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Être contraint et s'obliger, est-ce la même chose ?

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.). Lorsqu'une cité démocratique, altérée de liberté, trouve dans ses chefs de mauvais échansons (1), elle s'enivre de ce vin pur au delà de toute décence ; alors, si ceux qui la gouvernent ne se montrent pas tout à fait dociles et ne lui font pas large mesure de liberté, elle les châtie (...). Et ceux qui obéissent aux magistrats elle les bafoue et les traite d'hommes serviles et sans caractère. Par contre elle loue et honore, dans le privé comme en public, les gouvernants qui ont l'air de gouvernés et les gouvernés qui prennent l'air de gouvernants. N'est-il pas inévitable que dans une pareille cité l'esprit de liberté s'étende à tout ? (...). Qu'il pénètre, mon cher, dans l'intérieur des familles, et qu'à la fin l'anarchie gagne jusqu'aux animaux ? (.

Analyse du sujet:     Le sujet pose le problème de l’action dirigée à l’encontre du penchant naturel. Il s’agit ici de confronter deux termes qui peuvent aux premiers abords paraître identiques, à savoir la contrainte et l’obligation. Cependant il s’agit tout d’abord de s’interroger sur l’origine de cette action forcée, dans le cas de la contrainte, utilisée ici au passif, elle vient de l’extérieur, je suis contraint par quelqu’un, cet acte ne vient pas de moi mais d’autrui ou d’une institution qui possède un certain pouvoir sur moi. L’obligation par contre vient de moi, elle est ici réfléchie, je m’oblige à faire quelque chose. La difficulté rencontrée dans le problème posé sera de déterminer si ces limites sont aussi évidentes qu’elles en ont l’air. Puis je être à l’origine d’une contrainte que je m’impose sans qu’il y ait de pression venant de l’extérieur? De plus si on me contraint à quelque chose n’est ce pas dans ce cas moi aussi qui participe à cette contrainte, sans quoi je ne pourrais l’exercer? Problématique Il s’agira donc de distinguer tout d’abord la nature morale de l’obligation. Si je m’oblige à faire quelque chose, n’est ce pas pour satisfaire mon besoin d’agir moralement? Mais d’un autre côté, la morale n’est elle pas issu d’un consensus collectif et donc qui vise au bonheur de la communauté? Enfin le fait de vivre en société n’est ce pas déjà être contraint à agir moralement plutôt que de suivre son instinct?

« Platon Glaucon a raconté à Socrate l'histoire légendaire de Gygès, berger qui découvrit unanneau capable de le rendre invisible. S'étant aperçu du pouvoir de cet anneau, Gygèsen a profité pour commettre les actes les plus criminels en toute impunité comme, enparticulier, tuer le roi pour s'emparer de son trône. Glaucon : Supposons maintenantdeux anneaux comme celui-là, mettons l'un au doigt du juste, l'autre au doigt de l'injuste; selon toute apparence, nous ne trouverons aucun homme d'une trempe assez fortepour rester fidèle à la justice et résister à la tentation de s'emparer du bien d'autrui,alors qu'il pourrait impunément prendre au marché ce qu'il voudrait, entrer dans lesmaisons pour s'accoupler à qui lui plairait, tuer les uns, briser les fers des autres, en unmot être maître de tout faire comme un dieu parmi les hommes. En cela, rien ne ledistinguerait du méchant et ils tendraient tous deux au même but et l'on pourrait voir làune grande preuve qu'on n'est pas juste par choix, mais par contrainte, vu qu'on neregarde pas la justice comme un bien individuel, puisque partout où l'on croit pouvoirêtre injuste on ne s'en fait pas faute 2) Cependant ce n'est que grâce à la morale que je peux garantir ma liberté. La morale m'assure une vieen communauté Kant Supposons que quelqu'un affirme, en parlant de son penchant au plaisir, qu'il lui est tout à fait impossible d'y résisterquand se présentent l'objet aimé et l'occasion : si, devant la maison où il rencontre cette occasion, une potenceétait dressée pour l'y attacher aussitôt qu'il aurait satisfait sa passion, ne triompherait-il pas alors de son penchant? On ne doit pas chercher longtemps ce qu'il répondrait. Mais demandez-lui si, dans le cas où son prince luiordonnerait, en le menaçant d'une mort immédiate, de porter un faux témoignage contre un honnête homme qu'ilvoudrait perdre sous un prétexte plausible, il tiendrait comme possible de vaincre son amour pour la vie, si grand qu'ilpuisse être. Il n'osera peut-être pas assurer qu'il le ferait ou qu'il ne le ferait pas, mais il accordera sans hésiter quecela lui est possible. Il juge donc qu'il peut faire une chose, parce qu'il a conscience qu'il doit la faire et il reconnaîtainsi en lui la liberté qui, sans la loi morale, lui serait restée inconnue. Transition : Certes la morale apparaît comme une obligation qui m'impose des choses non naturelles cependant en agissant pour le bien de la communauté j'agis pour le mien propre. Puis je pour autant parler de bien lorsque je suiscontraint à des actes qui ne découlent pas de ma morale? II La contrainte extérieure ne m'apporte aucune satisfaction car elle ne dépend pas de moi 1) La contrainte qui vient d'un autre que moi est un acte répressif, totalitaire, je perd ma liberté et monidentité, je ne suis plus qu'un objet MarxEn quoi consiste l'aliénation du travail ? D'abord, dans le fait que le travail est extérieur à l'ouvrier, c'est-à-dire qu'iln'appartient pas à son essence, que donc, dans son travail, celui-ci ne s'affirme pas, mais se nie, ne se sent pas àl'aise, mais malheureux ; il n'y déploie pas une libre activité physique et intellectuelle, mais mortifie son corps etruine son esprit. En conséquence, l'ouvrier ne se sent lui-même qu'en dehors du travail et dans le travail il se sentextérieur à lui-même. Il est à l'aise quand il ne travaille pas et, quand il travaille, il ne se sent pas à l'aise. Sontravail n'est donc pas volontaire, mais contraint, c'est du travail forcé. Il n'est donc pas la satisfaction d'un besoin,mais seulement un moyen de satisfaire des besoins en dehors du travail. Le caractère étranger du travail apparaîtnettement dans le fait que, dès qu'il n'existe pas de contrainte physique ou autre, le travail est fui comme la peste.Le travail extérieur à l'homme, dans lequel il se dépouille, est un travail de sacrifice de soi, de mortification. Enfin lecaractère extérieur à l'ouvrier du travail apparaît dans le fait qu'il n'est pas son bien propre, mais celui d'un autre,qu'il ne lui appartient pas, que dans le travail l'ouvrier ne s'appartient pas lui-même, mais appartient à un autre. [...]On en vient donc à ce résultat que l'homme (l'ouvrier) se sent agir librement seulement dans ses fonctions animales: manger, boire et procréer, ou encore, tout au plus, dans le choix de sa maison, de son habillement, etc. ; enrevanche, il se sent animal dans ses fonctions proprement humaines. Ce qui est animal devient humain, et ce qui esthumain devient animal. [...] Nous avons considéré l'acte d'aliénation de l'activité humaine pratique, le travail, sousdeux aspects : 1) le rapport de l'ouvrier au produit du travail en tant qu'objet étranger qui le tient sous sadomination. [...] 2) le rapport entre le travail et l'acte de production à l'intérieur du travail. 2) La contrainte a pour but de satisfaire un désir individuel qui ne contribue pas au besoin de la collectivité.Contrairement à la morale, la contrainte est un acte tyrannique qui met en danger la société et la libertédes individus PlatonN'est-ce pas le désir insatiable de ce que la démocratie regarde comme son bien suprême qui perd cette dernière ?Quel bien veux-tu dire ? La liberté, répondis-je. En effet, dans une cité démocratique tu entendras dire que c'est leplus beau de tous les biens, ce pourquoi un homme né libre ne saura habiter ailleurs que dans cette cité (...). Or »

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