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La recherche du bonheur vous parait-elle constituer un fondement valable de la vie morale ?

Publié le 10/10/2005

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morale
Suite à cela, nous avons, dans une deuxième partie,  souligné les manquements de cette théorie et avons tenté de fonder la morale sur la dignité humaine. Enfin, ayant constaté les carences de cette dernière théorie, nous avons, dans une troisième partie, essayé de répondre au problème posé par le sujet en cherchant à fonder la morale sur la Volonté de puissance telle que la conçoit Nietzsche. SUPPLEMENT: Mobiliser des références: * Il sera bon de consulter les sagesses grecques, particulièrement le stoïcisme et l'épicurisme, mais aussi l'éthique d'Aristote: toutes placent le bonheur à l'horizon de la vie, en proposant des fils directeurs différents: la conformité à la nature et la liberté pour les stoïciens, le plaisir pour les épicuriens, l'harmonie politique pour Aristote. Tous construisent une dialectique plus ou moins naturelle entre la recherche d'un bonheur personnel et le développement de l'amitié. Le plaisir est notre bien principal et inné (Epicure). Une des constances de la philosophie d'Epicure est de vanter le plaisir. On retrouve la formule « Le plaisir est notre bien principal et inné » dans la « Lettre à  Ménécée ». Mais l'épicurisme ne correspond guère à l'image populaire que l'on en garde : celle du « bon vivant ». Dans cette lettre, on lit : « Tout plaisir est de par sa nature propre un bien, mais tout plaisir ne doit pas être recherché ». C'est à une compréhension véritable du plaisir, et à une gestion rationnelle des désirs que la philosophie d'Epicure nous invite, philosophie des « sombres temps », de l'époque troublée, violente, des successeurs d'Alexandre le Grand.

Analyse du sujet :

Bonheur : Il faut noter que le terme « bonheur « s’écrivait auparavant « bon heur « et qu’il dérive ainsi du latin augurium, qui signifie « augure «, ou encore « chance «. On a donc attaché au bonheur l’idée selon laquelle celui-ci dépendrait de la fortune et qu’il nous arriverait sans qu’on s’y attende. Dès lors, la question se pose de savoir comment on peut faire son bonheur si celui-ci ne dépend pas de nous ? Cela le rend aléatoire, ce qui entre en contradiction avec le fait qu’on estime généralement que le bonheur, contrairement à la joie ou le plaisir, est quelque chose de stable, quelque chose qui dure. En effet, un trait caractéristique du bonheur est le sentiment de satisfaction éprouvé à l'égard de sa vie entière, et l'espoir qu'elle se poursuive de la même façon. Par ailleurs, en imaginant que le bonheur puisse dépendre de nous, on se retrouve cependant confronté à toute une série d’autres questions : par quel moyen parvient-on au bonheur ? Existe-t-il un moyen objectif de parvenir au bonheur, un moyen qui soit le même pour tous les hommes, ou bien le moyen de parvenir au bonheur est-il différent pour chacun ? Enfin, s’il n’y avait pas de moyen universel de parvenir au bonheur, faudrait-il en conclure que le bonheur ne serait qu’une illusion après laquelle chacun courrait sans relâche ? On peut rappeler que la morale chrétienne ne fait d’ailleurs pas du bonheur le but de l’existence et qu’elle se détourne de celui-ci pour se réorienter vers la vertu, cette dernière constituant alors le but dernier de la vie humaine.

Morale : La morale a principalement pour objectif de répondre à la question : « comment dois-je me conduire ? « Elle est constituée de normes communes et intériorisées qui permettent de juger les actions. La morale que nous connaissons vient du monde antique, particulièrement du stoïcisme. Elle a ensuite été façonnée par le christianisme et elle connaît un nouveau visage comme morale impérative avec Kant, qui insiste sur l’importance des principes d’universalité et d’impartialité. Enfin, elle se continue sous l’influence de l’utilitarisme, d’où découle l’éthique de la responsabilité. Depuis Paul Ricœur, on distingue parfois la morale de l’éthique. La morale serait ainsi associée aux valeurs universelles héritées, alors que l’éthique serait plus à même de répondre aux problématiques individuelles. Suivant les différentes théories, la morale peut être guidée par le bien, le bonheur ou le devoir. Pour les doctrines qui placent le bien au-dessus de tout, ce dernier doit être recherché en tant que tel car il est la perfection, ce qui est bon en soi et pour soi. Le bien est alors souvent considéré comme un principe d’ordre. Pour les philosophies qui s’appuient sur le bonheur, seul ce dernier peut motiver nos actions et nos désirs, et il serait absurde de vouloir rompre avec cette recherche du bonheur qui constitue la tendance naturelle de l’homme. La morale est donc ce qui incarne le moyen le plus certain de parvenir au bonheur, et c’est pourquoi il faut y souscrire. Enfin, pour les morales du devoir, c’est le respect, principe fondamental, qui différencie l’homme des autres membres de la création qui motive l’être humain accompli. Ce respect est celui du devoir et c’est donc le devoir qui doit primer pour accorder l’homme avec sa nature profonde.

Problématisation :

On a généralement tendance à penser que la morale constitue la part austère de l’existence et dans l’inconscient collectif, il faut bien avouer que l’homme de vertu n’est pas un homme qui fait la fête. Il semblerait donc que la morale soit quelque chose de sérieux qui s’oppose au bonheur. Cependant, on est en droit de se demander pourquoi la morale existerait si celle-ci ne constituait pas un moyen supérieur de parvenir au bonheur ? Toute vie humaine n’est-elle pas motivée uniquement par la recherche du bonheur ? Se pourrait-il que quelque chose préoccupe plus l’être humain que son bonheur personnel ?

 

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« - Pour Aristote, la conduite vertueuse répondant parfaitement aux exigences de l'essence humaine, celle-ci est ainsi couronnée par le bonheur.

Lebonheur constituant une sorte de supplément gratuit à laconduite vertueuse, « comme la beauté pour ceux qui sontdans la fleur de la jeunesse » (Aristote , Ethique à Nicomaque , X, 1174b). - On pourrait donc penser que la recherche du bonheur constitue bien le fondement de la morale. Plutôt que la recherche du bonheur, la dignité humaine. 2. - Cependant, lier bonheur et morale élude certains problèmes, car si la recherche du bonheur fondait la morale,comment pourrait-on rendre compte du fait que certainespersonnes sacrifient leur bonheur au devoir moral ? - On en trouve déjà un exemple dans l'antiquité : Héraclès arrivé à la puberté, hésite entre le chemin de lavertu sans joie et celui du vice dans le bonheur.

Ces deuxchemins se présentent à lui sous les traits de deux femmes,l'une s'appelant Félicité et l'autre se nommant Vertu.

Il choisit finalement la vertu bien que cela s'oppose à son bonheur.

De cela, on ne peut rendrecompte en considérant que seul le bonheur fonde la morale. - Le fait que nous soyons libres nous montre ainsi que nous sommes sensibles à quelque chose de supérieur à notre intérêt, car considérer que l'homme est libre, c'est imaginer qu'il est capablede s'affranchir des déterminations sensibles, par exemple en renonçant à l'intérêt personnel et auplaisir immédiat. - Selon Kant, cette chose qui serait supérieure à l'intérêt et qui donnerait un sens à notre liberté, ce serait le sens du devoir qui nous enjoint à un respect inconditionnel envers la loi moraleet qui confère à l'homme sa dignité. - Kant rendra compte de cela en expliquant que ce n'est pas le bonheur mais le devoir qui donne le principe suprême de la moralité.

Dans les Fondements de la métaphysique des mœurs, première section, Kant écrit : « c'est la nécessité où je suis d'agir par pur respect pour la loi pratique qui constitue le devoir, le devoir auquel il faut que tout autre motif cède, car il est lacondition d'une volonté bonne en soi dont la valeur passe tout.

» - D'après Kant, la morale est une loi de la raison et non de l'intérêt, une loi qu'il appelle la loi morale.

Il écrit dans la Critique de la raison pratique que : « La loi morale est donnée comme un fait de la Raison dont nous sommes conscients a priori et qui est apodictiquement certain, en supposant même qu'on ne puisse alléguer dans l'expérience aucun exemple où elle ait étéexclusivement suivie.

» - Cela permet de rendre compte que la morale soit quelque chose d'universel, d'impartial et d'absolu, puisque la raison est ainsi faite. - On peut donc affirmer avec Kant que la morale trouve son fondement en deux points : la raison qui lui donne sa forme, et la liberté humaine qui nous donne la possibilité de la respecter. - Ces deux données peuvent être ramenées à une seule : ce que Kant appelle la dignité humaine. - Ainsi, on peut affirmer que c'est la dignité humaine qui fonde la morale. Plutôt que la dignité humaine, la Volonté de puissance. 3. - Toutefois, cette réponse est encore une fois parcellaire, car si la raison fondait vraiment la morale, on verrait mal comment un agent rationnel tel que l'homme pourrait agir moralement touten sachant que cela détruirait son bonheur. - Par ailleurs, il semble faux d'affirmer que la morale soit quelque chose d'universel.

Ainsi, si l'on peut considérer que quasiment tous les êtres humains sont habités d'une certaine consciencemorale, on constate que tous ne considèrent pas de la même façon ce qui est moral ou non.

Pourcertains, des rituels comme l'excision constituent un acte hautement moral, pour d'autres, il s'agitde la plus insigne barbarie. - On pourrait rendre compte de cela avec Nietzsche qui écrit dans la Volonté de puissance : « J'appelle « morale » un système de jugements de valeur qui est en relation avec les conditions. »

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