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La culture n'est-elle qu'une seconde nature ?

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culture
Dès leur mise au point (au néolithique supérieur), l'agriculture et l'élevage, que Lévi-Strauss considère comme les plus importantes révolutions qu'ait connues l'humanité dans son histoire, « obligent » la nature à se plier aux exigences des groupes humains. L'invention de la métallurgie ne se contente pas d'extraire les métaux du sol : elle les transforme, dans un comportement comme extrêmement « violent » par la mentalité « primitive ». Aussi ' a-t-il abondance de mythes, pour « justifier » de telles pratiques, dans la mesure où l'homme pressent que son comportement à l'égard de la nature st celui d'un prédateur (par la chasse), ou d'une grande brutalité, et qu'il pourrait en subir des conséquences négatives.On connaît, à long terme, le résultat de ce travail sur le milieu et sur ses matières premières : les surfaces authentiquement « naturelles » se font près à la surface de la terre, et les paysages dans lesquels nous évoluons résultent de transformations d'origine humaine.[C. Élaboration d'un monde humain]L'homme et le monde ainsi transformés accèdent à une dimension spécifiquement humaine ; en portant partout leurs interventions, les cultures humaines élaborent un univers modifié de fond en comble, qui est celui dont l'homme a besoin pour faire de l'espace dont il peut disposer son « chez soi ». Lorsque Hegel souligne que le travail constitue simultanément une objectivation du subjectif et une subjectivation de l'objectif, il confirme dans son vocabulaire l'acculturation générale de la nature, telle que se référer aujourd'hui à la nature relève d'une sorte d'illusion ou d'aveuglement.  Nature Culture ce qui est inné ce qui est acquis le corps l'esprit pouvoirs du corps tels que ceux que permettent les mains humaines le langage, la politesse, les moeurs, les traditions, les coutumes, les règles sociales etc. besoins fondamentaux : désirs à caractère sociaux : faim, soif, sommeil, sexualité ambition, reconnaissance, pouvoir etc. ce qui est lié à l'évolution biologique ce qui est lié à un héritage culturel Pour obtenir la suite et la fin de ce devoir un second et dernier code PassUp vous est demandé.

« [III. La fausse nature] [A. L'imprégnation par la culture] La culture fournit à chaque individu pratiquement tous les caractères qui le constituent et lui permettent de vivre.C'est pourquoi il ne la perçoit plus en tant que telle, dans son aspect négatif relativement au donné naturel, etadmet volontiers qu'elle est dotée de la même nécessité que le sont les lois de la nature elles-mêmes. Cetteimprégnation mène généralement à l'ethnocentrisme, qui survalorise la culture dont on fait partie en la considérantcomme la seule légitime et admissible : tout ce qui lui est étranger (dans les moeurs, la langue, le comportement)est alors objet de refus, parce que synonyme de « barbarie » (telle que la comprenaient les Grecs) ou de «sauvagerie » (dans un sens plus moderne). De la langue maternelle, qui paraît toujours plus « normale » que lesautres, aux habitudes vestimentaires ou à la nourriture, innombrables sont ainsi les phénomènes culturels quifinissent par sembler obligatoires, alors qu'ils dépendent en fait d'une histoire culturelle singulière. [B. Effets idéologiques] Lorsque Rousseau entreprend de montrer, dans son Second Discours, quel'humanité s'est transformée au cours de son histoire, c'est pour fairecomprendre à ses contemporains que ce qui leur semble « aller de soi » ou «être naturel » (les inégalités sociales, la forme du gouvernement, les valeursadmises) pourrait avoir une autre allure, si l'histoire s'était dérouléedifféremment (et notamment si l'homme s'était montré capable de corriger desinégalités initialement « naturelles », parce que physiques, en inégalités « deconvention »). L'allusion à la « nature » implique en effet que les choses nepourraient être autrement qu'elles sont, qu'elles dépendent d'une nécessitéabsolue et qu'elles ne sauraient être modifiées. Dans ses Mythologies, RolandBarthes fait dans cette optique de l'expression : « c'est naturel » le symptômed'une pensée bourgeoise ou conservatrice, hostile à tout changement. [C. Paradoxe de la culture comme « seconde nature »] C'est ainsi parce qu'une culture finit par imposer ses normes ou valeurs commeseules acceptables qu'elle devient, pour ses membres mêmes, synonyme d'unevéritable nature, et s'accompagne dès lors d'une nécessité qui peut paraîtreincontestable : ce qui, initialement, caractérise une version de l'humanité parmid'autres, se transforme en version unique et aboutit à des attitudes exclusiveset incapables de reconnaître des versions différentes. Aboutissement qui setraduit jusque dans l'usage irréfléchi de certains mots, dont la portée est trop souvent mal comprise : il en va ainsi lorsqu'on évoque l'existence d'un « instinct maternel » (alors que l'histoire de lamaternité montre que le comportement dit maternel n'a rien d'instinctif) ou celle de « dons » particuliers pour elle outelle activité (en général socialement valorisée et dont la source paraît d'autant plus énigmatique, alors que lesétudes menées en sociologie des familles montrent que le milieu familial peut être influent, même s'il n'a riend'automatique, lorsqu'il s'agit d'expliquer la récurrence des aptitudes). On développera cette idée avec Merleau- Ponty: «Tout est fabriqué et tout est naturel chez l'homme, comme on voudradire, en ce sens qu'il n'est pas un mot, pas une conduite, qui ne doive quelquechose à l'être simplement biologique.» Merleau-Ponty, Phénoménologie de laperception (1945). • L'idée d'une âme qui place l'homme à part de la nature a pour soubassementune conception religieuse de l'homme. Si l'on veut conserver l'idée que l'hommemalgré tout n'échappe pas à la nature, tout en conservant sa spécificitéabsolue, on peut dire avec Merleau-Ponty que, en l'homme, le naturel et leculturel se confondent: il n'y a aucun acte humain qui ne puisse être rapportéà du biologique. Mais, de l'autre côté, le sens de ces actes, même les plusprimitifs, est toujours culturel. Tout est naturel en l'homme, mais pour l'homme,tout est culturel. [Conclusion] Cependant, si la culture est d'abord négation de la nature, ne devrait-on pasadmettre qu'il lui appartient de refuser sa propre compréhension comme «seconde nature » ? Cela lui éviterait sans doute de se représenter comme «allant de soi », mais elle investit chaque homme à un point tel qu'il devient tropsouvent impossible de la mettre à distance, c'est-à-dire de s'en détacher, afinque se manifeste son caractère fondamentalement non naturel. »

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