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Est-il nécessaire d'être cultivé pour apprécier une oeuvre d'art ?

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Elles ne leur apportent aucun plaisir pour la seule raison qu'ils n'ont pas appris a les apprécier. Certes, les traités techniques et les commentaires ne sont pas une fin en soi, mais ils sont le tremplin indispensable sans lequel l'amateur ne sera jamais dans l'état propice a l'appréciation dune oeuvre d'art. Gouter, c'est toujours juger; et si je veux juger Molière, Mozart ou Mondrian, il faut d'abord que j'apprenne à comprendre leur langage et leur univers.

LES LIMITES DU SENTIMENT.

Il y a quelque chose de profondément subjectif dans le rapport à l'art. Avoir un rapport à l'art, c'est être capable de ressentir quelque chose devant une oeuvre. C'est se laisser gagner par l'émotion qu'elle suscite. Cet aspect subjectif du rapport à l'art est d'autant plus important qu'il est conforté par deux éléments : l'art, comme le disait Hegel, c'est de l'idéal devenu sensible. Le génie de l'artiste n'est pas d'avoir des idées. Il réside dans le fait de les matérialiser.

- Se cultiver, c'est se développer par l'instruction et l'exercice des potentialités que l'on a en soi, afin d'en faire d'authentiques capacités. En tout être humain, existe une diversité de potentialités. Mais celles-ci ne deviennent pas spontanément des capacités accomplies dans leur plénitude. Qu'un tel accomplissement puisse différer, en degré ou en nature, selon la singularité des individus, ne peut être opposé à la nécessité de la culture, entendue ici au sens premier et essentiel de processus de développement et de formation - procédant par sollicitation des dispositions naturelles.
 - La capacité de jouir des oeuvres d'art, de saisir leur valeur, voire de les comparer, fait à l'évidence partie des capacités propres à une humanité pleinement réalisée. Apprécier une oeuvre, c'est à la fois la « goûter « (ce qui relève du sens esthétique) et en situer tout l'apport dans une « expérience « esthétique plus vaste.
 - Parler d'« oeuvres d'art «, c'est se référer à un certain type d'objets produits, différents par exemple des objets utilitaires - ou du moins répondant aussi à une finalité propre : la belle amphore conserve l'eau fraîche, mais elle procure en outre un plaisir esthétique par l'harmonie de sa forme. Si la production d'oeuvres d'art répond à une finalité propre, n'est-ce pas en liaison avec la façon dont elle satisfait des exigences esthétiques propres à l'homme ? Le beau artistique, selon l'affirmation de 
Hegel, est singulièrement différent du beau naturel, en ce qu'il exprime sous forme sensible la richesse de l'esprit. Au-delà d'un simple plaisir produit par l'activité libre des sens, cette dimension spirituelle, tout en semblant se manifester spontanément, ne requiert-elle pas, pour chaque être humain, le processus de la culture ? En ce sens, c'est par la culture que se mettrait en place cette familiarité intime avec les oeuvres de l'esprit - et l'esprit ne serait pas autre chose que l'humanité elle-même, parvenant à la conscience de ce qu'elle peut créer en s'affirmant.

« [Etendre ma connaissance de l'art me permet de saisir avec plus de finesse la richesse, les qualités d'une oeuvre. C'est ainsi que le plaisir esthétique peut atteindre a la plénitude.] L'art exige un public qui soit apte le comprendrePour entrer dans l'univers de l'art, il faut pénétrer dans l'univers de chaque artiste et l'effort est toujoursrefaire, car l'accès a l'un des univers ne nous dispense pas du travail nécessaire pour entrer dans l'autre. Toutartiste se révolterait à l'idée que son oeuvre soit réduite par un public inculte à un spectacle produisant desimpressions aussi subjectives que fausses. Il faut donc récuser la subjectivité d'un amateur dont l'appréciationserait réduite a l'alternative: j'aime ou je n'aime pas. Il est indispensable, pour apprécier l'art, de savoir faire ladifférence entre ce qui est beau et ce qui n'est qu'agréable. "Pour ce qui est de l'agréable chacun se résigne ce que son jugement,fondé sur un sentiment individuel, par lequel il affirme qu'un objet luiplaît, soit restreint à sa seule personne. Il admet donc quand il dit : levin des Canaries est agréable, qu'un autre corrige l'expression et luirappelle qu'il doit dire : il m'est agréable ; il en est ainsi non seulementpour le goût de la langue, du palais et du gosier, mais aussi pour ce quiplaît aux yeux et aux oreilles de chacun. L'un trouve la couleur violettedouce et aimable, un autre la trouve morte et terne ; l'un préfère le sondes instruments à vent, l'autre celui des instruments cordes. Discuter àce propos pour accuser d'erreur le jugement d'autrui, qui diffère dunôtre, comme s'il s'opposait à lui logiquement, ce serait folie ; au pointde vue de l'agréable, il faut admettre le principe : à chacun son goût (ils'agit du goût des sens). Il en va tout autrement du beau. Car il seraittout au contraire ridicule qu'un homme qui se piquerait de quelque goût,pensât justifier ses prétention en disant : cet objet (l'édifice que nousvoyons, le vêtement qu'un tel porte, le concert que nous entendons, lepoème que l'on soumet à notre jugement) est beau pour moi. Car il nesuffit pas qu'une chose lui plaise pour qu'il ait le droit de l'appeler belle ;beaucoup de choses peuvent avoir pour lui du charme et de l'agrément,personne ne s'en soucie mais quand il donne une chose pour belle, ilprétend trouver la même satisfaction en autrui ; il ne juge passeulement pour lui mais pour tous et parle alors de la beauté comme si elle était une propriété d'objets ; il dit donc : la chose est belle, et s'il compte sur l'accord des autres avecson jugement de satisfaction, ce n'est pas qu'il ait constaté diverses reprises cet accord mais c'est qu'ill'exige. Il blâme s'ils jugent autrement, il leur dénie le goût tout en demandant qu'ils en aient ; et ainsi on nepeut pas dire : chacun son goût. Cela reviendrait à dire : il n'y a pas de goût, c'est-à-dire pas de jugementesthétique qui puisse légitimement prétendre l'assentiment universel." KANT Certaines oeuvres paraissent hermétiques, il faut donc bien apprendre leur langageDe nombreuses oeuvres restent totalement incompréhensibles pour la grande majorité du public. Elles ne leurapportent aucun plaisir pour la seule raison qu'ils n'ont pas appris a les apprécier. Certes, les traitéstechniques et les commentaires ne sont pas une fin en soi, mais ils sont le tremplin indispensable sans lequell'amateur ne sera jamais dans l'état propice a l'appréciation dune oeuvre d'art. Gouter, c'est toujours juger; etsi je veux juger Molière, Mozart ou Mondrian, il faut d'abord que j'apprenne à comprendre leur langage et leurunivers. LES LIMITES DU SENTIMENT. Il y a quelque chose de profondément subjectif dans le rapport à l'art. Avoir un rapport à l'art, c'est êtrecapable de ressentir quelque chose devant une oeuvre. C'est se laisser gagner par l'émotion qu'elle suscite.Cet aspect subjectif du rapport à l'art est d'autant plus important qu'il est conforté par deux éléments :l'art, comme le disait Hegel, c'est de l'idéal devenu sensible. Le génie de l'artiste n'est pas d'avoir des idées. Ilréside dans le fait de les matérialiser.au départ, nous avons tous aimé avant de connaître. La connaissance est l'effet de l'amour, qui seulconstitue l'origine sensible du plaisir. L'amour est donc bien la condition de possibilité de la connaissance.Ceci dit, si il ne suffit pas de connaître pour aimer, quand on aime l'art, on cultive ce goût et donc, on »

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