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INCOHÉRENCE DE L’INCOHÉRENCE ou DESTRUCTION DE LA DESTRUCTION, Averroès - étude de l'œuvre

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Dans sa violente critique de la philosophie (Tahâfut al-Falâsifa, Incohérence de la philosophie), al-Ghazàlï attaquait les philosophes sur vingt points principaux. Averroès, dans sa réplique, suit pas à pas le texte de Ghazâli et, sauf pour les deux derniers sur lesquels il passe plus rapidement, le réfute point par point. Le premier point, et vraisemblablement le plus important car il lui consacre le quart de son livre, est la critique par Ghazâlï des preuves philosophiques de l’éternité du monde. Ceci est l’occasion pour Averroès de souligner d’emblée le caractère non systématique de la démarche de Ghazâlï. D’après Averroès,

Pour l’être parfait, il n’y a ni besoin ni choix, car il ne peut agir que parfaitement . Conformément à Aristote, son action est une éternelle autocontemplation. De plus, un être omniscient ne peut agir ni décider. Or la perfection de Dieu implique son omniscience. Pour lui, le futur est aussi irrémédiable que le passé. Comme le remarque Simon Van den Berg dans son introduction à la traduction anglaise, «paradoxalement, l’omnipotent est impotent». Pour les aristotéliciens, le devenir est l’actualisation de ce qui est en puissance et Ghazâlï, comme les mégariques et les asha-rites, nie la puissance.

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