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Quelle place doit-on faire à la recherche du bonheur dans la vie morale ?

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morale
B. - Il va de soi, d'autre part, que, si le bonheur est conçu sous la forme de la béatitude, il s'identifie alors avec les fins morales elles-mêmes. Mais cette conception est elle-même fonction de toute une conception de la vie humaine et même de l'univers. La notion du bonheur se trouve ici valorisée au point de départ. C. - Même chez les philosophes empiristes, cette valorisation intervient tôt ou tard. On l'a remarqué avec raison (M. MARSAL, in Vocabulaire de Lalande, 7e éd., p. 116) : il s'agit beaucoup moins chez eux du « bonheur effectif, fait psychologique, souvent presque animal » que de « l'idée ou de l'idéal du bonheur, produit de l'imagination, condamné à demeurer inaccessible », et cet idéal est « aussi différent du bonheur qu'on peut goûter en réalité, que le cercle mathématique d'un rond tracé à main levée ».

« un être vivant, son bonheur est donc de vivre, et la vie est un mouvement, par conséquent un effort, unregret, une espérance et une crainte » (Un moraliste, p. 21), et Bersot, citant le mot de Pascal : « Nous necherchons jamais les choses, mais la recherche des choses », rappelle l'exemple de tous ces grands hommesqui veulent toujours aller « plus loin » et qui ne trouvent leur bonheur que dans l'action. II. Bonheur et moralité. Que penser maintenant du bonheur pris comme but de la vie ? Tout dépend évidemment de la conception quenous en faisons. A. — Reconnaissons toutefois que, de même que l'intérêt avec lequel on l'a d'ailleurs parfois confondu, lebonheur représente déjà un objectif supérieur au plaisir. Tous les philosophes eudémonistes l'ont reconnu :pour être heureux, il faut savoir renoncer à certains plaisirs ou tout au moins établir entre eux une hiérarchie.La notion du bonheur introduit ainsi une certaine unité dans la conduite, par opposition à l'impulsivité del'instinct qui ne recherche que le plaisir immédiat. B. — Il va de soi, d'autre part, que, si le bonheur est conçu sous la forme de la béatitude, il s'identifie alorsavec les fins morales elles-mêmes. Mais cette conception est elle-même fonction de toute une conception dela vie humaine et même de l'univers. La notion du bonheur se trouve ici valorisée au point de départ. C. — Même chez les philosophes empiristes, cette valorisation intervient tôt ou tard. On l'a remarqué avecraison (M. MARSAL, in Vocabulaire de Lalande, 7e éd., p. 116) : il s'agit beaucoup moins chez eux du « bonheureffectif, fait psychologique, souvent presque animal » que de « l'idée ou de l'idéal du bonheur, produit del'imagination, condamné à demeurer inaccessible », et cet idéal est « aussi différent du bonheur qu'on peutgoûter en réalité, que le cercle mathématique d'un rond tracé à main levée ». Épicure lui-même - BROCHARD(Ouv. cité, p. 298-299) l'avait déjà noté — admet un monde idéal qui n'est pas sans analogie avec le « mondeintelligible » des Idées de Platon : « Dans l'un et dans l'autre système, c'est en se réfugiant dans ce mondeidéal, soit qu'il existe de toute éternité [Platon], soit qu'il résulte de la fantaisie individuelle, que le sage peutéchapper aux souffrances du temps présent et chercher un refuge contre le mal. » STUART MILL, lui aussi,lorsqu'il distingue les plaisirs selon leur qualité et lorsqu'il place le bonheur général au-dessus du bonheurindividuel, idéalise le principe eudémoniste et y introduit des jugements de valeur qui n'y sont pas contenus. D. — Mais il y a lieu d'insister surtout sur la distinction que nous avons indiquée, entre le bonheur statique ounégatif et le bonheur dynamique, inséparable de l'action et de l'effort. Autant le premier risque d'aboutir à uneconception égoïste et limitative, mutilante de la vie, autant le second peut être conçu de façon noble etgénéreuse. Qu'est-ce en définitive que la joie de l'héroïsme et du sacrifice si ce n'est cette exaltation de l'âmequi s'est haussée à un plan supérieur ? Encore convient-il d'ajouter que l'héroïsme lui-même n'est authentiqueque s'il est un don de soi à certaines valeurs. Conclusion. Il appert de cette analyse que le bonheur ne peut devenir le but de notre vie qu'à condition qu'il sevalorise en s'identifiant avec la joie morale. Encore convient-il, comme J. S. Mill le remarqua un jour, de ne pasle rechercher pour lui-même : nous risquerions de le flanquer. Pensons plutôt qu'il nous sera donné « parsurcroît » si nous faisons le bien. « L'homme, dit BERSOT (Ouv. cité, p. 27), n'est pas né pour être heureux ; ilest né pour être un homme à ses risques et périls. " »

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