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L'anarchisme mène t-il ai chaos social ?

Publié le 15/02/2015

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L’anarchisme, terme d’origine grecque ancienne, désigne une société sans gouvernement, c’est à dire, dans l’imaginaire grec antique, une société sans état. S ‘éloignant de son origine antique, ce terme devient une doctrine politique qui érige en principe de gouvernement l’absence d’autorité. Le chaos, d’origine latine, implique le désordre, le chaos social deviendrait donc une situation de confusion dans les rapports sociaux. Par conséquent, l’anarchie est souvent considérée comme une doctrine prônant le désordre et le chaos, dans laquelle toute vie politique serait impossible. Cependant cet vision, même si très présente, encore aujourd’hui, dans l’imaginaire collectif, fut réfutée dès 1840 par J. Proudhon : « la société cherche l’ordre dans l’anarchie ». De ce point de vue, l’anarchie est souvent considérée comme une utopie dans le sens péjoratif du terme, c’est à dire comme un idéal ne pouvant trouver de réalisation. Cette conception fut elle aussi réfutée par Reclus en 1896 : « pour que l’anarchie triomphe, il faut qu’elle soit déjà une réalité concrête avant les grands jours qui viendront ». Ainsi selon Daniel Guérin : « l’anarchisme recourt à la méthode historique pour tenter de prouver que la société future n’est pas dans son invention mais le produit même d’un travail souterrain du passé ». Néanmoins force et de constater que l’anarchisme ne fut jamais mis en place à grande échelle. Cela résulte t-il d’une méfiance envers le résultat qu’une telle doctrine produirait en terme de société ? En d’autres termes, l’anarchie mène t-elle directement au chaos social ? Pour répondre à cette question, nous partirons d’une intuition selon laquelle une société sans pouvoir coercitif se rapprocherait d’un « état de nature » qui, dans certain cas, se résume effectivement au chaos social. Puis nous envisagerons les réponses des théoriciens de l’anarchisme à ces visions de sociétés pré-étatiques pour voir que la façon dont ils imaginent une société anarchique est, malgré de nombreux points communs, fondamentalement différente de ces conceptions présociales. Enfin, nous tenterons, par l’examen des critiques de l’anarchisme, de savoir si le modèle anarchique tel que l’ont pensé ses théoriciens est applicable et, si tel est le cas, ce que sont les conséquences sur l’ordre de la société qui en résulte.   Si certaines conceptions que l’on pourrait anachroniquement qualifier d’anarchisme se retrouvaient déjà chez les Grecs anciens (cf Antisthène qui s’opposait à toute forme de gouvernement et d’appartenance communautaire, se disant « citoyen du monde »), c’est véritablement avec Hobbes que l’on observe la première théorisation d’une « société » sans État. Dans sa théorie du contrat social, il propose une vision de l’état de nature, soit la forme la plus primitive de société humaine. Il décrit cet état de nature comme un état violent « de guerre de tous contre chacun » dans lequel « l’homme est un loup pour l’homme ». Un tel état n’est bien sur pas enviable, puisque l’homme ne peut pas assurer lui-même la protection de son bien le plus précieux : sa vie. Pour Hobbes, cet état violent contraint l’homme à mettre en place l’État, qui prend la forme du Léviathan : une entité toute-puissante et tutélaire chargée de la protection de ses citoyens, au prix de l’abandon d’une part de leur liberté (plus précisément l’abandon du droit qu’ils possèdent sur tout, y compris sur ses semblables). L’état de nature d’Hobbes, qui appelle intrinsèquement à la mise en place de l’État, est un état de chaos social. Le premier exemple théorique d’une société sans état est donc l’incarnation du chaos social. Cependant, la démarche Hobbessienne est essentiellement de justifier la présence d’un état qui s’impose historiquement. L’état de nature au contraire n’a pas d’existence historique et n’est qu’une conception heuristique visant à la justification de la présence d’états forts en Europe au 17e siècle. Premier véritable penseur de l’anarchisme, Godwin développe un raisonnement très proche de celui de Hobbes quant à l’apparition de l’État. En effet ce dernier ne peut que constater l’existence de l’État. Or pour lui, par nature, tous les hommes sont égaux (au contraire de Hobbes qui pense que par nature les hommes sont inégaux, et que c’est la loi du plus fort qui prévaut). Pour Godwin, aux prémices de la société, les hommes s’associaient pour s’aider mutuellement, tout en respectant « la véritable norme de la conduite d’un homme par rapport à un autre homme [qui] est la justice ». Ce sont néanmoins « les erreurs et la perversité de quelques-uns » qui ont créé une situation d’injustice, et qui ont appelé à la création d’un « gouvernement » dont le seul but était d’assurer la justice (une première différence apparaît avec Hobbes, puisque chez ce dernier le rôle de l’État est essentiellement d’assurer la sécurité, plus que la justice). Cependant, quand on examine la forme qu’il prend dans les États modernes, il est cl...

«   Si certaines conceptions que l'on pourrait anachroniquement qualifier d'anarchisme se retrouvaient déjà chez les Grecs anciens (cf Antisthène qui s'opposait à toute forme de gouvernement et d'appartenance communautaire, se disant « citoyen du monde »), c'est véritablement avec Hobbes que l'on observe la première théorisation d'une « société » sans État.

Dans sa théorie du contrat social, il propose une vision de l'état de nature, soit la forme la plus primitive de société humaine.

Il décrit cet état de nature comme un état violent « de guerre de tous contre chacun » dans lequel « l'homme est un loup pour l'homme ».

Un tel état n'est bien sur pas enviable, puisque l'homme ne peut pas assurer lui-même la protection de son bien le plus précieux : sa vie. Pour Hobbes, cet état violent contraint l'homme à mettre en place l'État, qui prend la forme du Léviathan : une entité toute-puissante et tutélaire chargée de la protection de ses citoyens, au prix de l'abandon d'une part de leur liberté (plus précisément l'abandon du droit qu'ils possèdent sur tout, y compris sur ses semblables). L'état de nature d'Hobbes, qui appelle intrinsèquement à la mise en place de l'État, est un état de chaos social. Le premier exemple théorique d'une société sans état est donc l'incarnation du chaos social.

Cependant, la démarche Hobbessienne est essentiellement de justifier la présence d'un état qui s'impose historiquement. L'état de nature au contraire n'a pas d'existence historique et n'est qu'une conception heuristique visant à la justification de la présence d'états forts en Europe au 17e siècle. Premier véritable penseur de l'anarchisme, Godwin développe un raisonnement très proche de celui de Hobbes quant à l'apparition de l'État.

En effet ce dernier ne peut que constater l'existence de l'État.

Or pour lui, par nature, tous les hommes sont égaux (au contraire de Hobbes qui pense que par nature les hommes sont inégaux, et que c'est la loi du plus fort qui prévaut).

Pour Godwin, aux prémices de la société, les hommes s'associaient pour s'aider mutuellement, tout en respectant « la véritable norme de la conduite d'un homme par rapport à un autre homme [qui] est la justice ».

Ce sont néanmoins « les erreurs et la perversité de quelques-uns » qui ont créé une situation d'injustice, et qui ont appelé à la création d'un « gouvernement » dont le seul but était d'assurer la justice (une première différence apparaît avec Hobbes, puisque chez ce dernier le rôle de l'État est essentiellement d'assurer la sécurité, plus que la justice).

Cependant, quand on examine la forme qu'il prend dans les États modernes, il est clair selon Godwin qu'il ne fait qu'entretenir l'injustice et qu'il. »

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