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La machine 1900 exigeait qu'un ouvrier la serve, elle n'était automatique que pour une part de son travail et exigeait le service de l'homme, soit pour son alimentation, soit pour une autre phase du travail ; le manoeuvre spécialisé devait agir comme une machine complémentaire de la machine incomplète, répéter sans cesse le même geste à la cadence du métal. La machine 1950 est entièrement automatique ; l'ouvrier n'intervient plus que pour la contrôler ou la réparer : il n'intervient plus que pour accomplir des gestes et des actions réfléchis, intelligents, d'une essence absolument diffé-rente du déterminisme mécanique. Cette évolution si frappante pour qui visite les ateliers, est la marque d'un fait fondamental : loin d'entraîner l'homme dans son domaine d'automatisme, loin de l'assujettir à son propre déterminisme, il apparaît que la machine moderne, en prenant pour elle toutes les tâches qui sont du domaine de la répétition inconsciente, en libère l'homme, et lui laisse les seuls travaux qui ressortissent en propre à l'être vivant, intelligent et capable de prévision. Plus la machine se perfectionne, plus elle est capable d'accomplir des tâches complexes ; mais, par consé-quence même, elle laisse à l'homme celles qui sont plus complexes encore. La machine accomplit déjà les tâches subalternes qu'autre¬fois seul un être vivant pouvait accomplir ; d'abord celles d'un animal, puis celles d'un manoeuvre spécialisé à mesure que la machine se perfectionnera, il est clair maintenant qu'elle libérera progressivement et complètement l'ouvrier de ces tâches serviles ; mais elle ne cessera d'exiger de lui justement ce qui continuera de lui manquer à elle, c'est-à-dire les activités les plus éloignées du déterminisme mécanique ; à mesure que l'évolution se poursuivra, ce seront donc les ressources les plus élevées de son intelligence que l'ouvrier devra mettre en oeuvre, et ces ressources seront, par définition, de plus en plus éloignées de celles qui impliquent la soumission à un automatisme simple. Ainsi la machine, en s'annexant progressivement le domaine des tâches automatiques, des plus

 

élémentaires (machines 1850) aux plus complexes (cybernétique), obligera l'homme à se spécialiser dans les tâches intellectuelles les moins faciles, et dans la solution des problèmes scientifiquement imprévisibles, où l'intuition, la morale et la mystique jouent un rôle prépondérant...

... En libérant l'homme du travail servile, la machine moderne le rend donc disponible pour les activités plus complexes de la civi-lisation intellectuelle, artistique et morale. Il était nécessaire que, au moment où il créait les premières machines, l'homme s'absorbât dans leur étude et leur service. Mais dès maintenant une division du travail s'esquisse, qui ne peut pas ne pas s'affirmer : la machine accomplira toutes les tâches nécessaires à la vie qui ne mettent en jeu que des réflexes ou des déterminismes ; l'homme sera ainsi libéré d'une part considérable de ses travaux traditionnels, mais justement de ceux qui, étant les plus matériels, sont les moins essentiellement humains. La machine conduit ainsi l'homme à se spécialiser dans l'humain...

Tels sont les résultats des cent cinquante premières années du machinisme et du progrès technique. Loin d'aboutir à l'abaissement de l'homme devant la matière, à l'application à l'être vivant du corset de fer du déterminisme mécanique, comme on pouvait le craindre, il y a trente ou cinquante ans, tout indique que la machine non seulement permettra à l'homme le libre exercice de ses facultés les plus hautes, mais le contraindra à cet exercice, en lui retirant progressivement les préoccupations et les obligations de nature matérielle. Tout indique, de plus et surtout, que l'invention et l'usage des machines, après avoir pendant plus d'un siècle obligé la pensée scientifique à se consacrer tout entière à l'étude et la recherche du seul déterminisme, au point que les phénomènes non déterminés étaient négligés ou niés, conduira dans une seconde phase à une plus large compréhension du vaste univers ; les lois de la machine nous feront découvrir par contraste les lois de la vie.

Cette évolution est dès maintenant inscrite dans les faits ; elle est évidente aux yeux de ceux qui en sont avertis. Mais elle reste ignorée du plus grand nombre. Les États-Unis n'entrevoient qu'à peine les insuffisances de leur civilisation mécanicienne. Les innom¬brables populations de l'Asie se ruent avec l'ardeur des néophytes dans les faciles triomphes de l'industrialisation et s'enivrent de l'efficacité immédiate et prodigieuse des déterminismes physiques et sociaux.

Ce n'est encore qu'une poignée d'hommes qui constate la limite de ces succès et qui devine que l'essence rare du progrès humain a besoin, pour vivre et se développer, d'un autre terrain que les

 

serres artificielles de jardiniers passés en vingt ans de la barbarie à la technique. Fils d'une vieille terre qui, depuis cinq cents ans, non seulement a retrouvé la civilisation antique, mais encore a donné au monde des outils intellectuels nulle part ailleurs imaginés, nous savons qu'il est prématuré de couper un arbre qui a donné de bons fruits, sous prétexte qu'il en produit trop peu ou les fait mûrir trop lentement. Nous savons aussi que les jeunes arbres ne se jugent qu'à leurs fruits, et qu'en matière de civilisation, les récoltes ne sont pas annuelles, mais séculaires ou millénaires ; nous savons mieux encore que le progrès intellectuel de l'humanité, du moins le progrès de sa fraction la plus avancée, n'est l'oeuvre ni de l'imi¬tation, ni du conformisme, ni de l'autorité établie, ni des bons élèves de l'enseignement officiel. C'est donc à nous Français, qui de tous les peuples avons le mieux conservé les ressorts individualistes de notre pensée, le pouvoir de synthèse, le goût de la controverse intel-lectuelle et la tradition de la recherche libre et désintéressée, de promouvoir cette révolution intellectuelle qu'implique l'entrée du phénomène vital dans le domaine de la pensée scientifique.

J. FOURASTIÉ, La Machine libère l'homme

(Éditions de Minuit).

RÉSUMÉ

Une différence considérable sépare la machine 1900 •de la machine 195o : les progrès de l'automatisation ont permis d'abolir l'esclavage qui fut celui de l'homme au début du machi¬nisme, et de consacrer l'ouvrier aux tâches demandant le plus d'intelligence. L'homme pourra ainsi exercer ses facultés les plus hautes, et, dominant le déterminisme mécanique, recherchera une plus large compréhension de l'univers. Cette évolution évidente reste ignorée des masses, à l'Est comme à l'Ouest, et la pensée non déterministe, culture et morale, ne fera son chemin que grâce à de vieilles traditions particulièrement vivantes en France.

ANALYSE

Jean Fourastié part dans ce texte d'une constatation historique : une différence considérable sépare la machine 1900 de la machine 195o ; les progrès de l'automatisation ont permis d'abolir l'esclavage qui fut celui de l'homme au début du machi¬nisme, et de consacrer l'ouvrier aux tâches demandant le plus

« LES FORCES EN PRÉSENCE Il y a des ~· bombinettes • de 2 ou 3 kilotonnes (Hiro- shima 15 kilotonnes). 3 . Missiles , guidage, détection Progrès et recherches se portent sur le « guidage avec précision » des charges explosives, nucléaires ou non, c'est-à-dire sur les missiles. • Ils peuvent être « stratégiques », c'est-à-dire de portée intercon­ tinentale (plus de 5 500 km; l'URSS en a 2 500, les États-Unis 2 ooo ) ou « tactiques » (d'une portèe infèrieure à l ooo km), ou de portèe intermédiaire (cas des SS 20 soviétiques ou des Pershings américains) . • Ils peuvent être lancés du sol (silos à fusée du plateau d'A lbion en France ) ou d'un avion (chasseurs Mirages) ou encore d'un sous­ marin. L'Exocet français est un missile air-mer. • URSS et États-Unis ont dépensé des sommes considérables pour se doter de missiles antimissiles (ABM). En 1983, R. Reagan a lancé l 'i dée d 'un réseau antimissile spatial (stations orbitales émettant un rayon laser), et non plus terrestre ; ce qu'on appelle la « Guerre des. Étoiles ~· ( nom officiel : IDS ou initiative de défense stratégique) alimente depuis lors débats et polémiques . • La détection joue un grand rôle : réseaux complexes de radars, avions spécialisés comme l'AWACS américain, et satellites (près de 3 ooo lancés depuis 1957, dont les 2/3 pour des repérage s à usage militaire, comme les Samos américains ou les Cosmos soviétiques). Ill. -Désarmement et maîtrise des armements • Le rêve d'un désarmement général a dominé les activités de la Société des Nations après la Première Guerre mondiale. Il continue d'inspirer la Commission du désarmement , et le Comité du désar­ mement de Genève , qui dépendent de l'ONU. Mais les propositions de ces deux organismes, comme le document de 1981, n'ont jamais reçu le moindre début d'application. • Plus réalistes, les deux Grands ont tenté de parvenir du moins à une maîtrise des armements. Les accords des années 1959-1979 ont multiplié les restrictions quantitatives ou géographiques au déploie­ ment des panoplies nucléaires, sans que soit gênée leur amélioration qualitative . Après la tension de 1979-1985 (euromissiles, IDS ) de nouveaux accords sont intervenus (à Washington, décembre 1987, accord sur la destruction de 826 euromissiles soviétiques et 689 euromissiles américains) et de nouvelles négociations se sont engagées début 1989 sur la réduction des forces classiques, peu après l'annonce par M. Gorbatchev d' une réduction de 500 ooo hommes de son armée . »

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