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Dans quelle mesure le langage contribue t il à nous donner du pouvoir sur le monde et sur nos semblables ?

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Le langage apparaît à la fois comme le véhicule d’expression de la pensée, comme moyen de nommer les choses et de communiquer. S’interroger sur le pouvoir du langage amène à s’interroger sur ces fonctions, qui donnent au langage un pouvoir propre, qui n’est pas seulement hérité de la pensée qu’il véhicule ni de la réalité dont il serait une copie sous forme de signes. Dans quelle mesure dire les choses peut alors contribuer à nous donner une emprise sur elles et sur les destinataires du discours ? Comment le langage, par sa nature même, peut-il permettre non pas seulement un discours, mais une action sur le monde et les autres ?  Nous verrons dans un premier temps que le langage s’adresse aux passions de ses destinataires et a le pouvoir d’être détaché de la réalité, pour créer une vérité qui lui est propre, ce qui lui confère sa force de persuasion. Nous nous demanderons alors si le langage n’est pas plutôt ce qui forme notre raison et notre pensée, en nous permettant d’agir ainsi ensemble sur un monde connu. Il sera alors possible d’affirmer que si le langage contribue à nous donner du pouvoir sur un plan pratique, son ambition ne doit pas être étendue à la connaissance de l’essence même des choses dégagées du projet d’agir sur elles.

« ne pouvant être que les fruits d'une évolution postérieure à l'invention de la langue.c) Aspects principaux de la démonstration. Rousseau suppose que de prime abord et le plus souvent l'homme vitdans l'illusion. Dans son état naturel tout au moins, il ne voit pas les choses telles qu'elles sont, mais telles que sespassions les lui font voir. Le nom correspond donc originairement à une idée fausse de la chose, présentée par lapassion. Dans l'exemple ici analysé, on voit que c'est seulement l'habitude progressivement acquise de rencontrerd'autres hommes qui aura affaibli la frayeur causé en l'homme sauvage par cette expérience, rendant ainsi possibleune perception non trompeuse de la taille et de la force de l'autre, donc sa reconnaissance comme un autre moi-même, et enfin l'invention d'un terme propre à désigner l'autre aussi bien que moi. La généalogie du langage passedonc par trois étapes : invention (sous la dictée des passions) d'expressions figurées (« tropes » en languesavante), institution plus réfléchie des mots propres, production de métaphores.d) Conclusion. La première langue n'a pu être froide et méthodique comme (selon Rousseau) le français moderne.Elle était vive et passionnée, chantante et musicale ; elle ignorait l'écriture. Elle persuadait sans convaincre,frappait par l'harmonie de ses sonorités davantage qu'elle ne se prêtait au raisonnement comme un instrumentdocile.Remarque : appréciez le contraste entre la position de Bergson et l'argumentation de Rousseau à propos de l'originedu langage. Le langage évolue ensuite dans le sens d'une généralité et d'une abstraction qui permettent de former des idéesgénérales et des concepts, en regroupant les objets du réel en catégories selon leurs propriétés. Le langagecontribue ainsi au pouvoir de l'homme sur le monde et sur ses semblables. En permettant la connaissance du réel, ilpermet d'agir sur les choses par la maîtrise de leurs propriétés, et, par sa fonction de communication, il forme labase des sociétés humaines fondées sur un système de règles, édictées par le langage : il permet ainsi deréglementer les rapports humains par l'accord sur des significations. ²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²² 3° Le langage est orienté vers l'action sur le monde et sur nos semblables, mais n'épuise pas l'essence du réel Selon Bergson, le langage est une création de l'organisme social qu'est l'homme,et est directement orienté vers l'action. Par les concepts, nous découpons leréel selon des catégories qui ne correspondent pas tant à l'essence des chosesqu'à nos besoins en vue de cette action sur le réel. Le langage correspond doncà la connaissance théorique du réel en vue de l'action et à des habitudessociales : il contribue ainsi à notre pouvoir sur le réel et sur nos semblables, pardes catégories partagées par tous qui permettent une action commune. Maisces catégories ne nous donnent pas le pouvoir d'accéder aux articulationspropres du réel, qui résistent à cette classification en termes de besoin. Poursaisir ce qu'est réellement un sentiment vécu, par exemple, il faut pouvoir sedégager de nos intérêts pratiques de pouvoir pour comprendre, par une intuitionmétaphysique, l'essence même de ce vécu qui s'écoule dans la durée, alors quele langage segmente ce vécu par des concepts discontinus. Si le langagecontribue bien à un pouvoir pratique sur les choses et à un vécu social, ilconvient donc cependant de ne pas prendre ce pouvoir pratique pour uneconnaissance absolue du réel tel que nous le vivons. L'homme est organisé pour la cité comme la fourmi pour la fourmilière,avec cette différence pourtant que la fourmi possède des moyens toutfaits d'atteindre le but, tandis que nous apportons ce qu'il faut pour lesréinventer et par conséquent pour en varier la forme. Chaque mot de notre langue a donc beau être conventionnel, le langage n'est pas une convention, et il estaussi naturel à l'homme de parler que de marcher. Or, quelle est la fonction primitive du langage ?C'est d'établir une communication en vue d'une coopération. Le langage transmet des ordres ou desavertissements. Il prescrit ou il décrit.Dans le premier cas, c'est l'appel à l'action immédiate, dans le second, c'est le signalement de la chose oude quelqu'une de ses propriétés, en vue de l'action future.Mais, dans un cas comme dans l'autre, la fonction est industrielle, commerciale, militaire, toujours sociale.Les choses que le langage décrit ont été découpées dans le réel par la perception humaine en vue dutravail humain. Les propriétés qu'il signale sont les appels de la chose à une activité humaine. BERGSON. Ce texte de Bergson traite essentiellement du langage. Bergson s'attache à décrire en quoi réside selon lui ce qu'ilappelle la fonction primitive du langage. Celle-ci réside en l'occurrence dans une fonction sociale. Le langage existeafin de permettre aux hommes d'agir et de vivre en société. Par là même, toute la problématique de ce texte vatourner autour du fait de savoir si le langage a bien pour sens d'avoir une telle fonction. Tous les philosophes n'ontpas été d'accord avec ce point de vue. Certains penseurs comme Martin Heidegger ont soutenu que l'essence dulangage était poétique et non technique ou sociale. Conclusion »

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