Devoir de Philosophie

Devoir: obligation et contrainte ?

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En effet, la simple possibilité de désobéissance à une obligation conduit, par réalisme, à penser la nécessité d'une contrainte réglée en vue de l'ordre social.Devoir civique et contrainte.Le droit politique, posé par la raison, en est l'exemple. Il implique le respect de devoirs civiques, dont le premier est la connaissance et le respect des lois. Or, seul l'usage légal de la contrainte donne au droit la force qui peut lui manquer pour s'imposer à la conscience : un citoyen a des droits, mais il est aussi assujetti à des devoirs, dont le premier est le respect du droit des autres. La sanction pénale est la conséquence juridique de la désobéissance à l'obligation légale. Mais si l'on dit que le condamné doit purger sa peint il s'agit ici d'une nécessité, d'une contrainte puisqu'il n'a plus la liberté de choisir. En s'opposant à l'accomplissement de la peine, il entre en conflit ouvert avec la Cité. L'obéissance à la loi doit être librement consentie, donc un effet de la volonté du citoyen. Or, cela n'implique-t-il pas que le fondement du droit est en accord avec le caractère moral du devoir ?

L'obligation est un devoir auquel je suis tenu de satisfaire, tout en pouvant matériellement m'y soustraire (ex. : je suis obligé de secourir un malheureux, mais je peux néanmoins n'en rien faire). Tandis que la contrainte est une force, à laquelle je n'ai pas la possibilité matérielle d'échapper (ex. : l'État contraint - par une saisie - le citoyen récalcitrant à payer ses impôts).

« KANT : le devoir comme impératif catégorique Selon Kant, la volonté n'obéit pas toujours naturellement à la raison. Dans cecas la raison exerce une contrainte sur la volonté. Cette contraintes'appelle un impératif. Les impératifs sont de deux sortes :— les impératifs hypothétiques expriment la nécessité pratique de certainesactions considérées non en elles-mêmes mais pour leurs résultats, c'est-à-dire comme des moyens subordonnés à une fin (par exemple, je dois prendrece médicament pour guérir, si je veux guérir). Les impératifs hypothétiques serattachent à la prudence et visent le bonheur de l'individu ;— les impératifs catégoriques, en revanche, commandent les actions non pourleurs résultats, mais pour elles-mêmes. Ils ordonnent sans condition et sontd'une évidence immédiate : dès qu'ils sont aperçus, la volonté sait qu'elle doits'y soumettre. En outre, étant indépendants de toute fin, les impératifscatégoriques s'imposeront à n'importe quelle volonté particulière. Ils secaractérisent donc par leur universalité. C'est pourquoi il n'y a au fond qu'unseul impératif catégorique d'où tous les impératifs du devoir peuvent êtredérivés et que Kant énonce ainsi : « Agis uniquement d'après la maxime quifait que tu peux vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle ».De cette formule, Kant en déduit trois autres :• « Agis comme si la maxime de ton action devait être érigée par ta volontéen loi universelle de la nature. » • « Agis de telle sorte que tu traites l'humanité, aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre,toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen. »• « Agis toujours de telle sorte que tu puisses te considérer comme législateur et comme sujet dans un règne desfins rendu possible par la liberté de la volonté. » Devoir et cas de conscience. Il n'y a de devoir que pour l'homme, être de passion et de raison, qui peut vivre une confrontation, voire unaffrontement, entre ce qu'il est et ce qu'il doit être.Cependant, l'obéissance à la loi n'est pas simple conformité extérieure à ce qu'elle prescrit. Ce ne serait en effet queconformisme ou, pire, tartufferie et hypocrisie. Une action morale doit être accomplie par devoir, c'est-à-dire sansautre mobile que le devoir. Certes, l'action parfaitement morale est un idéal. Mais l'homme est responsable de lamoralisation de ses actions réelles et manifeste, dans ce dépassement de ses penchants sensibles, la puissance etl'autonomie de sa volonté. En effet, c'est dans l'action et non dans la simple intention de bien faire, que semanifeste la véritable morale : quand, ayant affronté le problème du conflit des devoirs, la personne a jugé etdécidé d'agir selon ce que sa conscience lui dicte. Il y va de la valeur supérieure à toutes les autres, sa dignité.On peut alors parler d'un sens du devoir comme capacité de saisir ce qu'il faut faire et de le faire. On invoque parexemple un devoir de résistance ou de désobéissance lorsque des ordres obligent un homme à accomplir ce que saconscience réprouve ou condamne.Le devoir semble ne pas être seulement attaché à la règle posée ou imposée, mais à la volonté de celui qui, « enson âme et conscience », décide ou non de lui obéir. « Le devoir est la nécessité d'accomplir une action par respect pour la loi. » Kant, Fondements de la métaphysique des moeurs, 1785.« Par respect pour la loi » : une action accomplie en conformité apparente avec le devoir n'est pas nécessairementune action morale ; pour qu'elle le soit, il faut qu'elle ait été accomplie par devoir, c'est-à-dire par pur respect de laloi morale. « Celui qui sauve un de ses semblables en danger de se noyer accomplit une action moralement bonne, que sonmotif d'action soit le devoir ou l'espoir d'être payé de sa peine. » John Stuart Mill, L'Utilitarisme, 1861. « Devoir ! mot grand et sublime, [...] ou trouver la racine de ta noble lige [...] ? Ce ne peut être rien de moinsque ce qui élève l'homme au-dessus de lui-même. » Kant, Critique de la raison pratique, 1788. « Il n'y a donc qu'un impératif catégorique, et c'est celui-ci : Agis uniquement d'après la maxime qui fait que tupeux vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle. » Kant, Fondements de la métaphysique des »

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