Cours sur la Conscience et l'Inconscient
Publié le 31/12/2025
Extrait du document
«
La conscience fonde-t-elle l’identité du moi ?
Alain, dans les Manuscrits inédits de 1928, montre que, même si la conscience est
toujours un rapport entre un sujet et un objet extérieur, elle permet néanmoins de
fonder l’identité personnelle.
Cette identité n’est pas une réalité empirique ou une
substance donnée ; elle est une synthèse des différentes perceptions et expériences, et
même un dépassement du passé et une projection vers l’avenir.
Le moi n’est donc pas une chose ; il est le produit toujours renouvelé d’une activité
qui accompagne toutes nos pensées.
C’est l’unité formelle de ce qu’on appelle la vie
intérieure : ce qui fait que, malgré la diversité de nos états, nous nous reconnaissons
comme la même personne.
C’est dans ce sens que l’on peut dire :
« Toute conscience est conscience de quelque chose.
»
La conscience est en effet intentionnelle : elle est ouverture au monde, « éclatement
».
En d’autres termes, elle suppose toujours une distinction entre un sujet et un
objet, un mouvement par lequel le sujet se rapporte à autre chose que lui-même.
C’est cette même activité intentionnelle qui, en se retournant sur elle-même, permet
au moi de se reconnaître, de s’unifier et de se constituer comme identité personnelle.
Le « je pense » qui accompagne toutes nos représentations
En ce sens, la conscience n’est pas une forme d’identité figée, mais ce qui rend
possible l’identité comme travail de mémoire et de récit.
Quand je dis « je », je ne renvoie pas à un ego ou à un moi déjà constitué : je le
construis par mes choix, par le récit que je fais de ma vie et par la mémoire que
j’élabore.
Dire « je », c’est sortir du monde : je ne subis plus la succession temporelle, je la
constitue.
Je me place alors en face du monde qui m’entoure.
Référence : Gaudart — existentialisme
PBL : En quoi peut-on dire que cet extrait de Deux ou trois choses que je sais
d’elle illustre la phrase suivante : « la conscience suppose réflexion et division » (
texte de Gaudart ) ?
Gaudart met en scène un personnage qui se questionne.
Pour lui, la conscience
consiste à être en décalage par rapport à soi-même.
Cela permet de dépasser ce qui nous est simplement donné et ce qui nous arrive.
Il y a là un caractère tragique de la conscience moderne : une conscience en décalage
par rapport à elle-même et par rapport au monde.
Ce n’est pas la certitude cartésienne, mais un dépassement constant de ce qui est
donné.
Après 1945, ce type d’analyse appartient au mouvement existentialiste ( Sartre,
Simone de Beauvoir ).
Idées principales
1.
La conscience n’est pas présence immédiate, mais rapport à soi, fondé sur
la réflexion.
La vie consciente est une plénitude sans sujet.
La conscience réfléchie introduit une distance : elle est moins certitude que
rupture d’un être séparé de sa propre unité.
2.
La conscience ne révèle pas une substance immuable : elle se construit.
Elle est un processus qui donne naissance au sujet, lequel se découvre dans le
temps.
3.
Le doute n’est pas une méthode ou un simple moyen : il est la vie même du
moi.
C’est le refus de l’immédiat, la non-coïncidence avec soi.
4.
La conscience n’est pas un acte intemporel : elle est expérience du passé et
du devenir.
5.
Le moi n’est pas substance : il est devenir irréversible.
Chaque acte nous modifie profondément, et nous découvrons notre
responsabilité d’être le produit de notre propre passé.
6.
Le moi n’est pas une essence : il se définit par le dépassement.
Il est négation active.
La conscience se fait en se niant.
( « L’essence », du latin esse, désigne ce qui fait qu’un être est ce qu’il est.
)
7.
La mémoire n’est pas simple conservation neutre : elle est travail sélectif
de la conscience.
Le souvenir est un jugement moral et un exercice de liberté.
8.
L’artiste est une métaphore du sujet.
Le sujet conscient façonne lui-même son passé, découvrant à la fois ce qu’il a
été et ce qu’il va devenir.
9.
La conscience n’est pas substance mais élan.
Elle structure le temps et lui donne sens.
Thèse générale
L’unité de la conscience est paradoxale : elle n’est pas identité certaine et immuable,
mais devenir lucide et créateur.
Substance : quelque chose qui n'est pas altéré, qui n'est pas altéré par des
changements.
Pascal est un philosophe janséniste.
Le moi ou l'identité personnelle, c'est le nom qu'on donne à une part de nous dont
on pense qu'elle ne change pas et qu'elle nous constitue.
Par moi, on désigne ce qui
nous distingue des autres, l'essence même de ce que nous sommes.
Le moi n'est pas à chercher du côté du corps.
Le moi est une construction.
Le moi n'a
pas de réalité physique, le corps ne traduit pas ce qui est singulier.
Certaines parties
du corps ne traduisent pas ce qui est singulier en nous ( comme la beauté ).
C'est une
argumentation elliptique, concise.
L'identité d'une personne ne se confond pas
avec l'aspect physique.
Conclusion chez Pascal
Le moi n’est ni une réalité physique, ni une réalité spirituelle stable.
Pour Pascal, le
moi n’est ni une réalité substantielle, ni une essence stable.
Pascal va montrer qu’il y a une contradiction interne dans l’idée même de moi :
le moi ne peut être à la fois le cœur de mon être et ce qui me rend singulier.
Or, le moi n’est qu’un ensemble de qualités empruntées et reconnues socialement.
Le terme grec persona signifie « masque ».
→ Le moi est donc un personnage, un masque.
C'est une construction sociale utile,
reconnue par les autres.
Notre identité personnelle dépend de la reconnaissance d’autrui.
Le moi est haïssable car c'est le produit de se donner consistance et il nous enferme
dans un petit être fait de complaisance et d’illusion.
Locke et l’identité personnelle
Locke appartient aux philosophes empiristes :
→ Toutes nos connaissances proviennent de l’expérience ( vie, actions, émotions,
rencontres ).
D’où vient l’identité personnelle pour Locke ?
L’identité personnelle vient de la conscience et de sa continuité.
Ce n’est pas la substance ( âme, corps ), mais la capacité du sujet à se reconnaître
comme le même à travers le temps.
Que signifie l’expression « se consulter soi-même comme le même » ?
Cela signifie :
→ Avoir conscience que l’on est la même personne aujourd’hui qu’hier, par la
mémoire de ses actions, pensées et expériences.
Que signifie « il est impossible d’apercevoir sans apercevoir qu’on aperçoit » ?
Locke veut dire que :
→ Toute perception s’accompagne d’une conscience de percevoir.
C’est la réflexivité de la conscience : elle se prend elle-même pour objet.
Thèse de Locke
L'être pensant, c'est l'Homme qui possède une capacité d'introspection.
Ce qui distingue la personne de la chose, c’est la pensée et la conscience qu’elle a
d’elle-même.
La personne se distingue de la chose par le fait qu’elle possède la pensée.
Être doué
de conscience, c’est pouvoir se rapporter à soi-même.
« Le moi accompagne toutes nos pensées » :
→ Locke affirme que la conscience est constamment liée à nos perceptions et
souvenirs, et c’est cette continuité qui constitue notre identité personnelle.
La conscience et l’identité
La conscience fonde le mode d’être des choses.
Dès qu’on perçoit, on est conscient
qu’on perçoit.
Être pour un sujet n’est pas la même chose qu’être pour une chose.
Une chose ne peut pas être autrement qu’elle est.
Autrement dit, elle est déterminée par son essence.
Elle est seulement ce qu’elle est
par nature.
Alors qu’un sujet conscient est déterminé par ses actions et ses choix, c’est-à-dire
par sa manière d’être au monde et de se construire à travers ses décisions.
C’est la mémoire, selon Locke, qui garantit l’unité de nos états de conscience.
La mémoire façonne notre identité : c’est le rapport que nous entretenons avec
notre passé, le rapport de soi à soi.
« Le je » est un rapport qui évolue dans le temps et selon nos expériences.
C’est donc la conscience qui façonne notre identité.
Conclusion :
La conscience est fondatrice de notre être et de notre identité.
Elle est également
fondatrice de notre liberté.
Pourtant, nous faisons tous les jours l’expérience des limites de notre conscience à
travers ce que Locke appelle les « perceptions sans aperception ».
On perçoit, par exemple, le bruit du réveil sans en avoir une pleine conscience.
Leibniz développe une critique de Locke à ce sujet : notre conscience est limitée, et
nous n’avons pas accès à tout ce qui se passe dans notre esprit.
Ainsi, la conscience n’éclaire pas la totalité de notre psychisme.
Dans la vie quotidienne, nous faisons l’expérience de ces limites à travers les lapsus
ou les actes manqués.
1 ) Les limites de la conscience
A ) L’inconscient chez Leibniz
Dans la préface des Nouveaux essais sur l’entendement humain, Leibniz évoque les
perceptions sans aperceptions : des perceptions qui existent dans notre esprit mais
dont....
»
↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓
Liens utiles
- Le Sujet : Ce que je suis (cours sur la Conscience, l'Inconscient et le Désir)
- Cours de philo: LA CONSCIENCE ET L'INCONSCIENT
- LE SUJET: CONSCIENCE ET INCONSCIENT (cours de philosophie de TL)
- Grand cours: CONSCIENCE & INCONSCIENT (j de j)
- Grand cours: CONSCIENCE & INCONSCIENT (g de j)