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Faut-il renoncer à toute passion pour être libre ?

Publié le 10/12/2009

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Si la passion semble être un obstacle à la liberté, elle n’en est pas moins pour autant un moyen essentiel pour arriver à la liberté. En effet, si on entend par liberté, développer sa raison pour aller vers la vérité, alors, on peut considérer que la passion est une condition nécessaire à la liberté si par passion on entend désir de connaître et de savoir. Socrate insiste sur le fait que le désir de savoir est la condition pour parvenir à la liberté.

En effet, le désir permet d’articuler les deux versants de la maïeutique, c'est-à-dire que c’est le désir de savoir qui permet de passer de « l’avortement des préjugés « à « l’accouchement du savoir «, c'est-à-dire le « chemin « vers la liberté en tant que nous sommes libérés de nos passions et désirs irréfléchis qui nous empêchaient de devenir réellement libre. Ainsi, sans la passion, sans le désir de connaître, l’interlocuteur entre dans un état d’aporie (a= privatif ; poros= passage). Il n’y a plus de passage pour la pensée. 

« si la croyance en un Dieu qui peut tout va à l'encontre de la science, il est quand même une preuve que l'hommedésire avancer dans ses connaissances.Par ailleurs, la passion peut devenir u moyen de libération dans le sens où elle libère des pulsions sous une autreforme qu'un désir irréfléchi.On peut citer Freud qui parle de se libérer de ses pulsions et désirs irréfléchis par le travail ou encore l'Art.

Ainsi, lapassion devient une condition à la liberté, un moyen par l'Art de se libérer de ses pulsions de manière« inoffensive », c'est-à-dire sans pour autant atteindre sa liberté individuelle puisqu'au contraire, on se libère ni laliberté politique.Il apparaît donc l'évidence que la passion est obligatoire et nécessaire pour atteindre la liberté mais elle estégalement une source d'aliénation au niveau individuel que politique.Devenir maître de nous même, ou encore, être autonome ne serait-elle pas une solution pour réconcilier la passionet la liberté ? La passion semble obligatoire pour atteindre la liberté dans le sens où l'entend Socrate, c'est-à-dire lapassion au sens du désir de savoir.

Cependant, la passion peut être également un désir irréfléchi suivit avec la« passivité de la raison » (Kant).

La solution ne serait-elle pas de pouvoir être capable de maîtriser ses passions quin'existent que par la raison passive ? La personne qui devient hétéronome, c'est-à-dire dépendante de ses passionsne pourrait-elle pas se fixer à elle-même ses propres règles (autonome) pour ainsi devenir libre tant au niveauindividuel dans le sens où elle n'est plus esclave de ses propres passons qu'au niveau politique où elle n'est alorsplus un obstacle à la liberté d'autrui ?La passion n'est plus un obstacle si l'on se fixe des obligations (règles que l'on doit suivre pour être libre et assurerégalement la liberté d'autrui).

Ainsi, l'autonomie développée chez Kant dans ses trois « Maximes » semble être unedes solution au problème.

En effet si chacun se fixe des règles à lui-même, c'est-à-dire si chacun était capable demaîtriser ses passions dans les limites fixer par la loi ou par lui-même, il y aurait alors réconciliation entre la passionet la liberté.Par ailleurs, on a remarqué que le développement de la raison tendait à mener vers la liberté (Spinoza et Descartes).A l'aide de ce point, Descartes va réconcilier la passion et la liberté par ce qu'il appelle la Générosité : « la passionde la liberté ».Il décrit la passion comme l'entendement, ce qui tend vers la connaissance et la liberté comme notre capacité depouvoir de choix.

Il réconcilie les deux dans le sens où il dit : nous servir de notre entendement pour connaître lebien et le mal et nous servir de notre pouvoir de choix en bien usant de notre entendement, c'est-à-dire être librepar rapport à ses passions et bien user de celles-ci.Ainsi, nous pouvons prendre l'ensemble des héros cornéliens qui se distinguent par leur générosité : c'est-à-direqu'ils connaissent l'étendue de leur pouvoir de choix mais décident en bien usant de leur entendement, c'est-à-direleur capacité de choisir le bien au lieu du mal.La passion peut être aliénante mais elle est cependant obligatoire à la liberté.

La passion en tant que désir irréfléchidoit être contrôlé.Ainsi, Platon distinguait trois parties de l'âme : le désir ( Epithumia ), le cœur ou l'ardeur ( Thumos) et la raison (Logismos ) et disait : « le désir doit être encadré par la raison via le cœur » pour pouvoir parvenir à la liberté. Il semblait par là réconcilier la passion et la liberté en insistant sur le contrôle de la passion.

Conclusion Renoncer à toute passion n'est sûrement pas la solution pour devenir libre, car certes, les passions sont unobstacle à la liberté mais elles sont en outre nécessaires pour y parvenir.

On peut également considérer que lespassions qui font obstacles à la liberté sont surmontables si on ne se laisse pas aller dans la « passivité de laraison » comme disait Kant.

Il faut pouvoir maîtriser ses passions en étant autonome par rapport à nous même, il nefaut pas devenir dépendant de nos passions : réussir à maîtriser ses passions dans les limites fixées par la loi ou parsoi-même (autonomie).. »

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