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Enfance et Raison

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Appréciations d'ensemble et remarques

Cette réflexion bien construite et correctement articulée possède les qualités techniques obéissant aux lois du gen­re : bonne introduction, développement vivant et démons­tratif, avec une réserve toutefois pour ce qui est de la con­clusion, qui est plus ici la continuation de la dernière partie du développement qu'une reprise synthétique répon­dant nettement à la question posée.

 

Les références philosophiques et scientifiques sont inté­ressantes, mais certaines d'entre elles auraient pu être creusées davantage dans le sens de la problématique ouverte par le sujet. Ainsi, il aurait été judicieux de se demander ce qu'était réellement l'enfance pour Descartes lorsqu'il dit, dans le Discours de la méthode que « nous avons été enfants avant que d'être hommes « : ce qui signifie notamment que la maîtrise de l'investigation rationnelle autonome du réel ne s'atteint chez l'homme qu'après qu'il est sorti de l'univers d'erreurs et d'illusions sensibles et intellectuelles qui est le propre de la période immature de l'enfance, période soumise à l'influence et à l'autorité des « nourrices «, des « précepteurs « et de:, « pré­jugés «.

« tombaient dans le vide, mais concluait que c'était impossible. Galilée, lui, reprit les mêmes expériences, refit les mêmes démonstrations. Mais il arrivait 30 presque vingt siècles plus tard. Sa raison était formée aux vecteurs, au mouvement abstrait, qu'il savait décomposer. Et il se servit de la chute des corps dans le vide, qu'Aristote jugeait impossible, pour fonder sa théorie de la chute des corps, sur laquelle est basée 35 toute la physique actuelle. Aristote possédait à peu de choses près la même technologie que Galilée, mais sa raison, par certains côtés encore mythique, ne pouvait appréhender un mouvement ramené à des vecteurs et à quelques équations. 40 De plus, dans un même pays, à une même époque, des gens de milieux sociaux différents ne possèdent pas les mêmes formes de raison (« Ce n'est pas pos­ sible de raisonner avec quelqu'un comme ça »). Et puis, si la raison était innée, pourquoi prendrait-on 45 tant de peine à inculquer aux enfants des écoles une raison mathématique, qui privilégie le classement, la décomposition des difficultés, suivant les règles de la méthode, exposées par Descartes. D'ailleurs, Rous­ seau lui-même est bien persuadé qu'en dehors de toute 50 société, il ne peut y avoir une raison. « L'homme sau­ vage, dit-il, ne pense point et dort pour ainsi dire tout le temps qu'il ne pense point ». Puisque la raison n'est pas innée, c'est qu'elle est acquise. En Occident, quand un enfant joue avec des 55 cubes en couleur, on lui apprend à les classer par cou­ leurs : les rouge clair avec les rouge foncé, les bleu ciel et les bleu turquoise. Sa raison se forme à ce critère pour séparer les choses. Dans des peuplades pigmées, ce n'est pas par la couleur, mais par le degré de« foncé» 60 que l'on classe les objets : les vert clair avec les rouge clair, les vert foncé avec les rouge foncé. Ainsi, un enfant occidental et un enfant pigmé auront été formés avec des raisons fondamentalement différentes, ils n'auront pas la même raison. »

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