le bonheur ne consisterait pas à ignorer ce que nous sommes car notre bonheur est une partie de nous comme notre malheur. Il fait parti de notre âme et de notre conscient, mais non pas de notre inconscient éveillé lorsque le conscient dort. Le bonheur ne modifie pas et ignore pas notre personnalité ou notre caractère. En effet, le bonheur de chaque individu est défini par sa personnalité, son caractère, ce qu'il est vraiment. Afin de finir la résolution du problème posé, nous pourrons continuer en se demandant si l'homme est réellement capable d'atteindre le bonheur, et si celui-ci n'est pas simplement voué au fatalisme.

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