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KANT: Le respect dû à la personne humaine.

Publié le 02/05/2005

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Le respect s'applique toujours uniquement aux personnes, jamais aux choses. Les choses peuvent exciter en nous de l'inclination et même de l'amour; si ce sont des animaux (par exemple des chevaux, des chiens, etc.), ou aussi de la crainte, comme la mer, un volcan, une bête féroce, mais jamais de respect. Une chose qui se rapproche beaucoup de ce sentiment., c'est l'admiration et l'admiration comme affection, c'est-à-dire l'étonnement, peut aussi s' appliquer aux choses, aux montagnes qui se perdent dans les nues, à la grandeur, à la multitude et à l'éloignement des corps célestes, à la force et à l'agilité de certains animaux, etc. Mais tout cela n'est point du respect. Un homme peut être aussi pour moi un objet d'amour, de crainte ou d'une admiration qui peut même aller jusqu'à l'étonnement et cependant n'être pas pour cela un objet de respect. Son humeur badine, son courage et sa force, la puissance qu'il a d'après son rang parmi ses semblables, peuvent m'inspirer des sentiments de ce genre, mais il manque toujours encore le respect intérieur à son égard. Fontenelle dit : "Devant un grand seigneur, je m'incline, mais mon esprit ne s'incline pas. "Je puis ajouter : devant un homme de condition inférieure, roturière et commune, en qui je perçois une droiture de caractère portée à un degré que je ne me reconnais pas à moi-même, mon esprit s'incline, que je le veuille ou non, et si haut que j'élève la tête pour ne pas lui laisser oublier ma supériorité. KANT

QUESTIONNEMENT INDICATIF • Kant dit-il que « le respect s'applique toujours aux personnes « ou «... toujours uniquement aux personnes «. • Que peuvent être les « choses « ? (voir le texte...) • Que signifie « affection « dans « l'admiration comme affection, c'est-à-dire l'étonnement « ? • Kant dit-il dans le texte que le respect est « un sentiment « ? Que signifie « sentiment « ici ? • « L'admiration « est-elle du « respect « ? • Est-ce que tout homme est « un objet de respect « (selon Kant) ? • A quelle condition une personne peut-elle être « objet de respect « (selon Kant) ? • Que signifie « droiture de caractère « ? • Sur quoi repose, selon Kant, le respect ? Est-ce que je « respecte «  selon mon « bon vouloir « ?

POUR DÉMARRER Un texte de Kant qui analyse le respect, le seul sentiment moral et rationnel, s'adressant à la personne et non point aux choses, la personne elle-même ex-primant cette loi morale universelle que nous respectons en elle. CONSEILS PRATIQUES Analysez bien les termes précis d'un texte fondateur de l'éthique universelle. Rappelez-vous que le respect est un sentiment capable de nous déterminer à agir sans être provoqué par des impressions sensibles. Montrez bien que le respect va au sujet moral lui-même. BIBLIOGRAPHIE KANT, Critique de la raison pratique, Ire partie, livre I, PUF. Fondements de la métaphysique des moeurs, Delagrave.

 

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« mêmes distingués, mais l'auteur ne retient que l'admiration comme "affection", or l'affection est encore une "passion"en ce sens que l'on est affecté par la rencontre d'un objet.

Cette affection est désignée par le mot "étonnement"signifiant le fait d'être fortement surpris et impressionné.

Qu'est-ce qui peut provoquer en nous l'étonnement ? Leschoses et les animaux lorsqu'ils présentent une qualité devant laquelle on se sent physiquement dépassé :l'immensité en grandeur ou en nombre, ou en éloignement des éléments naturels, ou une qualité qui dépasse nospropres capacités : le force ou l'agilité de certains animaux.

L'admiration est liée au dépassement ou à la supérioritérelativement à l'homme.

"Mais tout cela n'est point du respect."Dans une deuxième partie, Kant envisage les sentiments que l'on peut éprouver à l'égard des hommes.

Sa démarcheest donc progressive selon l'ordre classique : choses, animaux, hommes.

Mais sa progression est patiente car parmiles hommes il faut encore opérer des distinctions.

La première affirmation est que l'on peut éprouver devant unhomme les mêmes sentiments que ceux qui ont été jusqu'ici évoqués.

Ceci est illustré par des exemples de qualitésqu'un homme peut présenter et qui peuvent inspirer de tels sentiments : son humeur badine, ses qualités decourage et de force, enfin la puissance que lui confère sa place élevée dans la hiérarchie sociale.

Mais cessentiments sont présentés comme uniquement subjectifs, ils sont relatifs aux inclinations ou aux qualités de l'amant,du craintif ou de l'admirateur : "un homme peut être aussi pour moi.".

Nous n'avons pas encore atteint le respect. Enfin, la dernière partie du texte parvient au respect, grâce à une transition empruntée à Fontenelle : "Devant ungrand seigneur, je m'incline, mais mon esprit ne s'incline pas." Deux choses sont à retenir de cette citation : d'abordquant à l'objet, il s'agit d'un homme qui s'impose par la supériorité de sa fonction sociale ; ensuite, du point de vuedu sujet, la distinction entre la manifestation extérieure du corps et la disposition intérieure de l'esprit.

Prenantappui sur cet exemple, Kant présente les caractères du respect : c'est une attitude intérieure de l'esprit, et non unemanifestation du corps comme le sont par exemple les marques de politesse qu'impose la considération des qualitéssociales.

De plus, cette attitude de l'esprit s'impose au sujet, "que je le veuille ou non", elle est donc indépendantede toute réaction purement subjective contrairement à ce qu'il en était de l'admiration.

On pourrait dire que l'espritest "forcé" au respect, mais par quoi ? Par la "droiture de caractère" d'un homme qui, même s'il est d'origine socialeinférieure à la mienne, m'oblige à reconnaître sa supériorité.

La fin du texte est imagée : même si, pour des raisonsde convenance sociale, j'ai à manifester ma supériorité dans l'ordre de la hiérarchie, intérieurement mon esprits'incline devant la reconnaissance de la "droiture de caractère" d'un homme de condition modeste.

Bien que le textene prononce pas le mot, on comprend que ce sentiment qui oblige l'esprit est le respect.Poursuivre la réflexion pour dégager une définition.

Le mouvement du texte consiste à éliminer les caractères quin'appartiennent pas au respect et les qualités qui ne peuvent pas l'inspirer.

Sont ainsi éliminées les qualités quitouchent l'affectivité d'un sujet, puis les qualités d'ordre psychologique, intellectuel ou social de l'objet, l'hommedans ces derniers cas.

La question se pose donc de savoir quelle qualité restante impose le respect, qu'on le veuilleou non, c'est-à-dire au-delà des préférences ou valeurs subjectives.

Ce ne peut être qu'une qualité morale, ce quele texte exprime par le mot "droiture", le mot "caractère" n'ayant alors aucune signification psychologique.

Qu'est-cequi fait qu'une qualité morale oblige au respect ? Quel est ce principe, transcendant la volonté particulière du sujet,qui lui impose le respect ? Ce ne peut être qu'un principe de valeur universelle.Selon vos connaissances, chercher une réponse.

On peut évoquer l'Idée du Bien chez Platon, ou la Raisonlégislatrice de l'impératif moral de Kant, précisément.Lire : Kant, Fondements de la métaphysique des moeurs, deuxième section.Risquer une définition selon ses connaissances : le respect est le sentiment non affectif qu'éprouve l'esprit devantun homme qui suit droitement l'impératif d'une valeur morale universelle.

Pour Kant, cet impératif est l'exigenceabsolue de la Raison.Revenir à la thèse du texte : puisque le respect n'est dû qu'à la personne, qu'est-ce que la personne ? Le mot"personne" ne désigne pas n'importe quel individu considéré dans ses particularités, mais l'être de raison qui suit laloi du devoir.

Cette loi étant oeuvre de la raison, d'une part elle s'impose universellement, d'autre part la personneen est elle-même l'auteur.

La personne est autonome, et digne de respect.Tirer les conséquences : tandis que les choses ont un prix et sont moyens de nos besoins, il y a quelque chosed'inviolable dans la personne, elle est "fin en soi".

Comme il y a en tout homme cette capacité de devenir personne,les analyses de Kant constituent le fondement du devoir que l'on a à l'égard de tout homme. KANT (Emmanuel). Né et mort à Königsberg (1724-1804).

Fils d'un sellier d'origine écossaise, il fit ses études à. »

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