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Lettre d'une institutrice pour recommander à l'une de ses anciennes élèves de suivre les cours du soir après sa journée d'apprentissage

Publié le 17/01/2022

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Je ne me trouvais pas chez moi lorsque vous êtes venue m'annoncer avec madame votre mère votre entrée en apprentisage, et je le regrette beaucoup, car j'aurais voulu vous engager à suivre mes cours du soir et vous convaincre de leur grande utilité pour vous; mais ce que je n'ai pu faire de vive voix, je vais essayer de le faire par écrit, et je ne désespère pas de vous convaincre.

« lJ'L'\STHUt:TlON :\lOIL\LE ET HELlGIEUSE.

117 réguliers et utiles, vous vous laisserez aller au goût des lectures dangereuses, qui d'abord rempliront tous vos instants de loisir, et bientôt (tant il est difficile de résiter à l'entraînement) finiront par absorber même les moments que vous devez aux soins domestiques.

Quels principes puiserez-vous dans de pareils livres? Vous si simple, si pieuse aujourd'hui, vous deviendrez insensiblement ambitieuse et indifl"érente à vos de­ voirs religieux; votre imagination se créera un monde impossible, et vous vous préparerez un présent triste et ennuyé, et un avenir plus triste et plus fùcheux encore.

Le dégoût de votre position et de votre état, et même le ,dégoût du travail, seront les fruits de ce malaise moral, dont vous ne vous rendrez pas compte; privée des conseils de votre directeur que vous abandonnerez, des sages leçons de votre mère que vous verrez rare­ ment et dont vous commencerez à vous cacher, enfin de mes propres directions que vous dédaignerez, vous succomberez peut-être aux tentations sans nombre que vous trouverez sur votre route, et vous n'apercevrez l'abîme qu'en y tombant, trop tard pour l'éviter ou pour en être sauvée.

Au contraire, ma bonne amie, ces quelques heures passées dans la classe où fut élevée votre enface, au­ près de cette maîtresse que vous avez appris à aimer comme votre seconde mère, rafraîchiront votre âme, reposeront votre esprit et vous habitueront à cette vie douce et innocente, oü l'on trouve le vrai bonheur et le véritable contentement de soi-même.

Au moin­ dre doute, vous rencontrerez toujours en moi un con-. »

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