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La raison doit-elle se soumettre à la religion ?

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religion
Seul le c?ur, ordre de la charité et de la religion peut rendre compte de cette nécessité et est apte à la faire. Je ne peux pas comprendre, rendre raison, de ce qui touche la religion : la religion est hors de portée de la raison et je dois m?abaisser, en tant qu?être rationnel, à consentir à cet incompréhensible. Mon intelligence, mue par les principes de a logique, ne peut s?appliquer à ce qui est au-dessus de moi et c?est pourquoi la raison est une défaillance face à la religion à la quelle elle doit se soumettre. Je suis démuni face à ce que la religion expose et qui est trop haut pour que la raison puisse s?y appliquer. La foi en tant que voie pour accéder à la religion permettrait alors une connaissance plus vaste que celle permise par la raison. Tout ce qui outrepasse le plan des phénomènes semble alors devoir ressortir au domaine de la foi et par là échapper au domaine de la raison qui doit s?y soumettre. Aussi Kant, dans l?introduction à la Critique de la raison pure, écrit-il eu égard à la liberté qui appartient au domaine « nouménal », c?est-à-dire au domaine qui outrepasse le plan phénoménal,  « Je devais donc abolir le savoir pour laisser place à la foi ». Cette phrase est alors l?aveu selon lequel la raison ne peut passer le plan des phénomènes au-delà duquel ses principes logiques sont impuissants à comprendre. Le domaine logique de la raison doit être remplacé par le domaine de la foi.   Cependant, soumettre la raison à la religion, n?est-ce pas laisser place à la superstition ou pire, au fanatisme ?

« et doit être conservée et reconnue pour ce qu'elle est, à savoir une instance critique et une faculté deconnaissance. Dès lors pour Locke, à chaque fois que l'on peut avoir une connaissance, c'est-à-dire à chaquefois que la raison est à l'œuvre, alors cette connaissance est seule juge et la foi ne peut jamais aller à sonencontre. Il y a donc bien un primat de la raison face à laquelle la foi ne peut rien. Toute connaissance de laraison prime sur la foi et la religion. De plus, Tout ce qui est au-dessus de la raison est bien affaire de foi maisil appartient à la raison d'évaluer s'il faut croire en ces choses. La raison intervient alors comme un tribunalvenant discriminer ce qu'il est bon de croire ou non en matière de religion. Dès lors, rien de ce qui est contraireà la raison ne pourra être objet de foi selon Locke. Ce contrôle de la religion par la raison permet alors d'évitertoute dérive fanatique de la part du croyant. La raison est donc la faculté éminente et vient à ce titresoumettre la religion à son contrôle.La raison vient alors circonscrire le domaine de la religion et cettedernière se voit donc appréhendée rationnellement. C'est toutel'entreprise de Kant dans La religion dans les limites de la simple raison . En effet, dans cet ouvrage, Kant pose l'édifice d'une théologierationnelle en émettant l'idée selon laquelle les vérités de foi ou véritésrévélées, s'accordent avec les vérités de la raison. Toute vérité révéléepeut ainsi être appréhendée par la raison et s'y réduit. La religion estdonc rationnelle et peut se dire selon les termes de la raison. Elle seréduit à la raison qui la soumet à son tribunal et ses limites. Cependant, soumettre totalement la religion à la raison, voire la réduire à laraison, n'est-ce pas mettre fin à toute religion révélée ? La pensée 173(édition Lafuma) de Pascal semble alors bien rendre compte de ceci : « Si onsoumet tout à la raison, notre religion n'aura rien de mystérieux et desurnaturel ; si on choque les principes de la raison, notre religion seraabsurde ». Ne peut-on pas dès lors trouver une conciliation entre raison etreligion ? III) La conciliation de la raison et de la religion : l'ouverture à une connaissance plus vaste. Dans ses Essais de théodicée , « Discours sur la conformité de la foi et de la raison », § 23, Leibniz exprime l'idée selon laquelle une vérité, même révélée, ne saurait être contraire à la raison. Les vérités révéléesoutrepassent la raison mais ne lui sont pas contraires. De plus, la raison pour Leibniz, est un don de Dieu, aumême titre que la foi, et dès lors opposer la foi et la raison serait comme opposer Dieu contre Dieu. Il n' y adonc pas d'irrationalité des vérités révélées en soi, mais uniquement pour nous et cela ne pose problème quepour l'homme qui se met en quête de la vérité absolue. Dans le paragraphe 60, Leibniz montre que « tous lesdogmes du Christianisme s'accordent avec la raison », c'est-à-dire non pas qu'on peut rendre raison desdogmes, mais qu'ils n'entrent pas en contradiction avec la raison. Il y a donc bien une conformité entre la foiet la raison, et celle-ci se caractérise par l'absence de contradiction entre les deux instances et non pas par lacompréhension absolue de la foi par la raison. Il est alors possible d'atteindre ce qui est au-dessus de nous parla raison, non pas en le pénétrant, mais en le soutenant, de la même manière qu'on atteint le ciel par la vue etnon en le touchant directement.Dès lors, la conformité entre la foi et la raison peut nous permettre d'accéder à une connaissance plus vasteque celle permise par la raison à elle seule. C'est ce que saint Augustin semble exprimer lorsqu'il utilisel'expression « credo ut intelligam », « je crois pour comprendre ». Pour saint Augustin, la foi précède la raison mais en tant que condition préalable à la compréhension intellectuelle dont elle a elle-même besoin pourcomprendre ce qu'elle croit. La foi précède donc la compréhension mais la recherche également. C'est pourquoisi elle précède la raison, la foi n'est néanmoins pas de nature à la ruiner. L'intelligence, unie à la foi, devra doncs'appliquer aux objets transcendants. Cette connaissance est une connaissance de la vie divine à laquelle saintAugustin donne le nom de sagesse. La raison est un prolongement de la foi et leur fusion, leur complémentaritéest nécessaire à la démarche connaissante de la recherche de la vérité. Raison et religion s'impliquent doncmutuellement dans un effort de connaissance et ne sont pas contradictoires, mais bien plutôtcomplémentaires. Raison et religion se rencontrent donc sur le terrain de la vérité et semblent de prime abord s'exclure mutuellement,la vérité étant nécessairement une. Cependant, la religion, bien que semblant permettre un accès à uneconnaissance supérieure, ne peut soumettre la raison, dans la mesure où ce serait laisser place aux dérivesfanatiques de cette dernière. A l'inverse, la tentative de rationalisation totale de la religion semble ruiner celle-ci etson caractère transcendant. Il apparaît alors qu'une conciliation est possible entre raison et religion, les vérités dela religion, au dessus de la raison, ne lui étant pas contradictoires. Raison et foi apparaissent alors comme deuxmoyens complémentaires pour accéder à la vérité. »

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