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Acte I, scène 4, p. 41-43, de « Égisthe. 11 faut que tu guérisses... » à «... se déclare juste devant nous. »

Extrait du document

Il s'agit d'une scène éminemment théâtrale : scène de famille, propice aux disputes, enjeu tragique, caractères tranchés, mystère qui plane. Giraudoux, dans toute la scène 4, renouvelle de façon originale la tradition.

Remarque : Presque toutes les scènes se prêtent à une analyse du dialogue, en insistant sur le jeu théâtral. 

Électre de Giraudoux

La vérité sur la mort d’Agamemnon : la scène repose sur une opposition mort/vie : mort d’Agamemnon et deuil étemel d'Electre, vie symbolisée par le mariage, qui cache en fait le désir d'étouffer la vérité. Mais comme cette vérité est inaccessible pour l'instant à Electre, celle-ci la déplace, au sens freudien, sur la chute

« Technique théâtrale La scène exprime un rapport de forces. d'où des répliques brèves, surtout celles d'Électre, qui n'excèdent jamais deux phrases. La réplique la plus longue est celle d'Égisthe, qui exprime une philosophie de la mort sur un ton plus posé. L'enchaînement des répliques rebondit sur des mots (vieille technique théâtrale qui a dominé la commedia dell'arte): successivement le verbe guérir, la relation mort/pleurer, le mot liberté, la relation épouse/veuve, le mot complot, le nom Oreste, le verbe porter, le verbe pousser. Les deux dernières répliques, d'Égisthe et du mendiant, sont hors de jeu : on dirait des spectateurs devant un pugilat. Le dialogue fonctionne d'abord comme une discussion sur des arguments, puis sur des exclamations et des questions de plus en plus pressées. Le rythme se précipite, le ton monte jusqu'au cri, avant les répliques finales. Éléments thématiques Le heurt des caractères : Égisthe incarne le bon sens, la modération. Il veut « guérir » Électre d'un deuil interminable, qu'il trouve déraisonnable, pour deux raisons : Électre n'est pas seule à pleurer son père, et le deuil doit être liquidé. Pour exprimer cette vérité psychologique, il ne parle pas de la liberté des vivants mais de celle des morts, paradoxe en rapport avec les plus anciennes croyances de l'humanité sur la survie après la mort. Par ailleurs il réfute le refus du mariage d'Électre en lui reprochant implicitement sa fixation à son père : elle n'est pas son épouse. Électre apparaît comme une écorchée vive, à la répartie prompte et redoutable, conformément à la remarque de Clytemnestre au début de la scène: «Pas une parole (d'elle) qui ne soit perfidie ou insinuation». Dans l'aliénation où Électre vit, la parole est le seul acte qu'elle puisse accomplir. D'où son côté provocateur, persécutée, insolente, passionnée. Clytemnestre n'intervient qu'à partir de la déclaration de sa fille «je suis la veuve de mon père », qu'elle ne peut supporter, d'où son cri : «Électre ! » Elle apparaît sur la défensive, culpabilisée. Elle a peur, comme l'on dit les Euménides à la scène 1. Le mendiant intervient à mi-voix avec une réflexion obscure, en rapport avec ses paroles à la scène précédente (p. 36) : « Quel jour, à quelle heure se déclare-t-elle ? Quel jour devient-elle Électre ? » Il attend cette « déclaration », mais elle viendra plus tard. (Cf son monologue de la scène »

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