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Etude de texte d'Alan sur l'inconscient

Publié le 18/05/2017

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Etude d’un texte d’Alain sur l’inconscient « Le freudisme, si fameux, est un art d'inventer en chaque homme un animaI redoutable, d'après des signes tout à fait ordinaires; les rêves sont de tels signes; les hommes ont toujours interprété leurs rêves, d'où un symbolisme facile. Freud se plaisait à montrer que ce symbolisme facile nous trompe et que nos symboles sont tout ce qu'il y a d'indirect. Les choses du sexe échappent évidemment à la volonté et à la prévision; ce sont des crimes de soi, auxquels on assiste. On devine par là que ce genre d'instinct offrait une riche interprétation. L'homme est obscur à lui-même ; cela est à savoir. Seulement il faut éviter ici plusieurs erreurs que fonde le terme d'inconscient. La plus grave de ces erreurs est de croire que l'inconscient est un autre Moi; un Moi qui a ses préjugés, ses passions et ses ruses ; une sorte de mauvais ange, diabolique conseiller. Contre quoi il faut comprendre qu'il n'y a point de pensées en nous sinon par l'unique sujet, Je ; cette remarque est d'ordre moral. *...+ L’inconscient est donc une manière de donner dignité à son propre corps de le traiter comme un semblable - , comme un esclave reçu en héritage et dont il faut s’arranger. L'inconscient est une méprise sur le Moi, c'est une idolâtrie du corps. On a peur de son inconscient; là se trouve logée la faute capitale. Un autre Moi me conduit qui me connaît et que je connais mal. L'hérédité est un fantôme du même genre. « Voilà mon père qui se réveille; voilà celui qui me conduit. Je suis par lui possédé. » *…+ En somme, il n’y a pas d’inconvénient à employer couramment le terme d’inconscient ; c’est un abrégé du mécanisme1. Mais, si on le grossit, alors commence l’erreur ; et bien pis, c’est une faute. », Alain, Eléments de philosophie (1941). ↓ 1 2 3 4 5 6 7 ↓ ↓ « Le freudisme, si fameux, est un ART d'inventer en chaque homme un animal redoutable, d'après des signes tout à fait ordinaires ; / les rêves sont de tels signes ; les hommes ont toujours INTERPRÉTÉ leurs rêves, d'où un symbolisme facile. Freud se plaisait à montrer que ce symbolisme facile nous trompe et que nos symboles sont tout ce qu'il y a d'indirect. Les choses du sexe échappent évidemment à la volonté et à la prévision ; ce sont des crimes de soi, auxquels on assiste. On devine par là que ce genre d'instinct offrait une riche interprétation. // L'homme est obscur à lui-même ; cela est à savoir. / Seulement il faut éviter ici plusieurs erreurs que fonde le terme d'INCONSCIENT. La plus grave de ces erreurs est de croire que l'inconscient est un autre Moi ; un Moi qui a ses préjugés, ses passions et ses ruses ; une sorte de mauvais ange, diabolique conseiller. Contre quoi il faut comprendre qu'il n'y a point de pensées en nous sinon par l'unique SUJET, Je ; cette remarque est d'ordre moral. [...] / L’inconscient est donc une manière de donner dignité à son propre corps, de le traiter comme un semblable - , comme un esclave reçu en héritage et dont il faut s’arranger. L'inconscient est une méprise sur le Moi, c'est une idolâtrie du corps. On a peur de son inconscient ; là se trouve logée la faute capitale. Un autre Moi me conduit qui me connaît et que je connais mal. L'hérédité est un fantôme du même genre. « Voilà mon père qui se réveille ; voilà celui qui me conduit. Je suis par lui possédé. » *…+ // En somme, il n’y a pas d’inconvénient à employer couramment le terme d’inconscient ; c’est un abrégé du mécanisme. / Mais, si on le grossit, alors commence l’erreur ; et bien pis, c’est une faute. », Alain, Eléments de philosophie (1941). I] II] III] Difficultés du texte : ~ expliquer certains passages en références à la pensée de Descartes ; ~ puisque le texte est une critique de l’inconscient freudien, il est nécessaire de faire référence à la théorie freudienne en la citant de manière précise, afin de montrer comment l’auteur a raison de la présenter comme il le fait, mais peut-être aussi comment il déforme ou la mésinterprète ; ~ il faut être attentif aux termes techniques (« freudisme », « signes », « symbolisme », « interpréter », « l’unique sujet, Je », « l’erreur » / « faute »…) et aux expressions peu 1 : Attitude philosophie et scientifique qui consiste à réduire le fonctionnement du corps vivant à des mécanismes physicochimiques (comme l’a fait Descartes). 1 évidentes (« choses du sexe », « autre moi », « une manière de donner dignité à son propre corps », « idolâtrie du corps », « abrégé du mécanisme », « grossit »…) ; ~ il s’agit de préciser les liens logiques entre les trois paragraphes, surtout entre le premier et le second paragraphe qui ne sont pas articulés par un connecteur logique. Légende : ~ les termes ou expressions soulignés = à définir ou expliquer ; ~ les astérisques ( * ) = termes ou expressions qui peuvent être compris par renvois les uns aux autres ; ~ les termes ou expressions apparaissant en couleur = termes qui se reprennent les uns les autres ; ~ les barres en diagonale = passage d’une étape à une autre (pour la double barre) ou d’une sousétape à une autre (par la barre simple) ; ~ en surbrillance : jaune = passages devant être mis en rapport avec la pensée de Descartes ; rouge = les connecteurs logiques ou termes qui permettent d’articuler les idées ;<...

« 2 évidentes (« choses du sexe », « autre moi », « une manière de donner dignité à son propre corps », « idolâtrie du corps », « abrégé du mécanisme », « grossit »…) ; ~ il s’agit de préciser les liens logiques entre les trois paragraphes, surtout entre le premier et le second paragraphe qui ne sont pas articulés par un connecteur logique. Légende : ~ les termes ou expressions soulignés = à définir ou expliquer ; ~ les astérisques ( * ) = termes ou expressions qui peuvent être compris par renvois les uns aux autres ; ~ les termes ou expressions apparaissant en couleur = termes qui se reprennent les uns les autres ; ~ les barres en diagonale = passage d’une étape à une autre (pour l a double barre) ou d’une sous - étape à une autre (par la barre simple) ; ~ en surbrillance : jaune = passages devant être mis en rapport avec la pensée de Descartes ; rouge = les connecteurs logiques ou termes qui permettent d’ articuler les idées ; ~ les accolades dans la marge : à gauche = les sous -étapes de la réflexion ; à droite = les étapes principales de la réflexion. Structure argumentative du texte : I] Présentation critique de la psychanalyse : 1) Définition critique de la doctrine freudienne : la psychanalyse, loin d’être une science de l’inconscient, est considérée comme un art d’inventer un animal redoutable en chaque homme. Chaque mot doit être ici commenté : « art » (notion du programme !) = ensemble de procédés par lesquels l’irréel pass e pour réel, ce qui n’existe pas passe pour existant, donc ici le terme est quasi équivalent à « artifice » (qui est l’origine latine d’ailleurs du mot « art »), manipulation... ; ce que renforce le terme « inventer » = faire croire en ce qui n’e st pas, donner vie à des idées abstraites (voire le cours sur l’inconscient), voire plus simplement « mentir » ; il s’agit enfin de faire croire en l’existence d’un « animal redoutable » en chacun = être autonome (il est un autre moi : cf. 2 e §), à la fois intelligent ( il a ses ruses, il me connaît, me conduit : cf. 2e §) et redoutable puisque l’inconscient renvoie aux pulsions sexuelles primaires de l’homme donc à la nature en l’homme. D’emblée cette définition jette le discrédit sur la psychanalyse. D’où vient cette invention ? Qu’est -ce qui la justifie ou la requiert ? Alain le dit par la suite (comme l’indique l’expression « d’après… ») : le fondement de cette invention (qui va être développé par la suite du premier paragraphe), ce sont tous les prétend us signes par lesquels se manifeste indirectement l’inconscient. Signes pris à tord pour des preuves (revoir la critique de Popper), qui effectivement pour Freud (revoir le chapitre de la Métapsychologie dans lequel il présente l’hypothèse de l’inconscient ) sont tous les actes normaux ou pathologiques quotidiens, qui sans l’hypothèse de l’inconscient n’auraient aucun sens. « Signes », cela signifie des faits qui renvoient à autre chose qu’eux -mêmes, en l’occurrence ici à une réalité absente (selon des princ ipes que Freud a d’ailleurs prétendu dégager) . Alain parlera de « symboles » ou « symbolisme » par la suite. C’est pourquoi il s requièren t d’être « interprétés », c’est -à-dire traduit s dans un langage clair, pour acquérir sens par association les uns aux autres et par renvoi à ce qu’ils dissimulent (à savoir les « choses du sexe » ou « instinct » comme les nomme Alain plus loin pour désigner les désirs ou pulsions sexuelles inconscientes dont en premier lieu les désirs liés au complexe d’Œdipe ). A noter enfin qu’A lain parle du « freudisme », ce qui ne signifie pas seulement la pensée de Freud mais aussi la manière dont elle a été reprise et réinterprétée par ses disciples au sein de la psychanalyse (qui d’ailleurs bien qu’issue de Freud n’est pas entièrement freudi enne) ainsi que la manière dont les hommes l’ont couramment interprétée (le « freudisme populaire » pourrait -on dire…). Remarque importante car nous verrons qu’elle permettra de discuter la critique qu’Alain adresse à la psychanalyse en montrant notamment comment elle manque peut -être la subtilité de la pensée de Freud même si elle touche à la conception courante que les hommes s’en font. 2) Exposition (sur un mode critique toujours) de la raison d’être de cette doctrine qui en souligne parallèlement l’aspect séducteur . En effet, la psychanalyse freudienne , qui s’emploie à saisir en tout homme des manifestations indirect es de l’inconscient (plus exactement de désirs sexuels refoulés), »

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