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La .science postule le déterminisme : la conscience semble exiger .1a liberté. Comment faut-il concilier le célèbre conflit ?

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conscience

A. Exposé. — Comment les savants ont-ils été amenés à formuler le postulat du déterminisme P POINCARÉ nous l'a dit en des pages célèbres :

 

C'est l'astronomie qui nous a appris qu'il y a des lois... C'est NEWTON qui a énoncé la plus ancienne, la plus précise, la plus simple, la plus générale de toutes les lois naturelles.

« LA LIBERTÉ 193 1935, l'· 151 et suiv., 319 et suiv. - Déterminisme et libre-arbitre. Entretiens présidés par F. GoNSETH, recueillis et rédigés par H.-S. GAGIŒBI:'i, p. 181-183. Editions du Griffon, Neuchâtel, 1944. - E. HUANT, Des fissures du déterminisme à l'émergence des finalités (Vigot, l94û). - Travaux du IX• Congrès international de Philosophie (Congrès Descartes, Paris, 1937), fasc. VII: Causalité et détermi­ nisme (Hermann, 193'i), p. 1-52. La première communication (L. DE BROGLIE) e;»t reproduite dans Continu et Discontinu, p. 59-66. -On trouvera d'autres réfé­ rences et cilatiorns dans le tome 1 d,e notre Traité de philosophie, 2e éd., p. 724-72~. hrnonucno:>. -" La science est déterministe n, a écrit PomcARÉ (1). « elle l'est a priori; elle postule le déterminisme parce que, sans lui, elle ne pourrait être "· " La science, dit-on plus brièvement, est déterministe ou elle n'est pas. ,, Mais, d'un autre côté, l'expérience de la vie intérieure nous donne l'irrésistible com·iction de pouvoir agir librement et la conscience morale semble postuler la liberté, car elle m'impose des devoirs, et « si je dois, je puis '" comme dit KANT. 11 ne semble donc pas y avoir de morale possi­ ble sans liberté, et prenant l'antithèse de l'affirmation de Po1:-1CARÉ on pour­ rait dire : " La morale est indéterministe ou elle n'est pas. " Ces deux affirmations sont-elles inconciliables et ne peut-on pas admet­ tre le déterminisme postulé par la science sans renoncer à la thèse du librc­ arbitre exigée par la morale i' Pour répondre à cette question, nous examinerons les diYers modes de conciliation qui ont été proposés. l. - LE DÉTER~IIX!S)IE N .EST PAS PARTOUT L .ESPRIT Y ÉCHAPPE. A. Exposé. -Comment les sarnnts ont-ils été amenés à formuler le postulat du déterminisme ? PO!'.'ICARÉ nous l'a dit en de~ pages célèbres : C'est l'astronomie qui nous a appris qu'il y a des lois ... C'est NEWTON qui a énoncé la plus ancienne, la plus précise, la plus simple, la plus générale de toutes les lois naturelles. Et alors, avertis par cet exemple, nous avons mieux regardé notre petit monde terrestre et, sous le désordre apparent, là aus;;i nous avons retrouvé l'harmo!llie que l'étude du ciel nous avait fait connaître. Lui aussi est régulier, lui aussi obéit à des lois immuables, mais elles sont plus compliquées, en conflit appa­ rent les unes avec h~s autres, et un œH qui n'aurait pas été accoutumé à d'autres spectacles n'y aurait vu que le chaos et le règne du h:umrd ou ùu caprice. IH. Pml'CARÉ, La valeur de fa science, p. Hi9.) Ainsi, le déter~inisme de la nature a été suggéré à l'homme par le com­ portement è.::: ces énormes masses de matière brute que sont les astres. Ensuite, il a été vérifié peu à peu dans les phénomènes de notre monde physique. Une vérification méthodique étant impossible chez les vivants, on s'est contenté de l'admettre comme postulat, et Claude BERNARD a dû batailler pour le faire recevoir, car il semblait impliquer la négation du principe vital. Mais la difficulté augmente encore quand on prétend l 'appli­ quer à l'homme, car on se heurte à la conscience d'être libre. Cette genèse de la notion de déterminisme et son évolution nous suggère une hypothèse qui concilie les exigences de la science et celles de la {!) Dernières pensées, p. 244, Flammaricm, 1913. »

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