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DESCARTES, Lettre au marquis de Newcastle du 23 novembre 1646 (commentaire)

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descartes

La tradition biblique pose l'existence d'une classification des êtres vivants en accordant une place privilégiée à l'homme, roi de la création. Tout se serait passé comme si la nature, dans son ensemble, minéraux et animaux, avait été mise à la disposition de l'homme en vue de son accomplissement. Comment dès lors accepter que le comportement animal soit si proche de celui de l'homme sans accorder les mêmes prérogatives intellectuelles aux uns et aux autres ? Jusqu'à quel point peut-on comparer les hommes et les animaux, tel sera l'objectif fixé par Descartes dans une analyse de l'animal-machine directement issue des observations iatromécanistes des physiologistes du XVIème siècle. 

« vraisemblance , ce qui ne permet en aucun cas de conclure à une vérité . A cet égard, l'argument de Descartes est le suivant : si on devait accorder la pensée à certains animaux, cela entraînerait l'obligation d'étendre ceprincipe à l'ensemble des animaux ; ce qui est strictement impensable en raison de l'imperfection patente decertains d'entre eux comme les huîtres et les éponges. Au centre de ce débat il y a la représentation du vivant, del'organique, comme étant ou non réductible au modèle strictement mécanique. Dès l'Antiquité, deux conceptions s'affrontèrent. D'un côté Empédocle et Lucrèce pour qui hasard et nécessité créent l'organe. De l'autre Aristote qui permit au finalisme et au vitalisme de triompher. Pour Aristote,c'est l'âme qui est le principe de tout mouvement. Elle est solidaire du corps. Son rapport au corps est celuid'une forme à une matière, ce qu'Aristote nomme entéléchie . Ce vitalisme antique attribuait une âme à chaque chose et à chaque être. La révolution galiléenne sera une véritable rupture épistémologique puisqu'elle vatoucher directement le principe d'inertie : aucun corps ne sort du repos s'il n'est soumis à une force extérieure.Descartes expérimente ce principe en l'appliquant au vivant, renonçant du même coup au vitalisme finaliséd'Aristote. Ainsi le comportement animal devient la reproduction d'une suite de stéréotypes, d'automatismes, quiexcluent toute inventivité ou créativité comme symboles de la pensée et de la liberté. Cette thèse mécaniste aété reprise au XVIIIème siècle par les grands noms de la médecine matérialiste comme La Mettrie, Helvétius etd'Holbach, qui en ont profité pour réduire l'âme à une simple complexification de la chimie du vivant. Il est clairque le fonctionnement des vivants se traduit par la mise en évidence de constituants chimiques à l'instar dumessage héréditaire. Certes ce sont les machines qui ont servi de modèle conformément au principe de lacausalité qui voit chaque pièce agir sur une autre unilatéralement. Tout ceci a cependant été dépassé par laconstruction de machines avec feed-back dans lesquelles l'effet obtenu rétro-agit sur la cause de sa production. Ce nouveau modèle a révolutionné la biologie au point de considérer le vivant comme un tout dont l'unité n'estpas la simple addition des parties qui le composent (thèse holistique). L'objection la plus pertinente au texte de Descartes est celle que lui a faite Kant dans la Critique du Jugement . Un être vivant est un être organisé certes, mais c'est aussi et surtout un être qui s'organise lui-même. Les parties d'une machine existent les unes pour les autres et non les unes par les autres. Il n'est donc paspossible d'assimiler les organes du corps aux différentes pièces d'une machine. La finalité du vivant ne sauraitêtre réduite à une finalité strictement mécanique. En réduisant les animaux à des machines, Descartesréintroduit en fait un finalisme à connotation théologique car si l'on parle de mécanique vivante, comment éviterde faire appel à un Artisan supérieur, créateur de la mécanique en question. »

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