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« Il faut agir en homme de pensée et penser en homme d'action » Bergson ?

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bergson
1 Citation dont le présupposé à questionner et dont il s'agit d'évaluer les implications est le suivant : il n'y a pas, pour reprendre les termes de la distinction posée par Hannah Arendt, de distinction entre vie active et vie contemplative 2 L'enjeu : la responsabilité. Une action m'est imputable dès lors qu'elle a été effectuée consciemment, parce que je l'ai réfléchie. 3 Cependant, faut-il penser en homme d'action ? Cette question parce qu'il n'existerait alors aucune pensée désintéressée, sans enjeu pratique ; or la contemplation n'a pas pour fin l'agir, elle est une forme de pensée qui est à elle-même sa propre fin. 4 Le problème qui se pose est alors le suivant : toute pensée doit-elle être subordonnée à des fins pratiques ou bien peut-on, contrairement à ce que dit l'auteur, penser autrement qu'en homme d'action ?

« doit être soumise à l'action et se borner à cerner la réalité et non le devoir être (affaire de la morale qui, sur le plan de l'agir politique est hors sujet, sans pertinence). La pensée doit toute entière se consacrer à l'action, c'est-à-direà calculer les moyens qui permettront à l'acte d'être efficace peu importe sa moralité (conformité aux valeur morales bien et mal, juste et injuste).Or une telle subordination ne revient-elle pas à réduire la pensée à sa forme calculatrice ? N'y a-t-il pas une formede pensée qui n'aurait pas pour vocation la pratique ? d) la contemplation On peut penser autrement qu'en homme d'action ; cela n'est pas une nécessité. En effet, réduire la pensée à sesenjeux pratiques, à n'être que le fait d'une raison calculatrice, c'est faire peu de cas de la capacité qu'à l'homme dedésirer connaître pour le seul plaisir de connaître selon la fameuse formule inaugurant La Métaphysique d'Aristote. Savoir et apprendre sans pour cela en retirer des bénéfices, créer des œuvres d'art et aimer les contempler,semblent bien montrer qu'il est souhaitable de mobiliser la pensée vers d'autres exigences que celles de la pratique. Transition :Il n'est pas nécessaire de « penser en homme d'action » ; il y a (comme le montre l'esthétique) une dimension non utilitaire de la pensée . Pourtant, est-ce bien là le sens de la formule bergsonienne ? En effet, Bergson n'ignore pas que la pensée peutavoir une vocation autre que l'action efficace, c'est-à-dire une dimension purement spéculative. Dès lors, que faut-ilentendre par « penser en homme d'action » ? Cet énoncé faisant écho, de façon symétrique à « agir en homme depensée » ne revient-il pas finalement à inviter l'homme à faire un usage réfléchi de la pensée dans ses actes et de ses actes en tant qu'ils sont pensés, autrement dit, de se penser agissant d'après une certaine forme (intelligencepratique) de pensée ? 3 « PENSER EN HOMME D 'ACTION » = SE PENSER e) l'intelligence a certes une visée pratique … L'intelligence est le pendant de l'instinct : leur vocation est identique : il s'agit de s'adapter efficacement à sonmilieu et de faire usage du monde. Il s'agit de transformer et de manipuler la matière en vue de son intérêt.Toutefois, l'intelligence pour Bergson a ceci de particulier qu'elle est représentative, qu'elle n'opère pas directementsur la matière. Ainsi, il faut « agir en homme de pensée », d'abord parce que l'instinct nous fait défaut. f) … qui cependant, ne l'empêche pas de devenir spéculative en se dégageant de certaines habitudes de pensée Cependant, si l'intelligence spatialise, pense les choses non pas dans la continuité et les mobilité, mais en supposantpartout des états discontinus, il n'en reste pas moins, pour Bergson, qu'elle possède les moyens de se dépasser(« un être intelligent porte en lui les moyens de se dépasser », L'évolution créatrice , éd. PUF, p.152) En effet, « une intelligence qui réfléchit est une intelligence qui a en dehors de l'effort pratiquement utile, un surplusde force ». Ce surplus réside dans le langage : la pensée ne fait pas que de permettre la fabrication d'outils (agir en homme de pensée = agir en homo faber) mais use de signe étant dans une certaine coopération sociale ; l'usagedes mots, mobiles, a un effet de libération en ce qu'il permet à l'homme de mettre à distance ses actions pour les(re)penser. En effet, dans le langage, dit Bergson, l'intelligence applique les mots à ses propres opérations et ce faisant, se découvre elle-même . D'où la possibilité d'un usage purement théorique de la pensée : le langage permet à l'intelligence un travail désintéressé. Seulement, l'intelligence, remarque Bergson, reste facilement prisonnière de ses habitudes contractées dans lemaniement de la matière. C'est pourquoi « penser en homme d'action » ne signifie pas mobiliser l'intelligence à desfins pratiques, mais théoriser son propre mode de pensée, prendre pour objet sa propre tendance mécanistique, etdonc de se penser. Enjeu de cette réflexion tient sans doute au fait que la conscience est absente de toute action mécanique . C'est pourquoi il faut agir en homme de pensée et simultanément penser en homme d'action, c'est-à-dire penser ce que l'on fait en le faisant , au lieu d'agir en pensant simplement ce que l'on fait (intelligence pratique) sans en même temps savoir ce que l'on pense en le faisant (réflexion). il s'agit donc d'une invitation à la vigilance, devoir d'attention . On retrouve alors l'idée initiale d'une action responsable, d'une action accomplie délibérément car consciemment. »

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