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La mort n’est rien pour nous. Qu'en penser ?

Publié le 09/06/2013

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Montaigne reprend les arguments anciens, ceux des Épicuriens et 

des Stoïciens, de manière éclectique : il les mélange.

D'Épicure, il retient l'idée que la mort est invitation au bonheur; 

des Stoïciens, qu'il faut se résigner à mourir, la mort étant nécessaire. 

Comme eux, il met la vie humaine en perspective : au regard de l'éternité, 

ou du temps des étoiles, quelle différence cela fait-il de mourir à vingt 

ans ou à quatre-vingts? Et puis, ajoute Montaigne, la nature ne facilite-telle pas les choses, en rendant notre vieillesse pénible?

« se contente de «cueillir» les jours comme ils viennent.

Pour lui, la mort n'a rien d'effrayant. Dans un tout autre contexte, celui de l'athéisme contemporain, Camus reviendra sur l'idée que l'absence de perspectives après la mort augmente le prix de la vie ici -bas.

Dans L 'Étranger, il fait dire à son personnage principa l, Meursault, qu'aucune des certitudes dont venait de lui parler le prêtre ne valait un cheveu de femme. Mais c'est en un second sens qu'Épicure dit que la mort n'est rien pour nous.

Son argumentation consiste à définir la mort comme absence de sensation.

A ce titre, elle n'est rien pour nous objectivement ; en elle, toute sensation s'abolit.

Elle est un néant qui est incapable de nous toucher, de nous affecter. Pour nous, en effet, il n'y a aucun bien, aucun mal, ni aucun être hors de la sensation.

Sa réal ité nous est étrangère, et elle nous est de surcroît moralement indifférente : elle n'est ni bonne ni mauvaise.

La mort est radicalement extérieure à la sphère de l'existence.

La vie et la mort se livrent toutes deux une véritable partie de cache -cache : q uand la mort est là, nous n'y sommes plus. «...

(la mort) n'est rien pour nous puisque tant que nous existons la mort n'est pas, et que quand la mort est là nous ne sommes plus.

La mort n'a, par conséquent, aucun rapport ni avec les vivants ni avec les mor ts, étant donné qu'elle n'est rien pour les premiers et que les derniers ne sont plus.

» (Même texte). L'argumentation d'Épicure est construite comme une double négation de la mort.

D'abord, nous n'avons pas à la craindre, à lui donner la consistance de no tre peur.

Et surtout, pourquoi avoir peur puisque nous ne mourons pas ? Paradoxe de philosophe? Non, mais l'idée que la vie et la mort sont deux états qui n'ont rien à voir entre eux et s'excluent.

Nous sommes vivants jusqu'au bout de la vie, et « quand la mort est là, nous ne sommes plus ».

On est mort ou vivant, mais on ne meurt pas, « on ne passe pas ».

La mort ne vient pas ; elle est là, mais son néant n'est rien pour nous, ni morts ni vivants. Simple manière rhétorique de présenter les choses ? Cela va plus loin.

Épicure ne nie pas la réalité de la mort.

Mais le tour de force vient de ce qu'il la considère comme une négation, non pas comme une privation de la vie.

Or, il faut distinguer négation et privation.

Spinoza (1632 -1677) le fait ainsi : on peut dire de l'aveugle qu'il est privé de la vue, car voir appartient à la nature de l'être humain.

En revanche, on ne peut pas dire de la pierre qu'elle est privée de la vue, car la vue n'est pas une propriété de la pierre ; elle ne fait pas partie de son esse nce.

De même, pour Spinoza, le bébé n'est pas privé de la parole, bien qu'il ne parle pas : il entre dans la définition du bébé de ne pas parler.

La parole n'est donc pas pour lui comme une privation, mais comme une négation. C'est dans le même sens que no us pouvons dire que l'enfant ne parle pas, et que nous ne mourons pas.

Nous ne devons pas penser que le. »

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