Devoir de Philosophie

La métaphysique est-elle inutile ?

Publié le 23/02/2004

Extrait du document

  A.      Marx a dressé des critiques à l'encontre de la métaphysique dans la préface de la Contribution à la critique de l'économie politique en montrant justement qu'elle n'est ni désintéressée ni inutile. Il distingue une infrastructure, qui est première, et une superstructure, qui est seconde et découle de l'infrastructure. L'infrastructure, selon lui, ce sont les conditions matérielles d'existences, qui sont déterminées par les progrès techniques, qui influent directement sur la force de travail et la capacité de production d'une société. Par exemple, la découverte du métier à tisser mécanique modifie l'infrastructure, puisqu'il y  besoin de beaucoup moins de travail qu'auparavant pour fabriquer une toile. L'infrastructure détermine donc les rapports de production : c'est en fonction de ce que l'on est capable de produire que l'on peut organiser la société et les rapports de production (savoir qui possède quoi : dans le système féodal, seul les nobles ont des terres par exemple).   B.      Or, la superstructure n'est rien d'autre que toute l'idéologie qui vient justifier ces rapports de production : elle comprend tout d'abord les textes juridiques, puis le fonctionnement politique, les idées politique, mais de manière plus large, l'histoire, la littérature, l'art, la religion et la philosophie ne sont formées qu'après et selon l'infrastructure, de manière à justifier cette première.   C.      Marx reverse donc complètement l'ordre traditionnel de pensée: ce sont les conditions matérielles qui sont premières, et ce qui semble le plus abstrait, le plus désintéressé n'a d'autre fonction que renforcer ces conditions premières de vie, les consolider et les maintenir.

« A.

Marx a dressé des critiques à l'encontre de la métaphysique dans la préface de la Contribution à la critique de l'économie politique en montrant justement qu'elle n'est ni désintéressée ni inutile.

Il distingue uneinfrastructure, qui est première, et une superstructure, qui est seconde etdécoule de l'infrastructure.

L'infrastructure, selon lui, ce sont les conditionsmatérielles d'existences, qui sont déterminées par les progrès techniques, quiinfluent directement sur la force de travail et la capacité de production d'unesociété.

Par exemple, la découverte du métier à tisser mécanique modifiel'infrastructure, puisqu'il y besoin de beaucoup moins de travail qu'auparavantpour fabriquer une toile.

L'infrastructure détermine donc les rapports deproduction : c'est en fonction de ce que l'on est capable de produire que l'onpeut organiser la société et les rapports de production (savoir qui possèdequoi : dans le système féodal, seul les nobles ont des terres par exemple).

B.

Or, la superstructure n'est rien d'autre que toute l'idéologie qui vient justifier ces rapports de production : elle comprend tout d'abord les textesjuridiques, puis le fonctionnement politique, les idées politique, mais demanière plus large, l'histoire, la littérature, l'art, la religion et la philosophie nesont formées qu'après et selon l'infrastructure, de manière à justifier cettepremière.

C.

Marx reverse donc complètement l'ordre traditionnel de pensée: ce sont les conditions matérielles qui sont premières, et ce qui semble le plus abstrait, le plus désintéressé n'a d'autrefonction que renforcer ces conditions premières de vie, les consolider et les maintenir.

A cet égard, lamétaphysique est pour le moins utile, puisqu'elle fait partie de l'ensemble des éléments qui permettent à uneorganisation sociale de durer.

La métaphysique ne serait donc qu'une illusion, puisque non seulement elle estpétrie d'utilité, mais qu'en plus elle s'aveugle elle-même sur son utilité. Transition : le paradoxe auquel on aboutit, c'est que si la métaphysique est utile, suivant la définition la plus simple qui existe de l'utilité (ce qui ce vaut pas en soi, mais par rapport à autre chose, ce qui répond à un besoin) alors elledevient inutile, puisqu'une fois cette illusion mise à jour, on n'y trouve plus aucun sens. III. L'utilité de la métaphysique est une utilité à part A.

Pourtant, ce que l'analyse de Marx semble oublier, c'est que pour jouer ce rôle d'autojustification, encore faudrait-il que la métaphysique soit une discipline dogmatique, qui nous enseigne comment les choses sont etcomment elles devraient être, alors que la métaphysique est avant tout une interrogation perpétuelle, et quele consensus n'y règne pas, loin de là.

Kant la caractérise même par ce caractère qui lui est propre : le faitd'être un champ de bataille.

Dans la préface de la Critique de la raison pure , il montre que, contrairement aux sciences qui font continuellement des progrès et dont ces progrès remportent l'adhésion des savants(une découverte, une fois mise en théorie, n'est que rarement remise en cause, ou alors cette remise encause elle-même fait l'objet d'un consensus), la métaphysique est une discipline errante, où l'on a peud'acquis, et où les questions demeurent indécises.

B.

Par exemple, dans les antinomies, il montre que la question de savoir si Dieu existe ne fait toujours pas l'unanimité, et que l'on peut défendre une position autant que l'autre.

Pourquoi ? parce que la métaphysiquene porte que sur ce sur quoi on ne peut faire d'expérience, sur des choses qui ne sont pas sensibles (c'estmême là sa définition).

On ne peut expérimenter l'existence de Dieu, puisqu'il est par nature au-delà de touteperception, et il en va de même avec l'idée de l'âme.

C.

La réponse de Kant à ce problème (savoir pourquoi la métaphysique ne suit pas le même progrès linéaire et continu que les sciences) est donc que la métaphysique ne saurait être une science, puisqu'on ne peutfaire d'expériences sensibles sur ses objets.

Dans ce cas, faut-il en déduire que la métaphysique est inutile –au sens péjoratif cette fois où elle serait dénuée de tout intérêt ? non, car d'une part, cette recherche del'inconditionné et cette tendance à réfléchir sur ce qui ne fait pas l'objet d'expérience est une tendancenaturelle de l'esprit humain, qui ne pourra donc jamais s'arrêter au monde sensible (la métaphysique est doncutile en ce qu'elle répond à un besoin spirituel essentiel du sujet humain) et d'autre part parce que certainesquestions essentielles ne peuvent se passer de métaphysique : la recherche du bonheur, savoir ce qui estbien et ce qui est mal, ce que l'on peut espérer à condition d'avoir agit comme il faut, sont autant dequestion dont l'homme ne peut faire abstraction.

La métaphysique lui est donc tout à fait utile pour vivre,mais elle ne peut faire l'objet d'une science : « j'ai du supprimer le savoir pour lui substituer la croyance »écrit Kant. Conclusion On ne peut donc prétendre que la métaphysique est inutile dans la mesure où les questions qu'ellesoulève concernent notre vie dans ce qu'elle a de plus essentiel.

Beaucoup de question d'éthique peuventégalement être assimilées à des questions de métaphysique : à partir de quand un embryon peut-il être considérécomme une personne à qui on attribue des droits (ce qui suppose que l'on ne peut par exemple pas faired'expériences sur lui) ? Avons-nous des devoirs envers la nature ? Dieu peu-il faire l'objet d'une science, ou relève-. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles